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Motocyclisme Thomas Lüthi: un baptême pour l'histoire

Dimanche 28 janvier, 10 h 32 en Malaisie (3 h 32 chez nous): moment historique pour le Bernois, qui a fêté ses débuts en MotoGP. À découvrir en images et en vidéo.

3 questions à Tom Lüthi

- Tom, vous avez bien dormi samedi soir?

Je suis arrivé en Malaisie deux jours plus tôt, le décalage horaire était donc digéré. En revanche, c’est vrai que j’étais excité. Il y a tellement longtemps que j’attendais cet instant.

- Vous l’avez vécu comment?

D’abord, il ne peut qu’y avoir une grimace quand on découvre la piste détrempée. Recevoir son baptême du MotoGP sous la pluie, ce n’est pas évident. Ensuite, j’y suis allé en essayant chaque fois de comprendre un peu mieux. Pour moi, cette semaine, les chronos ne veulent rien dire.

- Le plus difficile?

Tout! La puissance, bien sûr, mais surtout les aides électroniques et les pneumatiques. De l’extérieur, on se dit qu’une si grosse machine doit être lourde à manier, eh bien, c’est tout le contraire, la Honda MotoGP est agile, notamment parce que le pneu avant permet des choses étonnantes. Mais il faut l’apprendre, le comprendre. C’est ce qui avait le plus impressionné mon équipier Franco Morbidelli lors de ses premiers tours de roues, à Valence; et je ne peux que confirmer. / J.-C.S.

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La météo le prévoyait. Enfin, ici, elle le prévoit chaque jour ou presque. En automne, date habituelle du GP de Malaisie, le ciel se noircit et l’averse débarque au cœur de l’après-midi; à cette époque, la douche quotidienne survient plutôt aux premières heures du jour.

Et comme le nouveau revêtement posé il y a deux ans a de la peine à sécher, il faut savoir, ensuite, patience garder. Même quand on vit un moment important, celui où un rêve de gosse va devenir réalité, celui que font tous les pilotes: se retrouver, un jour, à partager la piste avec les plus grandes stars, au guidon des plus efficaces motos du monde.

La longue attente

Ce jour, il commence pour Thomas Lüthi, après une (très) longue période de repos forcé passée à se soigner des conséquences d’une chute survenue ici même, en octobre dernier: «J’ai tellement attendu avant d’enfin pouvoir enfourcher cette moto. Et partir…» À 10 heures, la sirène a sonné, ouvrant officiellement la saison 2018.

Lüthi est venu sur le muret de signalisation, il a regardé la piste, encore détrempée. Ce n’est que le début d’un long va-et-vient, où le pilote et son chef technicien, Gilles Bigot, se croisent; Tom pour se rendre compte de ses yeux, son «boss» muni d’un lecteur électronique de la température de l’asphalte. Qui monte, bien sûr.

Avec sagesse

10h30, on a sorti la jolie moto bleue flanquée de son numéro 12. Les mécaniciens ont enveloppé les pneus (pluie, bien sûr) de leurs couvertures chauffantes. Achim Kariger, au service de Tom depuis 2010, s’est avancé de quelques mètres dans le couloir des stands.

10h32, la Honda s’est mise en mouvement (voir vidéo ci-dessous); Achim était là, qui a souri, qui a applaudi le premier «run» de Lüthi en MotoGP: «J’ai bien sûr essayé de profiter le plus et le mieux possible de cet instant, avouera Tom dans la soirée. Mais très vite, il a fallu oublier l’euphorie et se mettre au travail. Et du boulot, il y en a et il va y en avoir ces prochaines semaines.»

Viédo: YouTube/Team EG00 Marc VDS

C’est le début d’une longue journée: 58 tours et un monde nouveau à découvrir. Un monde que ses collègues «débutants en MotoGP», Franco Morbidelli, Takaaki Nakagami et Xavier Siméon, ont appréhendé en novembre dernier, à Valence. Quand Lüthi, convalescent, devait encore se contenter d’observer tout cela du bord de la piste.

Écart diminué de moitié

«Pas possible de tout comprendre en un seul jour, a admis le pilote bernois. Nous avons volontairement débuté avec sagesse, car elle est parfois très bonne conseillère. Puis on y est allé step-by-step, sans vouloir essayer de passer deux marches en une seule fois, sans s’intéresser aux chronos des autres, juste pour apprendre. Après tant d’années passées en Moto2, je dois oublier mes repères, certaines lignes, les points de freinage. Alors oui, c’est un immense chantier, mais c’est tellement excitant.»

Devant les caméras officielles de Dorna, Tom a encore pris le temps d’envoyer un message de félicitations à Roger Federer… alors que la finale de Melbourne n’était pas terminée: «Je ne prends pas de risques, je sais, je sens qu’il va gagner.» Lui, pour le moment, espère juste comprendre le plus rapidement possible ce qui l’attend en 2018.

Et ça semble plutôt bien parti: en 24 heures, l'écart qui le sépare du meilleur temps du jour a passé de 4''3 à 2''4 secondes.

Créé: 29.01.2018, 14h49

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