Dimanche 20 octobre 2019 | Dernière mise à jour 12:44

Football Panique au FC Wil: les Turcs ont disparu!

Les propriétaires turcs sont inatteignables. Les joueurs sont actuellement convoqués par le directoire restant afin d'accepter une baisse substantielle de leurs émoluments. L'ambiance sur place est à la désolation.

Les joueurs ont été convoqués les uns après les autres dans un bureau de l'IGP-Arena.

Les joueurs ont été convoqués les uns après les autres dans un bureau de l'IGP-Arena. Image: DR

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Cela a commencé par le non-versement des salaires de janvier. Alors que les joueurs du FC Wil recevaient jusqu'alors leur dû en temps et en heure, c'est-à-dire à chaque fois autour du 25 du mois, ils ont eu la désagréable surprise de ne rien voir arriver sur leur compte ces derniers jours. Ce mercredi, le 8 février, toujours rien.

Et vu que les joueurs du club saint-gallois sont parmi les mieux payés du pays (jusqu'à 40'000 francs mensuels pour les plus gros salaires), la somme globale est conséquente. Mais jusqu'ici, les richissimes propriétaires turcs avaient toujours assumé leur dû en temps et en heure.

«Ce qu'ils vont me dire? Je n'en sais rien...»

Et puis, ce mercredi, au lieu de recevoir leur salaire, les joueurs ont reçu un message sur leur téléphone, leur demandant de venir au stade, chacun à une heure différente. «Moi, je vais passer à 15h», explique Igor Nganga, croisé sur le parking du stade vers midi alors qu'il devait aller chercher ses enfants à l'école.

«Ce qu'ils vont me dire? Je n'en sais rien. J'essaie d'appeler des autres joueurs, mais je n'ai pas encore de réponse. Je sais qu'Arnaud Bühler est passé ce matin, mais il est déjà parti, je ne l'ai pas croisé», explique le défenseur congolais du FC Wil.

Johan Vonlanthen, l'un des plus gros salaires du club, est lui sorti du bureau à 12h30, la tête en bas, sans une parole avant de monter dans sa berline allemande. Au cœur de l'IGP-Arena, l'ancien international a rencontré le vice-président Roger Bigger, lequel se trouve dans une position inconfortable, contraint de sauver les meubles. Ou ce qu'il en reste.

Car une chose est désormais claire: les Turcs sont partis. «Ils sont inatteignables», glisse une employée du club, très inquiète de la situation. En clair, les propriétaires ont laissé le FC Wil en plan, lassés d'investir pour rien. Les échecs sportifs sont une chose, mais surtout, ils n'ont pas du tout apprécié que les autorités saint-galloises refusent de les suivre dans leur projet d'amélioration des infrastructures existantes.

Mehmet Nazif Günal et son groupe (MNG) voulaient en effet investir massivement dans le stade et ses facilités, ce qui leur a été refusé sans explications. Se sentant (à tort ou à raison) indésirables, ils ont claqué la porte. Sans préavis. Selon certaines rumeurs, ils auraient cédé le club à des investisseurs français, mais il était impossible d'en savoir plus ce mercredi aux alentours de midi.

Des salaires baissés par quatre ou six

Roger Bigger, en fidèle soldat, a donc convoqué les joueurs ce mercredi pour trouver une solution. En clair? Baisser drastiquement leurs salaires, car le vice-président et le directoire restant ne veulent pas laisser le club mourir. Mais des salaires de 20'000 ou de 40'000 francs, ils ne pourront pas les payer. Alors, chaque joueur doit accepter de voir ses émoluments être divisés par quatre ou six. Chacun d'entre eux est d'ailleurs sorti du bureau avec un papier dans la main.

Accepteront-ils? Peut-être pas tous, mais ils ont de la chance dans leur malheur: le marché des transferts n'est pas encore tout à fait terminé et ils peuvent retrouver un employeur en Suisse jusqu'au 28 février. On imagine mal Johan Vonlanthen, Marvin Spielmann ou Steven Deana, pour ne citer qu'eux, se retrouver sans emploi. Ces trois-là, et d'autres, auront des propositions ces prochains jours.

Mais pour les autres, les moins cotés? Vont-ils être d'accord de rester dans le monde professionnel pour moins cher, plutôt que de pointer au chômage? A voir... Une chose est sûre: le temps des gros salaires est révolu et les joueurs ne toucheront plus rien de la part des propriétaires turcs. Les contrats sont encore valables, évidemment. Mais sans argent pour les payer...

Roger Bigger a confirmé en début de soirée la démission des dirigeants turcs, qui ont mis un terme à leur prêt. Il va maintenant s'atteler à trouver une solution par le biais d'une task forc,e afin de garantir la présence du club en Challenge League. «Nous mettrons tout en œuvre pour sauver le club», a appuyé le vice-président.

Les raisons du retrait des investisseurs ne sont pas connues. «Je n'en sais rien», a conclu Roger Bigger. L'homme d'affaires et milliardaire turc Mehmet Nazif Günal pourrait avoir été excédé par l'échec de son projet de stade devisé à 45 millions de francs.

Créé: 08.02.2017, 15h09

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