Dimanche 8 décembre 2019 | Dernière mise à jour 21:13

Motocyclisme Le jour le plus fou de Valentino Rossi

Il a les épaules assez larges pour supporter beaucoup de choses, mais ce dimanche, la star de la moto a encore bluffé énormément de monde.

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Ne jamais réveiller l’animal qui se cache en nous tous... Dans la semaine, certains avaient émis des doutes sur la fraîcheur d’esprit actuelle de Valentino Rossi; ils se demandaient, les censeurs pas trop sensés, si le poids des ans ne devenait pas un handicap pour lui. Si, bon sang, la nouvelle vague n’allait pas finir par l’emporter, ce qui serait ma foi normal.

La réponse, Rossi l’a apportée ce dimanche en plusieurs actes, sous différentes casquettes. Valentino Rossi le consolateur, d’abord, qui attend l’un de ses protégés, Marco Bezzecchi, qui vient de perdre ses ultimes chances d’être champion du monde Moto3. Puis, le voilà grand-frère, fier de ce jeune homme né du sein de la mère de «Vale», Luca Marini, que tant de spécialistes avaient raillé à ses débuts: «Bien sûr, quand on est le frangin de..., c’est facile de trouver une place en GP.» Mais voilà que Luca, décomplexé quand il s’est retrouvé en Moto2, n’a cessé de progresser. Jusqu’à cette première victoire.

Mais ce n’était pas fini, nouveau changement de peau, le voilà à nouveau directeur d’académie, cette fois pour un moment historique: douze mois après le sacre d’un premier de ses poulains (Franco Morbidelli), voici que Francesco Bagnaia offre à VR46 un deuxième titre mondial de suite. Pas le dernier. Ni le dernier titre, ni le dernier costume pour Rossi, qui enfile maintenant celui qu’il préfère, tout en cuir bleu nuit; homme d’affaires et formateur, il est toujours pilote.

Et sa démonstration sera superbe, malheureusement inachevée. Peu importe, finalement: Valentino Rossi, 40 ans le 16 février prochain, est toujours un très jeune homme lorsque sa Yamaha fonctionne comme il l’entend.


MARQUEZ L’AVOUE: «NOUS ÉTIONS À LA LIMITE»

La chute de Valentino Rossi. Vidéo: YouTube.

A trois tours de la fin, alors qu’on espérait vivre un nouveau duel au sommet entre les frères ennemis des GP, Valentino Rossi et Marc Marquez, le premier nommé a commis une faute: «Nous étions tous les deux à la limite, avoue le champion du monde. Vous me connaissez, mon but, c’était bien sûr de revenir sur lui et de tenter de l’attaquer dans le dernier tour. Nous roulions alors sur un rythme très élevé en regard des conditions de la piste. Nous étions tous les deux sur le fil.»

C’est Marquez qui s’en est le mieux sorti. Mais l’avertissement est sérieux pour le champion du monde: après s’être battu une grande partie de la saison contre les Ducati de Dovizioso et Lorenzo, voici que les Yamaha ont retrouvé une grande partie de leurs possibilités. Et les Suzuki – Rins termine deuxième en signant le meilleur tour en course – continuent de progresser. «Nous sommes champions du monde, mais nous ne devrons pas nous endormir cet hiver», prévient Marquez.


LÜTHI ET LE CHAT NOIR DE LA SEIZIÈME PLACE

Et de cinq! Pas cinq points, mais cela fait désormais cinq fois en 17 courses MotoGP que Thomas Lüthi termine à la seizième place, la première qui ne rapporte rien, si ce n’est la considération des techniciens qui sont les mieux à même de juger, de jauger, une performance en regard de la qualité de la concurrence. A 902 millièmes d’Abraham au Qatar, à 3,274 de Nakagami au Mans, à 4,514 de l’Aprilia officielle d’Aleix Espargaró à Brno, à 4,012 de Siméon à Phillip Island, Tom termine cette fois à 2,145 de la KTM d’usine de Bradley Smith.

Thomas Lüthi en course à Sepang. Image: Keystone.

«Après quelques hésitations dans les deux premiers tours, j’ai roulé sur un rythme intéressant, pas loin de celui de mon équipier Morbidelli, analysait Lüthi. En fin de course, ça s’est gâté: j’étais revenu dans le sillage de Smith lorsque le grip arrière m’a posé de plus en plus de problèmes. Ce fut une course chaude – ndlr: comme Morbidelli en Thaïlande, Tom a particulièrement souffert... des pieds, surchauffés par le moteur de la Honda! – et il est clair que ma chute de samedi (highside à 150 km/h) ne m’a pas aidé. Maintenant, retour à la maison, des soins avec mon physio, avant de reprendre la route vers Valence, pour la dernière course. Puis, ce sera le début d’une nouvelle aventure.»

Ce retour à la classe Moto2, Tom le prépare d’ores et déjà. L’autre jour, on l’a surpris en grande conversation avec Alex Baumgartel, le patron de Kalex, qui lui a fait entendre le bruit magique du moteur Triumph 3 cylindres qui équipera dès l’an prochain les Moto2.


DEUX POINTS POUR DOMINIQUE AEGERTER, RIEN DE PLUS

«J’ai encore une touche ou deux pour la MotoE, mais je pense que je ne serai plus dans ce paddock l’an prochain»: après l’éclaircie de Phillip Isand, Dominique Aegerter s’est à nouveau retrouvé dans le gros du peloton, terminant 14 e de cette course (Raffin 19e ). Deux points, rien de plus pour un garçon dont l’avenir (2019) devrait s’écrire en mondial supersport, dans le cadre du championnat SBK.

Créé: 06.11.2018, 11h26

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