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Hockey sur glace Finalissima: Zurich ou Lugano? Les forces en présence

Zurich a gâché deux «pucks de titre» contre Lugano. Est-ce à dire que la finale reviendra aux Tessinois?

La finalissima s'annonce belle entre Lugano et Zurich.

La finalissima s'annonce belle entre Lugano et Zurich. Image: Keystone

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Mercredi soir, tout était prêt, au Hallenstadion, pour que les Zurich Lions fêtent leur titre à domicile. La salle de spectacle (appelée patinoire ailleurs en Suisse) avait fait le plein et tout semblait réuni pour que la soirée soit belle et la nuit courte. Mais un but de Maxim Lapierre - qui d’autre? - en fin de rencontre a forcé un septième match dans cette finale qui tient toutes ses promesses. Mais au fait, qui aura l’avantage, soir?

Ce qui parle en faveur de Lugano

1. La confiance emmagasinée

Revenir de 1-3 à 3-3 dans la série n’a rien d’anodin. Mercredi lors du sixième match, les Luganais ont parfaitement réagi après avoir vu Zurich égaliser au cours de la troisième période. Largement dominés, ils se sont tout de même imposés grâce à un plus grand réalisme. Mentalement, Lugano est sorti gagnant de cette rencontre. Avec plus du double de tirs, Zurich, de son côté, doit vraiment commencer à douter.

2. Elvis Merzlikins

Le Letton à licence suisse, fragile mentalement par le passé, peut dégoupiller à chaque instant. D’un calme ahurissant depuis le début des play-off, il maintient son équipe dans la série avec des prestations parfaites et une sérénité à toute épreuve. Là où Lukas Flüeler a montré des premiers signes de fébrilité lors de l’Acte V à Lugano, Merzlikins, lui, poursuit sa magnifique finale. Ses statistiques? 1,69 but encaissé par match et 95,20% d’arrêts. Avec un portier dans cette état de grâce, Lugano peut voir venir.

3. Maxim Lapierre

Il est l’une des principales raisons du retour luganais. Flamboyant sur la glace et tellement agaçant entre chaque coup de sifflet, le Montréalais est «entré dans les têtes» zurichoises. Bien plus qu’un simple clown, Maxim Lapierre totalise déjà 23 points depuis le début des play-off. Mercredi, il a été décisif en déviant un tir au bon endroit pour inscrire le but de la victoire. Dans la foulée, Frederik Pettersson l’a punaisé contre la bande. Son agression lui a valu au minimum un match de suspension. Aux échecs, on pourrait dire que Lugano a sacrifié un fou contre la reine adverse. Un échange qui ne se refuse pas. Reste à espérer que la charge dans le dos du Suédois n’ait pas touché Lapierre trop durement. Un léger doute plane quant à sa participation.

4. L’atmosphère

Alors oui, les statistiques ne parlent pas en faveur de l’équipe qui reçoit le septième acte. Oui, six fois sur huit, le visiteur a remporté la «Finalissima». Et oui encore, Lugano a perdu trois fois dans sa patinoire l’Acte VII de la finale en trois tentatives. Mais malgré tout, la Curva Nord peut liquéfier n’importe quel adversaire par ses chants incessants. La Resega peut avoir une réelle importance dans les moments chauds. Si Lugano veut gagner ce soir, il devra compter sur une atmosphère bouillante. Ça tombe bien, les Luganais savent très bien le faire.

5. L’efficacité

Là où les Zurichois ont besoin de 20 tirs pour en planter un, les Luganais, eux, sont diaboliques devant la cage adverse. Lorsque l’on peut compter dans ses rangs un artificier tel que Grégory Hofmann, tout devient plus facile. Le Jurassien bernois de la Resega a déjà inscrit 14 (!) buts depuis le début de ces play-off. Ce soir, lorsque chaque millimètre devant le gardien adverse vaudra cher, il ne faudra pas avoir les mains qui tremblent. Et les Tessinois sont des spécialistes en la matière.

Ce qui parle en faveur de Zurich

1. La santé

Les Zurichois n’ont pas de nouvelles absences à déplorer. Si l’on est en droit de regretter la blessure de très (trop) longue durée de Robert Nilsson, les autres leaders des ZSC Lions sont valides. Tout le contraire de Luganais qui jouent avec un contingent réduit depuis le début des play-off (Alessandro Chiesa, Dario Bürlger et Damien Brunner). Mercredi, Raffaele Sannitz a vu son genou «tourner» et sa présence ce soir semble plus qu’improbable. Sans le joueur de centre si précieux, Zurich aura la vie moins compliquée en zone neutre, là où un matche se gagne.

2. L’absence de Pettersson

Aussi étonnant que cela puisse paraître, la suspension logique du Suédois pourrait bien devenir un avantage pour les Zurich Lions. Fantomatique depuis le début de cette finale, Frederik Pettersson et sa ligne (Shore-Korpikoski) n’ont pas eu le rendement attendu pour une triplette d’étrangers. Hans Kossmann sera forcée de remodeler ses trios. Si la ligne Wick-Suter-Kenins apporte pleine satisfaction, le coach ontarien pourrait bien tenter de relancer Herzog en l’alignant sur la première ligne tout en lançant le Canadien Vey dans la bagarre. Tactiquement, cette finale s’annonce passionnante.

3. Les engagements

Difficile de faire plus grande lapalissade, mais il est toujours plus facile de jouer lorsque l’on a le puck. Et ce la tombe bien, les Zurichois gagnent plus de 57% des engagements depuis le début de cette finale. Pius Suter et Drew Shore ont remporté 108 des 162 face-offs qu’ils ont disputés (66,6%). S’ils monopolisent la rondelle, les Zurichois gagneront.

4. L’impact des joueurs de centre

Un match (et à fortiori un titre) se gagne sur deux points: un bon gardien et une meilleure occupation du slot, la zone devant le gardien. Depuis le début de la série, Zurich est meilleur territorialement. Les hommes de Hans Kossmann décochent huit tirs de plus que leurs adversaires depuis l’enclave (18 contre 10). Sans un grand Elvis Merzlikins, la finale aurait pu être déjà terminée depuis quelques jours déjà. La répétition des matches forcera Greg Ireland à utiliser davantage encore les mêmes individualités. Deux jours après le sixième match, la fraîcheur des joueurs de centre des Lions (Shore et Suter en particulier) pourrait faire la différence. Surtout si l’absence de Sannitz venait à se confirmer.

5. L’histoire

Six fois sur huit, l’équipe visiteuse s’est imposée lors de la «Finalissima». Lugano a perdu trois fois le titre dans sa Resega. S’il fallait une motivation supplémentaire aux Lions, ce petit coup d’œil dans les livres d’histoire devrait être suffisant pour leur donner l’impression que le titre est à leur portée.

Créé: 27.04.2018, 15h44

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