Samedi 19 octobre 2019 | Dernière mise à jour 04:58

Motocyclisme Aegerter, un homme sous haute tension

Le Bernois fait peine à voir dans le paddock d’Alcañiz. Aux portes de la dépression, il ne sait pas, il ne sait plus, il ne sait rien.

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Les larmes sont proches, on le sent, on le voit. Le regard, généralement joyeux, est éteint. Dominique Aegerter aimerait être à des lieues de ce paddock, même si sa passion pour la course est toujours aussi vive.

Quand on le titille un peu plus en lui demandant s’il n’envisage pas de précipiter sa fin de saison pour se reposer, le ton devient presque agressif. A ses côtés, son manager Oliver Imfeld rigole: «Tu vois, il n’a pas besoin de beaucoup de mots pour dire qu’il aime toujours autant cela.» Il aime la course, oui, mais plus comme il la pratique depuis plusieurs mois: «On a essayé quelque chose ce matin, beaucoup de choses cet après-midi et rien ne change; je n’ai pas la moindre confiance en la roue avant, je n’arrive pas à entrer dans les virages.»

Les chiffres? 28e, à plus de 3 secondes du meilleur chrono provisoire, à 1,5 seconde de son équipier italien Stefano Manzi, ce n’est décidément pas du «Domi» normal: «Je ne sais pas moi-même ce que je dois faire. Je sais en revanche qu’il est beaucoup plus dangereux de rouler dans cet état, à ce niveau, que de rester à la maison. Sept courses de suite sans marquer le moindre point, je suis désormais régulièrement plus lent que mon équipier, que dire de plus?»

Faire un break, essayer autre chose? «Je me prépare toujours autant, je suis encore focalisé à 100% sur mon métier, je suis gonflé à bloc quand j’arrive sur un circuit. Le problème, c’est qu’après trois ou quatre tours, je constate que ça ne va pas mieux. Piloter quand on n’arrive plus à chercher la limite, ce n’est pas piloter; voir des gars qui n’ont pas la moitié de mes capacités et qui me tournent autour, ça fait mal.»

Que faire, demain? La priorité reste toujours la même: rester en Moto2, mais pas à n’importe quel prix. «Nous travaillons sur trois échelons différents, le présent en Moto2, la suite de la carrière de Domi, mais aussi sa vie future», précise son manager. En superbike, en supersport? «Ils veulent aussi de l’argent. Par moments, je me demande si le mieux ne serait pas de rester à la maison, de faire un peu de motocross pour retrouver le plaisir», souffle Aegerter.


TOM ET LA PANNE MYSTÉRIEUSE

Pas vraiment souriant, Thomas Lüthi, qui n’a pas pu finir la seconde séance d’essais libres du jour: «Je ne sais pas encore ce qui s’est passé, visiblement un problème électronique, le moteur s’est arrêté.»

A Misano, Lüthi a connu un souci en rétrogradant d’une vitesse, même problème? «J’ai d’abord cru à un mauvais fonctionnement du shifter, mais c’est autre chose», ajoute Tom.

Les responsables d’Externpro, l’entreprise qui entretient les moteurs Triumph qui équipent dorénavant les Moto2, sont rapidement venus dans le stand du team allemand: «J’ai progressé cet après-midi par rapport à ce matin, mais pas assez, j’attendais plus. Visiblement, la piste était un peu plus lente, mais l’écart avec Fernandez et Marini est définitivement trop important.»


RAFFIN, UN RETOUR SÉDUISANT

Jesko Raffin est tout sourire: «C’est beau de se retrouver en Moto2!» Le Zurichois, qui remplace en Aragon l’Allemand Marcel Schrötter (blessé à Misano) aux côtés de Tom Lüthi, a bien entamé son week-end, avec le 19e chrono: «Cela fait cinq mois que je n’avais plus roulé dans la catégorie, une année et demie depuis la dernière fois où j’étais monté sur une Kalex, je découvre des pneus nouveaux – les fameuses gommes plus larges, amenées par Dunlop à Jerez de la Frontera, en mai -, en tenant compte de tout cela, je peux me montrer satisfait. Je découvre aussi une nouvelle équipe technique, qui fait un sacré boulot.»


MARQUEZ FRAPPE D’ENTRÉE

Son propre record absolu approché de deux dixièmes dès la première séance d’essais libres – son plus proche poursuivant était alors pointé à 1,617 seconde! – une chute (photo) sans conséquence dans l’après-midi: Marc Marquez a d’entrée de jeu marqué son territoire, pour ce qui sera son 200e départ en GP. Commentaire? «Ce matin, on a très bien commencé; cet après-midi, on n’a pas été si mal.» Si c’est lui qui le dit...

Créé: 21.09.2019, 09h24

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