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Sports Jeux olympiques de Londres: la folie sécuritaire

Armée, police, snipers: la capitale britannique est en état de siège. Du jamais-vu depuis la Seconde Guerre mondiale.

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Les risques encourus peuvent-ils dissuader d'aller aux JO?

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Le 6 juillet 2005, Londres obtient les Jeux olympiques de 2012. Le lendemain, quatre bombes explosent dans la capitale anglaise. Des attentats terrifiants qui font 56 morts et 700 blessés. Traumatisée, la Grande-Bretagne ne veut plus rien vivre de comparable. Pour les JO qui s’ouvrent vendredi, un dispositif sécuritaire sidérant a donc été déployé. Une phrase en résume l’ampleur: «L’opération de sécurité est la plus importante et la plus complexe mise sur pied dans le pays depuis la Seconde Guerre mondiale», a souligné Theresa May, ministre de l’Intérieur.

Hélicoptères et navires de guerre

Ainsi, Londres semble en état de siège. On y croise l’armée, des policiers et gardes privés, des snipers, des navires de guerre, des hélicoptères, des avions de chasse, des lance-missiles. Pour pénétrer dans le site olympique, il faut passer par des sortes de checkpoints. Où, selon les termes du Comité olympique, les contrôles sont comparables à ceux d’«un vol international au départ d’un aéroport». En clair: portiques, scanner, fouilles si nécessaire, interdiction d’entrer avec du liquide. Et attente assurée de deux heures environ.

«Le parc olympique est simplement devenu le lieu le plus sûr du monde, à part peut-être le bunker présidentiel américain de Fort Knox», a ironisé Bryony Gordon, éditorialiste du Telegraph. Comparant le site sportif à un «coffre-fort», elle a fustigé une atmosphère «soviétique». Cet apparent délire sécuritaire est-il justifié? Les vies des athlètes, spectateurs et habitants sont-elles menacées? Selon la commission parlementaire britannique des services de renseignement et de la sécurité, la menace existe et aurait potentiellement trois origines: Al-Qaida et ses filiales; des groupes armés opposés à la paix en Irlande du Nord; ou des combats entre groupes ou minorités rivales.

Les autorités assurent cependant que le dispositif a atteint son but: dissuader toute personne d’oser même imaginer pouvoir endeuiller les Jeux. Pourtant, selon un sondage publié la semaine dernière, quatre Britanniques sur dix se disent inquiets à propos de la sécurité des JO.

Couacs et scandales

Un résultat qui s’explique surtout par les innombrables couacs et scandales qui ont éclaté ces derniers temps. Citons l’installation de lance-missiles sur les toits d’une HLM, au grand dam de ses habitants. Et l’incroyable déroute de G4S. La plus grande société de gardiennage privée du monde s’était engagée à pourvoir 10?400 gardes. Elle a dû avouer qu’elle ne serait capable d’en fournir que 4000! 1300 militaires supplémentaires ont dû être mobilisés à la dernière minute. «Mais le monde peut être absolument certain que nous proposerons des JO sûrs», a commenté Jeremy Hunt, secrétaire d’Etat en charge des Jeux.

En attendant, la grogne règne à Londres et les sujets sécuritaires font chaque jour la une des journaux. «Nous voulons que l’attention soit portée sur Usain Bolt, pas sur nous», avait souri Stuart Atha, vice-maréchal de la Royal Air Force. Pour l’instant, c’est raté.

Créé: 23.07.2012, 22h48

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