Mercredi 26 septembre 2018 | Dernière mise à jour 12:03

Hockey sur glace GE Servette en grand danger

Hugh Quennec n’a pas encore cédé la moindre action à ses partenaires canadiens. En coulisses, les signaux alarmants au sujet de l’avenir du club se multiplient.

HUGH QUENNEC
Depuis qu’il a racheté les parts de Chris McSorley, l’homme d’affaires québécois est devenu l’unique propriétaire de GE Servette. C’est sur son initiative que Peter Gall, Mike Gillis et Lorne Henning ont débarqué à Genève pour tenter de donner une nouvelle impulsion au club et, surtout, au projet de nouvelle patinoire.

HUGH QUENNEC Depuis qu’il a racheté les parts de Chris McSorley, l’homme d’affaires québécois est devenu l’unique propriétaire de GE Servette. C’est sur son initiative que Peter Gall, Mike Gillis et Lorne Henning ont débarqué à Genève pour tenter de donner une nouvelle impulsion au club et, surtout, au projet de nouvelle patinoire. Image: Eric Lafargue

LORNE HENNING (LE TECHNICIEN)
C’est lui que l’on a le plus vu depuis la reprise à Genève. Il est censé amener sa science du hockey aux Vernets. Son vécu de joueur mais aussi son expérience acquise dans un coaching staff en Amérique du Nord font de lui le partenaire de travail du nouveau manager général, Chris McSorley. (Image: Keystone )

MIKE GILLIS (LE FUTUR HOMME FORT?)
En mars dernier, il s’est positionné comme le nouvel homme fort de GE Servette, appelé à redonner du lustre au développement sportif et économique du club. Il s’était déclaré prêt à racheter des actions à Hugh Quennec, ce qu’il n’a pas encore fait. Il est entré au conseil d’administration du club en même temps que Peter Gall. (Image: Keystone )

PETER GALL (LE BÂTISSEUR)
Cet avocat canadien a été mandaté par Quennec afin qu’il mette son savoir à disposition du club pour faire déboucher sur du concret le projet de nouvelle patinoire. Ses compétences sont censées être déterminantes pour le montage financier et la finalisation du dossier. (Image: Keystone )

LNA

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Hugh Quennec reste, à ce jour, l’unique propriétaire des actions du Genève-Servette Hockey Club SA. Le patron de l’organisation grenat, c’est encore lui. À 100%. Cet état de fait surprend, près de huit mois après une conférence de presse légendaire, tenue dans un hôtel cinq étoiles sis sur les berges du Rhône.

À cette occasion, outre la nomination de Chris McSorley au poste de manager général du club (contrat de longue durée à la clé) et sa destitution de ses fonctions d’entraîneur (un séisme, puisqu’il jouait ce rôle depuis 16 ans), il avait beaucoup été question d’autre chose: la cession d’actions à Mike Gillis. À hauteur de 20% dans un premier temps, puis davantage par la suite, avait-on entendu.

Ces déclarations d’intention avaient fait souffler un vent d’espoir sur le GSHC, au bord de l’implosion. Mike Gillis avait d’ailleurs beaucoup pris la parole. Il avait été perçu comme le nouvel homme fort avec lequel GE Servette pourrait se construire un bel avenir.

Sponsors très inquiets

L’ennui? Huit mois plus tard, rien n’a bougé. Hugh Quennec continue de s’approprier le pouvoir à lui tout seul. Sa mise sur une voie de garage, espérée par de nombreuses personnes, n’est de loin pas effective. Cet immobilisme, couplé à une situation sportive délicate, commence à inquiéter de nouveau les milieux qui soutiennent financièrement le GSHC. De plus en plus de sponsors ne comprennent pas pourquoi Mike Gillis n’a pas encore pris le pouvoir de manière effective – ou du moins en partie.

Certains bailleurs de fonds locaux imaginent que Hugh Quennec ne serait tout simplement pas prêt à lâcher le morceau. Ils le pressentent même opposé à une prise de participation majoritaire des investisseurs qu’il a lui-même amenés à Genève, et officialisé en juin 2016. «Je soupçonne Quennec d’avoir une vision idéale de la situation, analyse une personne proche du club. Cette vision serait la suivante: permettre aux Canadiens d’entrer dans le capital-actions si, et seulement si, il reste majoritaire, et donc propriétaire du club. Seulement, ces hommes d’affaires ne sont pas naïfs. Ils n’accepteront jamais d’entrer dans le capital-actions sans avoir la certitude de devenir majoritaires à terme. Une personne saine d’esprit n’accepterait pas ça, eu égard aux casseroles qu’il traîne en ville.» Elles sont devenues très bruyantes depuis qu’il avait conduit dans le mur le Servette FC sous sa présidence.

Investisseurs échaudés?

Une autre théorie circule sur la non-entrée des investisseurs canadiens au sein du capital-actions. Elle aurait trait aux atermoiements qui entourent toujours le projet de future patinoire au Trèfle-Blanc. Fin juin, les bailleurs de fonds pressentis voyaient leurs efforts en partie récompensés, par voie d’un communiqué de presse conjoint de l’État de Genève, de la Ville de Genève et de la Ville de Lancy. «Les capacités techniques et la solidité financière des investisseurs privés qui ont manifesté une expression d’intérêt pour ce projet s’avèrent globalement positives», pouvait-on y lire.

Mais, d’après nos informations, une phrase glissée dans le communiqué aurait échaudé les investisseurs. La voici: «Lors de la réunion du mardi 27 juin (2017), la délégation du comité de pilotage a également informé les représentants du GSHC de la nécessité d’un appel d’offres pour une concession de travaux en cas de partenariat public privé.» Cela aurait été très mal interprété par les gens qui se sont investis dans le projet. On les félicitait d’avoir présenté un dossier solide, tout en soulignant qu’un nouveau concours d’investisseurs serait organisé – ce qui retarderait d’autant le projet. Est-ce que cela a crispé les Canadiens, au point de retarder leur entrée au sein du capital-actions du club – pas de patinoire, pas d’engagement financier?

L’interrogation fait sens. Une chose est sûre: d’après nos informations, GE Servette aurait un urgent besoin d’argent frais pour soutenir son train de vie. Un argent qui ne tombera pas du ciel.

(Le Matin)

Créé: 20.11.2017, 21h42

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