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Hockey sur glace Pittis: «Je suis victime du lock-out»

L’arrivée en Suisse des joueurs de NHL en déshérence empêche le Canadien Domenico Pittis d’exercer son travail. Il en parle.

Domenico Pittis est au chômage. La faute au lock-out.

Domenico Pittis est au chômage. La faute au lock-out. Image: Keystone

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Domenico Pittis était tout proche de trouver une entente avec les Langnau Tigers. «On m’a même demandé quand je pouvais prendre l’avion pour rejoindre l’équipe. Je leur ai répondu: «Tout de suite si vous le souhaitez», raconte l’attaquant Canadien, joint hier à Calgary, où il ronge son frein en attendant que sa situation se débloque.

Sa situation? C’est celle d’une victime collatérale du lock-out. La grève qui paralyse la NHL envoie en Europe une grande quantité de stars privées de travail. Huit ont d’ores et déjà posé leurs bagages en Suisse, dont deux dans l’Emmental. Prétendre que Tyler Ennis et Jared Spurgeon ont bouché les perspectives helvétiques du double champion de Suisse (2008 et 2012 avec les Zurich Lions) n’est pas trop fort.

Il voyait son avenir en Suisse

«Ces derniers mois, nous avions beaucoup parlé avec les dirigeants de Langnau, reprend Domenico Pittis. Ils m’avaient parlé de la situation financière difficile du club, ils m’avaient expliqué leur volonté de commencer le championnat avec trois importés. Tout en n’écartant pas l’augure de m’engager rapidement.» Et puis Thomas Bäumle s’est blessé. «Ils ont donc pris un gardien étranger (ndlr: le Tchèque Jaroslav Hübl), ce que je comprends. On m’a toutefois assuré que, dès le retour au jeu de Bäumle, ma chance de rejoindre Langnau serait intacte.»

C’était compter sans la récente mise sous contrat du défenseur de Minnesota et de l’attaquant de Buffalo. «J’attends désormais la résolution du conflit en NHL pour voir ma situation en Suisse se décanter. Je n’ai pas le choix. J’ai toujours privilégié mon avenir dans ce championnat, car j’y ai passé huit belles saisons. Quitte à repousser une offre sérieuse de Finlande, reçue cet été.»

«J’aurais fait pareil»

Il peut le regretter. Il évoque à présent des contacts en Allemagne. Se sent-il dans la peau d’une victime du lock-out? «Oui, c’est ça! Qu’on me comprenne bien: je ne suis pas fâché contre les joueurs de NHL. Ils saisissent l’opportunité de rejoindre l’Europe pour jouer et pour garder le rythme. A leur place, j’aurais fait pareil.» Celui qui s’entraîne actuellement avec plusieurs joueurs des Calgary Flames – il cite Jarome Iginla et Alex Tanguay – n’est pas non plus amer envers des dirigeants lui ayant fait miroiter un contrat. «Pour des raisons marketing, pour essayer de faire venir la foule en tribunes, engager des joueurs de ce calibre est compréhensible.»

Il ne sera pas le nouveau Hirsch

Il se dit toutefois frustré. «Je pensais qu’en donnant mon maximum pour gagner ce titre avec Zurich (ndlr: 62 matches, 41 points), ça me ferait de la publicité. Même si j’ai 38 ans et que je ne suis pas le plus jeune, j’imaginais qu’en disputant de bons play-off, je n’aurais pas de problèmes pour trouver un employeur.» Faux.

Même s’il déplore une situation qui le dépasse, Domenico Pittis ne se transformera pas en Corey Hirsch du précédent lock-out. Engagé à l’époque par les Langnau Tigers, ce gardien canadien avait été barré par le retour au bercail de Martin Gerber. Il n’avait disputé aucun match en LNA et avait fini par rejoindre la DEL. En pleine Coupe Spengler, il avait dit tout le mal qu’il pensait de ces stars de NHL arrivées par dizaines en Suisse, où le nombre de licences accordées aux étrangers n’était pas limité à huit. Cela avait poussé à l’inactivité d’autres mercenaires, habitués du circuit du Vieux-Continent. «Comment accepter que des stars qui touchent entre 4 et 8 millions de dollars annuels, avec des contrats de trois à quatre ans, se défoulent en Suisse, s’interrogeait-il. Dès que le lock-out sera terminé, ils reprendront leur quotidien en Amérique du Nord, sans demander leur reste. Mais le mal sera fait.»

Huit ans plus tard, l’histoire se répète. (Le Matin)

Créé: 28.09.2012, 15h01

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