Vendredi 20 septembre 2019 | Dernière mise à jour 20:35

Hockey sur glace Commentaire: Tschau und merci Litternahalla

Ce vendredi soir, le HC Viège prendra congé de sa patinoire. Un lieu particulier, riche en histoires, où on adorait aller.

Vendredi, à l'occasion d'un match amical contre Sierre, le HC Viège prendra congé de sa patinoire.

Vendredi, à l'occasion d'un match amical contre Sierre, le HC Viège prendra congé de sa patinoire. Image: HC Viège

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Vendredi soir, au terme d’une dernière partie amicale entre Viège et Sierre, les prises de cette bonne vieille (surtout vieille) Litterna-Halle seront débranchées, la glace se muera en eau et ruissellera dans les milliers de fissures de cet édifice brinquebalant. Dans ce stade d’une autre époque, érigé en 1952 et doté d’un toit pas toujours étanche deux décennies plus tard, il y aura probablement quelques larmes et des nostalgiques qui s’offriront un souvenir de leurs folles soirées dans cette enceinte qui s’est toujours apparentée à un cabinet de dentiste pour les équipes adverses. Pas le choix, fallait y aller et espérer ne pas avoir trop de bobos en sortant.

Les collectionneurs semblent d’ailleurs avoir déjà commencé leur chasse aux bibelots puisqu’une trentaine de chaises et de sièges ont disparu ces derniers jours.

Même en été, il y faisait froid

Cette Litterna, comme il est coutume de la nommer, c’est sûr, on l’a détestée. Il y faisait froid même en été. On ne comprenait pas grand-chose aux jérémiades de l’annonceur maison pénalisé par une sono qui n’avait pas dû être révisée depuis le seul titre de champion de Suisse de LNA du club haut-valaisan, en 1962. Il y avait aussi ce totomat, ainsi qu’on l’appelait avant l’apparition des vidéotrons, qui fonctionnait à l’envers du bon sens. Et un WC, quand il n’était pas bouché, pour quelque chose comme 2000 spectateurs. Et des buvettes tellement difficiles d’accès et bondées qu’il était quasi impossible de ne pas renverser la moitié de son verre sur sa veste. Mais on adorait aussi y aller. Comme on adorait prendre la direction de la Valascia d’Ambri. Parce que, à la Litterna, il y avait des ingrédients qu’on ne retrouvait pas toujours ailleurs.

Là-bas, il y avait une âme. La passion pour le HC Viège, et plus généralement pour le hockey sur glace, se transmettait de génération en génération. Les jeunes baignaient dans les histoires, devenues des légendes au fil des saisons, des années glorieuses où les membres de la première triplette offensive (Kurt Pfammatter, Walter Salzmann et Herold Truffer) étaient plus populaires que l’unique conseiller d’Etat haut-valaisan.

Un état d'esprit unique

Là-bas, tant dans les estrades que sur la glace, il y avait une force de caractère unique sur la carte du hockey suisse. C’est d’ailleurs grâce à cet état d’esprit, qui incitait parfois les arbitres à appliquer le règlement de manière aléatoire, que les Viégeois ont réalisé quelques épopées insensées, dont la quête de deux titres de 2e division depuis le début du millénaire.

Là-bas, la Litterna était plus qu’un morceau de béton décati. Il était un lieu de vie sociale, où la foule adorait trainer avant et très très très longtemps après les matches. On y est allé des centaines de fois, on y a souvent joué les prolongations même quand les matches se soldaient par des 5-0, on n’a jamais été témoin d’une échauffourée. On y a surtout rencontré des gens qui étaient heureux d’être là et, à une époque où les joueurs tendent à se couper de leur public, on a toujours aimé ces quatrièmes tiers où les hockeyeurs prenaient le temps de jaser avec les supporters autour d’une bière et d’une saucisse.

Là-bas, on a toujours apprécié la diligence des dirigeants qui, depuis au moins 25 ans, ont toujours tout fait, à commencer par parler en français, pour faciliter notre travail.

Pour cela, et probablement pour des dizaines d’autres raisons, la Litterna était unique. Le nouvel écrin de la formation valaisanne permettra assurément à l’entraîneur Matti Alatalo et à ses joueurs de passer du 20e au 21e siècle en une nuit.

Puissent les fantômes de la Litterna se déplacer à la Lonza Arena afin que l’esprit du club survive aux impératifs économiques et aux beautés de la modernité.

Créé: 23.08.2019, 15h13

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