Mercredi 23 octobre 2019 | Dernière mise à jour 09:19

Hockey sur glace Vestiaires ouverts: les footballeurs n'en veulent pas

Joueur, entraîneur ou président, tous se rejoignent en Super League: ils ne voient pas pourquoi changer ce qui fonctionne.

Pour les footballeurs, les vestiaires (ici ceux de la première équipe de Xamax à la Maladière) ne doivent pas être accessibles aux journalistes.

Pour les footballeurs, les vestiaires (ici ceux de la première équipe de Xamax à la Maladière) ne doivent pas être accessibles aux journalistes. Image: www.xamax.ch

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Quatre clubs de National League de hockey (Lausanne, Davos, Lugano et Zoug) ont donc décidé d'ouvrir leurs vestiaires aux journalistes après les matches. Bonne ou mauvaise idée? «LeMatin.ch» a donné la parole à différents acteurs depuis mercredi (voir les articles en relation).

Et en football, serait-ce une chose concevable? C'est une habitude qui avait cours il y a quelques dizaines d'années. Mais avec l'émergence des nouveaux stades, les espaces de travail pour journalistes ont été clairement pensés et étudiés (salles de presse, zones mixtes).

On a quand même voulu savoir ce que pensaient les footeux de l'initiative de ces quatre clubs de hockey, et on s'est approché d'un joueur, d'un entraîneur et d'un président de Super League, tous trois Romands.


«LE VESTIAIRE, C'EST SACRÉ»

Raphaël Nuzzolo (NE Xamax FCS), joueur

«On sait que cette pratique d'ouvrir les vestiaires vient de la NHL. Alors, même si je suis le premier à dire qu'on a toujours des choses à prendre - ou à apprendre - des autres sports ou des autres cultures, le vestiaire est pour moi quelque chose de sacré. Je n'ai pas connu la période où il était ouvert aux journalistes, mais... tant mieux! A la Maladière, notre vestiaire, c'est un peu notre deuxième maison. On y vient tous les jours, on y a nos affaires, nos habitudes, nos histoires. Si on devait ouvrir cet espace, on serait obligé de le rendre plus neutre. Ce serait à nous, joueurs, de devoir nous adapter à la présence des journalistes les jours de match. On serait obligé d'enlever nos panneaux, nos schémas, nos photos, nos messages, bref: on dénaturerait notre vestiaire. C'est pour cette raison que je ne suis pas en faveur de l'ouverture, ce d'autant plus que, pour le travail du journaliste, je ne vois pas ce qu'un vestiaire ouvert apportera de plus que la zone mixte actuelle.»


«CE SERAIT REVENIR EN ARRIÈRE»

Alain Geiger (Servette FC), entraîneur

«Ouvrir le vestiaire aux journalistes, cela impliquerait qu'il faudrait revoir toute une organisation. À quel moment ouvrir? Avant ou après la douche? Et pour combien de temps? Cela ne fait pas de sens pour moi. Aujourd'hui, dans les stades, on a une salle de presse et une zone mixte dans lesquelles les journalistes peuvent discuter avec les joueurs ou les entraîneurs, et c'est un système qui marche très bien. Maintenant, chaque sport ayant ses spécificités, on ne peut pas comparer les hockeyeurs et les footballeurs. Nous avons des modes de fonctionnement et des horaires différents. Je me souviens que les vestiaires étaient ouverts quand j'étais joueur, à Neuchâtel, Sion ou Saint-Étienne. Mais c'était une autre époque. Il n'y avait ni salles de presse, ni chefs de presse, et les clubs étaient dirigés par le président et l'entraîneur, point. Si on a décidé de se doter de structures et d'une organisation professionnelles, c'est pour que tout le monde puisse travailler au mieux. Changer cette manière de procéder, ce serait revenir en arrière. J'admettrais simplement des exceptions les soirs de grandes victoires, après un titre national ou une victoire en finale de Coupe. Mais en saison régulière, non.»


«JE NE VOIS PAS À QUOI ÇA SERT»

Christian Constantin (FC Sion), président

«Je ne comprends pas le sens de cette démarche. Après les matches, n'importe quel joueur est accessible à n'importe quel journaliste en zone mixte, donc j'ai de la peine à trouver un avantage procuré par l'ouverture des vestiaires. Cette pratique avait cours à l'époque où j'étais encore joueur, dans les années septante. Mais on avait justement arrêté parce que ça n'était agréable pour personne: les journalistes avaient déjà envahi les lieux alors que des joueurs sortaient de la douche ou étaient encore à moitié à poil. On avait jugé alors qu'il n'y avait pas de raison d'ouvrir le vestiaire aux journalistes. Depuis, on en est arrivé à une organisation professionnelle, donc on ne va pas l'abandonner pour refaire comme à l'époque.»

Propos recueillis par Renaud Tschoumy

Créé: 19.09.2019, 16h11

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