Lundi 20 mai 2019 | Dernière mise à jour 08:12

Hockey sur glace Une soirée dans le parcage visiteur à Berne

N'écoutant que son courage, notre journaliste s'est discrètement glissé dans l'enclos à moutons des Genevois à la PostFinance Arena de Berne jeudi soir.

Avant la rencontre, les Bernois faisaient encore les malins avec leur spectacle pyrotechnique.

Avant la rencontre, les Bernois faisaient encore les malins avec leur spectacle pyrotechnique.

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On va se l'avouer d'emblée. Quitte à passer quelques minutes ensemble, autant jouer cartes sur table: nous, on ne connaît pas grand-chose au hockey. On connaît néanmoins nos fondamentaux: pour gagner un match, il faut «travailler fort dans les arrondis» et «mettre du trafic devant les filets». Ajoutez à cela une bonne imitation de l'accent québecois et le tour est joué: ce soir, nous passerons inaperçu.

Ce soir? On parle de jeudi soir à Berne, où GE Servette se déplace pour l'acte III de sa série de play-off face au SCB. Il paraît que ça vaut la peine d'aller voir un match à Berne, que c'est «une expérience hockeyistique unique». Pourquoi pas, va pour le déplacement.

De prime abord, alors qu'on s'apprête à quitter le bureau pour la capitale, un sentiment de confiance nous emplit d'emblée. On a lu que GE Servette est «une vraie équipe de play-off». Voilà qui tombe à pic. Mais si on comprend bien, ça veut dire qu'il y a de fausses équipes de play-off? Imaginez un coach affirmer, le plus sérieusement du monde: «Nous, cette année, on a bâti une vraie équipe de saison régulière. Les play-off, on s'en fout, nous on mise tout sur les 50 premiers matches.» Il y a un truc qui doit nous passer sous le nez.

Bref, les méandres des considérations tactico-techniques nous échappent donc, alors allons boire une bière dans le train, ça on sait faire. Première mauvaise surprise: le wagon restaurant est blindé. Que des «schpountz» qui rentrent du Salon de l'auto direction Saint-Gall. Dedieu les cons. Et ces salauds sont montés à l'aéroport pour choper les meilleures places. Alors on se retrouve debout au bar, à siffler nos «Weizen» en se moquant gentiment de l'accent pakistanais du barman tout en essayant de garder dignement notre équilibre aux aiguillages.

La weizen est le meilleur rapport qualité-prix du wagon restaurant. Pas folle la guêpe.

Le wagon restaurant propose par ailleurs une sélection alléchante de biberlis. Celui-ci comporte même une énigme visuelle, sans doute malgré lui. Sur cette photo, quel est l'animal de compagnie? A) Le chien B) Le cochon C) L'Appenzellois D) La pipe

Finalement, le trajet a filé en un clin d’œil. C'est vrai qu'on a bien rigolé avec Urs, concessionnaire Mitsubishi à Dietikon. Nous voilà donc à Berne. Pas la grosse ambiance annoncée.

Dans le tram, les supporters bernois se font discret et préfèrent baisser le regard. C'est donc ça, la peur.

Le stade se profile. Au guichet, y a pas foule. Et nous qui imaginions une joyeuse cohue, avec des fumigènes qui craquent dans tous les sens, une fanfare qui fait péter les cuivres et des gros messieurs torse nu qui se roulent dans la boue. Déception.

Au guichet, l’accueil est aussi sympa que dans une prison moldave.

Pas question de se laisser abattre. On file à la buvette pour remonter la pente: au premier instant de doute c'est toujours important de se réfugier dans les fondamentaux.

Les saucisses sont bonnes, mais pas meilleures qu'ailleurs.

Autour de nous, une faune étrangement dense s’agglutine tout à coup. Chacun de ses membres est obèse. «Et dire qu'il arrivent à en foutre 17'000 comme ça à l'intérieur. T'imagines si les Bernois étaient sveltes? Ils pourraient rentrer à 30'000 dans la patinoire», me glisse très justement mon collègue. J’acquiesce évidemment.

A Berne, il existe donc des supporters qui optent pour le style demi-moustache, comme on peut l’apercevoir à gauche de cette affiche. Et dire que personne n'y avait pensé jusque-là. Des génies ces Bernois!

Une fois le fond assuré - manger c'est tricher, on sait, désolé - on entre dans le ventre de la bête. La PostFinance Arena, plus grande patinoire d'Europe, cathédrale de la rondelle, palais du palet.

Vingt minutes avant le début du match, trois tribunes sur quatre sont encore vides. On se croirait à la Praille dedieu!

Et puis tout s'obscurcit. Les cloches de Hells Bells se mettent à retentir. Les poils, dedieu.

Et dire qu'à Genève on a le droit à un gars qui fait du beat box avec son fion.

Ensuite le match commence. On ne va pas vous en parler, parce qu'il y a déjà de très bons compte-rendus, analyses et réactions ici ou . Personne n'en parlera mieux que mes excellents confrères spécialisés. Tout ce qu'on peut dire à notre petit niveau c'est que Genève a travaillé fort dans les arrondis et s'est efforcé de mettre du trafic devant les filets tout au long de la rencontre. Une performance «fintastzique» - pas évident l'accent québecois à l'écrit.

Nous, au lieu de nous perdre en analyse, on a goûté un truc bizarre. Faut dire qu'on en avait marre de la bière, alors on s'est laissé intriguer par le ce nom: «schümlipflümli».

Une sorte de «café fertig» avec de la chantilly dessus. Hyper digeste.

Le match se prolonge, ça devient long. Forcément, les pitstops pour faire pleurer le cyclope se multiplient.

Dans les toilettes, on a remarqué d'étranges graffitis. A quoi correspondent-ils? Que signifient-ils? Quel lien avec le hockey sur glace? Mystère. En tous cas, ces peintures murales primitives n'ont rien avoir avec le logo d'une équipe de play-off.

Près de quatre heures que la rencontre a débuté lorsque Servette marque le but de la victoire, alors qu'un bon quart des spectateurs a déjà quitté le stade: «Nous on bosse demain!», nous avaient-ils lancé au moment de prendre la route, pas encore conscients de leur erreur. En ce vendredi matin, nos pensées émues leurs sont adressées.

Alors la patinoire s'est vidée, et il ne restait plus que des Genevois qui chantaient dans une enceinte désormais déserte. «J'ai pas bien vu le but mais dedieu c'qu'il est beau», me lance mon confrère.

Allez c'était sympa bonnard, mais il faut rentrer maintenant. On avait acheté des billets de tombola mais on a oublié d'assister au tirage au sort - le coup classique. Pas grave, on avait déjà remporté le gros lot.

Et dire qu'on a soutenu le mouvement junior du SCB avec ces conneries.

(nxp)

Créé: 15.03.2019, 11h59

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