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Hockey sur glace René Fasel: «Nul n'est au-dessus des lois»

Le président fribourgeois de la Fédération internationale (IIHF), René Fasel, a longuement reçu «Le Matin» en marge de la Coupe Spengler.

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René Fasel, comment le président de la Fédération internationale de hockey sur glace occupe-t-il sa semaine à Davos?

Je rencontre des gens de la fédération, de la Ville et du HC Davos. En tant que membre du CIO, je mène également des discussions concernant le projet olympique des Grisons (ndlr: Davos et Saint-Moritz visent 2022).

Est-il crédible?

La plus grande erreur serait de ne même pas discuter du projet. En fin de compte, la décision ne nous appartient pas. Il y aura des votations cantonales, des discussions au Parlement. Ce ne sera pas simple. Il faudra convaincre les Suisses.

Les dossiers s'accumulent. Vous êtes également en conflit ouvert avec le CP Berne, qui vous réclame 1,2 million de francs de dommages après l'annulation de la Ligue des champions. Comment en est-on arrivé là?

Je ne sais pas. Peut-être que le CP Berne, génétiquement, est contre les Fribourgeois...

Le conflit commencerait donc par une histoire de sol?

Peut-être.

Cette histoire-là fait penser à celle qui oppose deux Valaisans du football...

Elle correspond à une petite maladie de chez nous, où on dénigre un peu les siens. C'est un phénomène tout à fait naturel. Il faut l'accepter et je l'accepte. A l'exception peut-être de l'Angleterre, Sepp Blatter n'est attaqué dans aucun autre pays comme en Suisse.

Dans votre situation, les positions s'inversent. C'est la fédération qui saisit le Tribunal fédéral...

Toute organisation ou toute personne a le droit de recourir à un jugement. Le règlement est très clair: le seul moyen de faire recours contre le TAS, c'est le TF. Nous suivons donc un cheminement tout à fait normal. Nous n'allons pas dans un tribunal de district, où l'on peut trouver une certaine complaisance.

Si le CP Berne venait à l'emporter au TF, pourriez-vous demander à la Fédération suisse de suspendre l'équipe nationale?

Non. Je vois l'IIHF comme une famille et exclure un membre de la famille nécessite un «truc» beaucoup plus grave que cela.

Vous reconnaissez donc un pouvoir limité aux institutions...

Bien sûr. Il y a vingt ou trente ans, les fédérations nationales et internationales avaient tous les pouvoirs. Cette époque est révolue. Nul n'est au-dessus des lois.

Votre ancienne fonction d'arbitre vous aide-t-elle à régler les situations conflictuelles?

Absolument. Plus jeune, lorsque je jouais au football, les Suisse alémaniques affrontaient les Romands. Ayant la chance de parler les deux langues, j'ai toujours fait l'arbitre. Quand les gars étaient prêts à se foutre sur la figure pour un penalty, j'intervenais en disant: «Arrêtez, nous allons trouver une autre solution.»

Allez-vous en trouver une pour faire venir les vedettes de la NHL aux Jeux de Sotchi en 2014?

Les joueurs veulent participer mais la NHL et le syndicat doivent renouveler leur contrat (ndlr: le CBA, pour Collective Bargaining Agreement) en septembre 2012. L'un des enjeux majeurs de ces discussions est la participation aux JO. Il semblerait que les négociations vont débuter avant septembre pour gagner du temps.

Peut-on craindre un lock-out de la NHL l'an prochain, comme la NBA l'a connu cette année?

C'est très difficile à dire. Certains clubs perdent de l'argent, surtout aux Etats-Unis.

D'ici là, les règles du jeu auront peut-être changé...

Nous avons créé une commission qui doit étudier la cause des commotions cérébrales, en constante augmentation. Or elle est plus ou moins connue: c'est la vitesse. Et où a-t-on les chocs les plus violents? En zone neutre, loin des bandes. Il faut donc réduire la vitesse et, peut-être, repenser à la ligne rouge.

Vous menacez également les contacts physiques, ce qui suscite de sévères critiques...

Nous n'avons jamais envisagé l'interdiction du bodycheck. Le hockey sur glace est une discipline physique, avec des contacts physiques. Eliminer les bodychecks reviendrait à changer le jeu et ce n'est pas notre intention. Encore une fois: ce n'est pas le petit Fasel qui va décider de changements aussi importants. C'est un groupe d'experts, de joueurs, actuels et anciens, et d'entraîneurs qui vont se mettre autour d'une table et discuter. La NHL fera aussi un «working group». Nous travaillerons ensemble.

Les discussions posent la question de la limite entre spectacle et sécurité. Où la fixez-vous?

C'est très difficile. Le but premier d'une fédération internationale est de garantir la santé des athlètes tout en assurant le spectacle. Jusqu'où peut-on aller? Certains prônent le dopage autorisé, mais on reviendrait alors aux jeux du cirque romains où la mort est la solution finale.

La lutte contre les commotions est-elle votre dernière mission avant votre candidature à la tête du CIO?

On me pose souvent la question, elle m'honore beaucoup, mais elle n'est pas d'actualité. Je dois encore être réélu en septembre 2012 au sein de l'IIHF.

Militerez-vous pour une équipe de KHL en Suisse?

Certainement pas. Ce projet est une blague. Je ne lui accorde aucune crédibilité.

Créé: 30.12.2011, 09h40

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