Vendredi 29 mai 2020 | Dernière mise à jour 08:59

Hockey sur glace Volte-face à Mulhouse: un ex-Servettien raconte

Coach des Scorpions, Yorick Treille a appris à ses joueurs lundi qu'ils pouvaient finir leur série de play-off contre Amiens.

Yorick Treille est désormais derrière le banc des Scorpions, mais avec un drôle de sentiment...

Yorick Treille est désormais derrière le banc des Scorpions, mais avec un drôle de sentiment... Image: twitter.com/Scorpions de Mulhouse

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Coup de tonnerre ce lundi matin à Mulhouse. Les joueurs de hockey de la ville, dont on avait annoncé vendredi que leur saison était terminée, sont de retour sur la glace. Les Scorpions, éliminés dans un premier temps en raison de l’épidémie du coronavirus, vont finalement pouvoir terminer leur série de play-off au meilleur des sept matches, dans laquelle ils sont actuellement menés 3-2 par les Gothiques d’Amiens.

Mais en raison de la situation sanitaire dans la région alsacienne où de nombreux cas de Covid-19 ont été identifiés, il n’est plus question pour eux de jouer dans leur patinoire olympique, encore moins devant plus de 1000 personne, en public. La Fédération a finalement décidé de revenir sur sa décision et de «requalifier» le club du Haut-Rhin, qui «accueillera» le match 6 de la série ce mardi à l'Aren'Ice de Cergy-Pontoise, l’antre des Bleus et du club local. Si une septième partie devait être nécessaire, elle aura lieu le lendemain au même endroit. Et, bien sûr, toujours à huis clos. Coach des Scorpions, l’ancien Servettien Yorick Treille (il a joué deux saisons avec les Aigles entre 2005 et 2007) a été contraint ce lundi matin de remobiliser sa troupe avant de prendre la route pour le Val d’Oise.

Yorick, comment avez-vous vécu cette situation plutôt rocambolesque?

C’est difficile à expliquer. Dans un premier temps, personne dans le club n’avait compris les raisons de notre élimination ainsi. On aurait préféré que la décision soit différente et souhaité qu’elle ne soit pas précipitée, même s’il y a plein d’éléments économiques qui entrent en jeu et qui nous dépassent.

Votre frère Sascha, qui joue à Grenoble, a parlé d’un sentiment de honte sur Twitter par rapport à la fédération avant de s’excuser pour ses propos. Et vous, quel a été votre première réaction après votre disqualification?

On a ressenti un sentiment d’injustice, que ce soit moi, le staff, ou les gars. C’était une année de travail qui s’envolait alors qu’il restait au moins un match à jouer...

Puis on vous a remis en course...

Et cela fait beaucoup d’émotions! Je ne vais pas vous mentir que ces deux derniers jours, on a traversé une période très difficile. On était tous abattus, c’était très compliqué. Nos dirigeants n’étaient pas d’accord et nous ont soutenus. C’est même remonté jusqu’au Ministre! Alors oui, on nous requalifie, c’est bien, mais dans des conditions très particulières.

Pourquoi?

Quand vous annoncez le vendredi à des joueurs que leur saison est terminée et qu'on vous dit trois jours plus tard qu'il faut rejouer, ce n’est vraiment pas évident. Maintenant, on n’a pas le choix, on va y aller. Au moins, ce sera décidé sur la glace.

C’est ce que vous souhaitiez, finalement, non?

Oui mais cela reste une situation très particulière, forcément. Les joueurs ont appris tôt ce lundi matin qu’on pouvait jouer mardi à Paris sur un terrain neutre. Ils sont retournés à l’entraînement avec un drôle de sentiment. Là, on sort à peine de la glace.

Et qu'en pensent les joueurs, ils sont prêts à retourner au combat?

Les gars sont conscients qu’il s’agit d’une belle opportunité, qu’ils possèdent une deuxième chance, mais on sait très bien aussi qu’une fois qu’on leur a annoncé que c’était la fin de saison, les joueurs ont eu deux soirées où ils se sont retrouvés pour boire des canons. Ce n’est donc pas dans les meilleures conditions que nous allons remettre le métier sur l’ouvrage. Mais c’est la réalité de la situation qui fait qu’on doit se présenter et on va jouer nos chances à fond. Voilà.

Ce sera à huis-clos, encore quelque chose de particulier...

Oui, à Cergy Pontoise, dans la patinoire fédérale à côté de Paris. On va donc passer la nuit dans le bus ce soir, on va se déplacer là-bas pour jouer demain soir et éventuellement encore mercredi si un match 7 devait avoir lieu. On va abattre le peu de cartes qui nous restent et jouer à fond, on n’a pas le choix.

Il y a eu un relâchement mais vos joueurs auront certainement des envies de révolte. On se trompe?

Bien sûr, je le répète, c’est une opportunité qu’on a, et maintenant, à nous de retrouver de bonnes émotions pour régler tout ça sur la glace.

Durant votre carrière, avez-vous déjà connu un match à huis-clos?

Oui, avec Rouen, alors que j’étais encore joueur, mais pour d’autres raisons qu’une épidémie. Il s'agissait d’un match de Coupe de France et je me souviens que c’était une ambiance particulière. Il est vrai que le hockey est un spectacle et les spectateurs en font partie. Et contrairement à la Suisse où les droits TV permettent au club de plus ou moins rentrer dans leurs frais, le hockey français ne pourra pas survivre si on devait poursuivre les play-off sans recette des spectateurs, à huis clos. A la longue, ce n’est pas viable.

Christian Maillard

Créé: 09.03.2020, 14h16

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