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Motocyclisme Chaos à Silverstone: de qui se moque-t-on?

Malgré l'installation d'un nouveau revêtement, le circuit anglais est celui de tous les dangers dès qu'il pleut. Le GP de Grande-Bretagne aura-t-il lieu?

Notre journaliste spécialisé Jean-Claude Schertenleib vous dit tout sur la MotoGP.

Notre journaliste spécialisé Jean-Claude Schertenleib vous dit tout sur la MotoGP. Image: LeMatin.ch

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La Grande-Bretagne est le berceau des sports mécaniques. Le circuit de Silverstone, l’une de ses plus glorieuses maternités. Ici, tout respire «racing», le lieu, les bâtiments, l’ambiance, la passion des supporters. Même les odeurs.

Pourtant, depuis des années, le circuit a connu des crises importantes, parce que la course coûte toujours plus cher. Parce que «s’offrir» un GP de F1 est désormais impossible pour une pourtant noble association. Parce que les temps ont changé et que les exigences des promoteurs, mais aussi celles des équipes et des pilotes, sont toujours plus importantes.

Les besoins des pilotes de deux roues sont différents de ceux des pilotes automobiles. On prendra pour exemple le plus connu de tous: les rails dits de sécurité, qui retiennent les voitures en perdition, mais qui se transforment en bascules à Charlot pour les motards.

L’autre problème traditionnel de cette cohabitation nécessaire – il faut faire tourner, financièrement parlant, les circuits, donc il faut y organiser un maximum d’événements -, ce sont les différences de points de freinage sur deux et sur quatre roues. Marc Marquez, après son test en F1 au Red Bull Ring et à la veille des essais du GP d’Autriche, il y a deux semaines, l’avait rappelé: «Il faudra que je reste concentré au premier tour, parce que si je freine avec ma Honda MotoGP au même repère qu’avec la Toro Rosso de F1, on risque de me retrouver en orbite.»

Les monoplaces freinant beaucoup plus tard que les véhicules à deux roues, les pressions répétées sur l’asphalte, particulièrement lorsqu’il fait très chaud et que l’asphalte devient plus mou, provoquent des vagues qui deviennent autant de pièges lorsque les motards les affrontent, eux qui entament au même endroit leur virage. Cela a toujours été le cas à Silverstone et après les soucis rencontrés ces dernières années, il avait été exigé que quelque chose soit fait.

Et quelque chose a été réalisé: un tout nouveau revêtement a été posé ce printemps, 5,5 millions ont été investis pour un résultat catastrophique: «Nous ne sommes pas des spécialistes, mais j’ai de la peine à comprendre comment, lorsqu’on refait complètement une surface, on accentue le problème qu’on devait résoudre», souffle Andrea Dovizioso.

Pire, le drainage nécessaire a été bâclé et à quelques endroits, dès qu’il pleut beaucoup – ce qui est une situation tout à fait normale dans ce magnifique pays -, des cuvettes, «un véritable lac» selon les propos de Jorge Lorenzo, se forment. Une moto lancée à près de 300 km/h qui arrive à cet endroit est un engin hors de contrôle, même pour les plus habiles pilotes du monde.

Où le bât blesse, c’est que dès le week-end du GP de Grande-Bretagne de F1, les pilotes s’étaient plaints des nombreuses bosses; la semaine suivante, en marge du GP d’Allemagne MotoGP, Marquez, Rossi et consorts s’étaient exprimés: «Nous n’osons pas imaginer ce qui nous attend. Si nos collègues de la F1 ont connu des soucis, pensez ce que nous allons vivre!»

Pire: le nouveau signal très inquiétant apporté le week-end dernier lors des 6 Heures de Silverstone comptant pour le championnat du monde d’endurance – disqualification des deux Toyota victorieuses, déclarées non conformes après la course parce qu’à force de taper sur les bosses et les vibreurs, les sabots qui doivent assurer une garde au sol minimale se sont usés – n’a pas eu plus d’effet. Et on en est ainsi arrivé à l’imbroglio du jour, pour lequel Esteve «Tito» Rabat a payé le prix fort.

Les autres ont eu beaucoup de chance. Alex Rins qui décide de sauter en marche. Jorge Lorenzo, aussi: «De loin, j’ai vu qu’il y avait beaucoup d’eau, j’ai immédiatement tenté de ralentir ma moto, mais il était impossible de l’arrêter. Par chance, j’ai évité la chute dans le bac à sable et j’ai surtout réussi à sauver la situation avant que je ne me fracasse dans le mur. Autant vous dire que ce soir, nous sommes tous fâchés; s’il pleut dimanche, cela sera un problème très important en terme de sécurité et nous devrons, le plus sereinement possible, prendre la meilleure décision pour tous.»

Le GP de Grande-Bretagne MotoGP a donc été reprogrammé à 11 h 30, heure de Silverstone. 12 h 30 chez nous. Pas sûr pour autant qu’il ait lieu, si l’on se réfère aux prévisions unanimes – c’est rare – des différents sites spécialisés dans la météorologie.

Créé: 26.08.2018, 07h42

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