Dimanche 24 mars 2019 | Dernière mise à jour 11:52

Hockey sur glace L’avantage de la glace en est-il vraiment un?

Depuis le début de quarts de finale des play-off de National League, six des huit matches ont été remportés par les équipes visiteuses. Est-ce à dire que le classement de la saison régulière n’a plus aucune valeur en séries? On en débat.

Image: Keystone

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A quoi bon se casser les pieds durant six mois de saison régulière si c’est pour perdre l’avantage de la glace après une soirée de play-off ? C’est probablement la question que Lausannois et Bernois se sont posés samedi soir après s’être inclinés respectivement contre Langnau et GE Servette dans leur patinoire. Le fameux «avantage de jouer à domicile» n’en est pas franchement un depuis le début des ces play-off. Alors, est-ce que cela vaut la peine de s’écharper durant toute le championnat pour cet éventuel match de plus devant ses partisans?


Emmanuel Favre, journaliste

«Non, le lieu du match n’a aucune importance»

Il fut un temps, pas si lointain d’ailleurs, où on se gaussait du discours aseptisé des coaches et des joueurs qui affirmaient que tout devenait possible une fois que le sésame “play-off” était composté. Aujourd’hui, ce qui nous semblait convenu voire saugrenu, résonne comme une évidence: nous avons eu tort de nous gausser de ces professionnels qui disaient tout simplement la vérité.

L’histoire récente est truffée d’exemples qui démontrent que le 7e ou 8e de la saison régulière peut espérer effectuer une virée en tram avec le vilain vase. Et que les dominateurs des 50 premières parties de l’exercice sont susceptibles de consulter très rapidement les pages du catalogue Kuoni.

Les play-off ne se décident pas dans un lieu précis. Ils se décident sur des critères pas toujours palpables: le caractère, l’esprit de groupe, la gestion des situations spéciales, la capacité des gardiens à se sublimer, la profondeur de banc et la patience.

La patience, justement, consiste à ne pas s’emballer. A n’accorder aucun espace de créativité à ses adversaires dans sa zone défensive, quitte à pratiquer un hockey à la Krueger, pas toujours affriolant à regarder. A attendre que l’équipe d’en-face commette l’erreur - parce que le hockey sur glace demeure avant tout un jeu d’erreurs - dont on pourra tirer profit pour signer le si important premier but qui forcera l’autre équipe à se découvrir.

Une escouade qui se présente devant son public doit gérer un paramètre de plus que son rival. A domicile, la fièvre des séries se manifeste par un tintamarre qui est sensé donner des ailes au club local. Par un surplus d’émotions qui atteignent forcément les hockeyeurs qui portent le même maillot que les fans. C’est cette atmosphère particulière qui est susceptible de sortir des individualités du plan de match, de les inciter à tenter le truc audacieux, mais fort dangereux...


Grégory Beaud, journaliste

«Oui, et les chiffres le prouvent»

A la question de savoir s’ils préfèrent disputer un match VII à domicile ou à l’extérieur, environ 95% des patineurs de National League répondront à la maison. Les cinq autres pour-cents? Ils ne prendront même pas la peine de répondre sérieusement. Et ils auraient probablement raison.

Depuis six saisons, 234 matches de play-off ont été disputés. 133 ont été remportés par l’équipe évoluant dans sa patinoire (56,8%). Ce n’est évidemment pas une science exacte et les victoires à l’extérieur peuvent arriver. Mais l’échantillon de ce début de saison doit être rangé au rayon des anomalies plutôt que des tendances durables. Et ce n’est pas qu’une question de soutien populaire ou de tapeurs de tambours plus vigoureux à la maison. Non, jouer «at home» est suffisamment important pour que tout le monde prenne la peine de se décarcasser de septembre à février pour jouer ce fameux premier match devant ses partisans.

L’avantage de pouvoir choisir ses lignes en second et donc de pouvoir masquer au mieux ses lignes faibles ne doit pas être pris à la légère. Un entraîneur ne serait-ce que correct trouvera toujours un moyen de tirer profit de ce point de règlement. Lorsque l’on peut compter derrière son banc un vieux renard comme Arno Del Curto ou Chris McSorley, l’avantage peut carrément devenir capital. Et nous n’avons pas encore parlé des voyages fastidieux ou des points de repères forcément différents sur une glace à adverse. Pour cette multitude de raisons, l’avantage de jouer à domicile en est un et d’ici la fin de ces séries éliminatoires la parité dans les statistiques sera rétablie malgré ce début pour le moins anormal.

(nxp)

Créé: 14.03.2019, 14h03

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