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Football Zidane, touche-à-tout génial et destinée royale

La légende du football a clos le premier chapitre de sa «deuxième carrière» au sommet de son art.

Zinédine Zidane porté en triomphe par ses joueurs.

Zinédine Zidane porté en triomphe par ses joueurs. Image: AFP

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Dans les prochaines décennies, que retiendra-t-on: ses exploits de joueur, à l'image de son doublé historique en finale du Mondial 1998, son triplé en Ligue des champions sur le banc du Real Madrid, ou son départ surprise cinq jours plus tard? Zinédine Zidane a écrit jeudi une nouvelle page de son incroyable carrière.

Douze ans après avoir raté la fin de sa carrière de joueur, sur un coup de tête fatal en finale du Mondial 2006, «ZZ» a clos le premier chapitre de sa «deuxième carrière» au sommet de son art: l'annonce de son départ du banc du Real Madrid, après avoir remporté tous les titres possibles à l'exception la modeste Coupe du Roi, a surpris tout le monde et laisse le club au bord du vide... alors que son arrivée sur le banc en janvier 2016 avait suscité interrogations et sarcasmes.

Qui aurait cru à un tel retournement de situation? Moins de trois ans après le début de sa première expérience comme entraîneur principal, Zidane, 45 ans, a convaincu toute la planète foot de sa capacité à sublimer le talent d'une équipe entière, en détrônant les plus grands entraîneurs de l'histoire au palmarès de la prestigieuse Ligue des champions.

Trente ans après le mythique AC Milan d'Arrigo Sacchi, vainqueur en 1989 et 1990, et moins d'une décennie après le FC Barcelone de Pep Guardiola (2009 et 2011), c'est au tour du «Real de Zidane» (2016, 2017, 2018) de marquer définitivement son époque. Comme le «Midas» du football, l'homme qui transforme en or tout ce qu'il touche...

Coups de tête

Qui aurait pu prédire un tel destin en voyant le jeune «Yazid», comme l'appellent ses proches, pousser ses premiers ballons au pied des immeubles de la Castellane, cité de Marseille occupée à l'origine par des dockers et rapatriés d'Algérie arrivés dans les années 1960?

Pour l'entraîneur de Liverpool Jürgen Klopp, qui restera comme son dernier adversaire, une partie de la réponse se trouve justement là: «Quand vous grandissez à Marseille, dans le quartier où il a grandi, vous devez être un battant. Ce n'est qu'au moment où vous le voyez jouer que vous pensez qu'il n'a pas besoin de l'être, parce qu'il était tellement meilleur que tout le reste», avait expliqué l'entraîneur de Liverpool, la veille de la finale perdue par les «Reds» (3-1).

La vie du garçon réservé, issu d'une famille de cinq enfants aux parents originaires de Kabylie, a basculé le soir du 12 juillet 1998, quand deux buts de la tête ont porté l'équipe de France sur le toit du monde (3-0 face au Brésil). A 26 ans, «Zizou» devient l'idole d'une foule en liesse sur les Champs-Elysées. Le porte-drapeau de la triomphante génération «black-blanc-beur».

Mais alors qu'il rêve de finir sa remarquable carrière de joueur sur un énième chef d'oeuvre après avoir hissé les Bleus en finale de Coupe de monde 2006, il connaît la plus grande déception de sa vie de champion au plus mauvais moment: en quelques minutes, il manque un doublé et assène un coup de boule à Marco Materazzi... Carton rouge et fin de carrière par une défaite de la France aux tirs au but contre l'Italie.

Reconversion réussie

Après une «coupure» de quelques années avec le milieu du foot pour digérer ce triste épisode, Zidane a décidé de revenir dans le milieu en juillet 2011 dans un nouveau rôle: directeur sportif du Real Madrid. Pour endosser au mieux son nouveau costume, «ZZ» se lance dans une formation de cinq ans, d'abord de «manager», puis... d'entraîneur à la surprise générale.

«J'ai arrêté l'école très tôt, je me devais de me préparer. J'ai bien fait de prendre le temps avant de me lancer là-dedans parce qu'aujourd'hui, je vois la complexité que c'est pour être performant», observait «ZZ» en mars, lors de son retour au Centre de droit et d'économie du sport de Limoges (CDES).

Cet apprentissage patient s'accompagne d'un vrai potentiel de meneur d'hommes et d'une aura sans comparaison. Quand pendant sa formation, il avait par exemple pris en main une équipe de jeunes du FC Bruges, «chaque joueur avait alors augmenté sa fréquence cardiaque de 15 pulsations» en le voyant arriver, racontait Guy Lacombe, l'un de ses formateurs. Ce qui lui servira quand Florentino Perez le propulsera, contre toute attente, à la tête du Real en 2016 pour remplacer Rafael Benitez en cours de saison. La suite? Une métamorphose en entraîneur à succès, voire imbattable en coupe d'Europe avec trois C1, donc, mais aussi une Liga en 2017!

Taiseux devant les micros à son époque de joueur, il devient un as de la communication, à coup de sourires mystérieux et phrases toutes faites. Plus connu pour sa virtuosité balle au pied que pour ses théories tactiques, il impressionne même les observateurs par ses «coaching gagnants» et ses innovations dans le jeu. Mais son art du contre-pied est resté intact.

(afp/nxp)

Créé: 31.05.2018, 15h45

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