Vendredi 29 mai 2020 | Dernière mise à jour 01:57

Hockey sur glace Salary Cap en National League, les options

Le plafond salarial est à nouveau un thème d’actualité en Suisse. Mais au fait, ça pourrait ressembler à quoi?

Denis Vaucher, directeur de la National League

Denis Vaucher, directeur de la National League Image: Keystone

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Alors que les clubs de National League cherchent des moyens de limiter la casse liée à la crise du coronavirus, un vieux dossier est revenu sur le haut de la pile: le plafond salarial. Largement inspirée des championnats d’Outre-Atlantique, l’idée est de stopper l’inflation des salaires dans la ligue afin de maîtriser les coûts.

Une option qui pourrait aller dans le sens du Conseil fédéral puisqu’il a mis la pression sur les clubs la semaine dernière. Certes, il a accepté de venir en aide aux organisations dans le besoin par biais de prêts. Mais les équipes qui actionneront ce levier devront baisser leur masse salariale de 20% à l'horizon 2023. Signe avant-coureur de la mise sur pied d’un salary cap en National League? Lorsque le site alémanique watson.ch a remis cette idée sur le tapis la semaine dernière, les réactions ont été rapidement virulentes. «Aucune chance», «Légalement, c’est impossible à mettre en place» ou encore «Tout le système serait à repenser si on arrivait à cette extrémité. Cela me semble impossible» ont été les premières réactions du milieu.

Petit à petit

Passé le rejet initial, le ton a quelque peu changé dans les discussions informelles. Et certains dirigeants ont même publiquement applaudi l’idée, à l’instar de Gaudenz Domenig, président du HC Davos et avocat d’affaires. «Oui, c’est juridiquement faisable et le HC Davos va se battre pour sa mise en route», a-t-il lancé sur watson.ch

À mesure que l’idée fait son chemin, posons-nous une question. À quoi ressemblerait le Salary cap à la sauce suisse? Pour ce faire, il faut comparer avec le coin du monde où la pratique est institutionnalisée: l’Amérique du Nord. Implémenté en 2005 en NHL, le salary cap avait exactement le même but qu’actuellement en Suisse: limiter l’augmentation des salaires. D’abord fixé à 39 millions de dollars, le plafond est désormais établi à 79,5 millions de dollars. Il fluctue d’année en année pour s’ajuster avec les revenus liés à l’exploitation de la ligue. Ces revenus sont partagés entre les propriétaires et les joueurs.

Taxe de luxe

En Amérique du Nord, il existe deux principales formules: Hard cap et Soft cap. Pour faire simple, en hockey une limite infranchissable est fixée, tandis qu’en basketball des exceptions existent. Par exemple, certains joueurs arrivant en fin de contrat peuvent obtenir un nouveau contrat même si ce dernier excède le plafond. Cette possibilité s’appellent les «Bird Rights». Ils sont nommés ainsi en fonction de Larry Bird, mythique joueur des Boston Celtics, qui a été le premier à bénéficier de cette possibilité pour prolonger l’aventure dans son club de toujours.

Il existe bien d’autres façons d’excéder le cap. Mais tout ceci à un coût. Chaque dollar dépensé au-delà de la limite est sanctionné d’une pénalité pécuniaire évolutive allant de 1,5 à 3,75 dollars. Par exemple, un équipe dépassant le cap de 10 millions de dollars peut voir sa facture grimper jusqu’à 37,5 millions de dollars. Pire, cette pénalité est plus onéreuse encore pour les récidivistes. On appelle cela la «Luxury tax» ou «Taxe de luxe». Ces pénalités sont redistribuées entre les clubs respectant le salary cap.

Concrètement, il semble probable qu’un système plus proche de celui de la NBA soit mis en place en National League. Selon watson.ch, le salary cap se situerait entre 5 et 7 millions de dollars. Une de nos sources pense cette fourchette un peu basse. «Entre 10 et 15 millions me paraît plus réaliste», nous détaille un interlocuteur au courant des discussions du moment. Toujours est-il que la possibilité de dépasser la limite pourrait inciter les clubs plus puissants à se montrer intrigués par cette option. Voire à l’accepter?

Pour l’heure, on paraît encore bien loin de cette issue. Mais les lignes ont tellement bougé depuis le début de la crise actuelle et les tabous étant tombés les uns après les autres, on n’a peut-être jamais été aussi proche d’un plafond salarial en Suisse.

Grégory Beaud

Créé: 20.05.2020, 08h13

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