Dimanche 21 juillet 2019 | Dernière mise à jour 23:28

Motocyclisme Tom, le shérif d'Austin

En remportant le GP des Amériques Moto2, Thomas Lüthi (Moto2) s’est encore rappelé à tous ceux qui doutaient du bien-fondé de son retour dans la catégorie.

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Un fer à cheval doré, qui entoure une étoile de shérif. Au centre d’icelle, un numéro 1. Son plus beau trophée? Assurément l’un des plus importants: «Il m’est difficile d’établir une hiérarchie dans mes victoires en GP, car elles sont toutes importantes. Elles ont toutes eu une signification particulière à un moment donné de ma carrière. Celle-ci, bien sûr, est très importante, surtout parce qu’elle répond définitivement à ceux qui ont douté après mon année en MotoGP. Personnellement, j’ai toujours su que j’étais encore capable de gagner et dès le mois de novembre dernier, lors des premiers tests avec cette nouvelle moto et dans cette nouvelle équipe, j’ai immédiatement compris qu’il y avait autour de moi l’environnement idéal, techniquement, mais aussi psychologiquement parlant. Cela m’a motivé encore plus pour m’entraîner cet hiver. Et ça paie. Ce doublé avec Marcel Schrötter le prouve.» Le championnat? «C’est très tôt, bien sûr, mais après le zéro d’Argentine, je savais que je devais absolument finir. Alors oui, quand j’ai passé sous le drapeau à damier, il y a eu beaucoup d’émotions. Ce soir, la fête sera belle, car notre team est beau, on va profiter de ce moment. Et dès demain, on se concentrera sur la préparation de la saison européenne.» Ainsi parle le shérif d’Austin, matricule Moto2.


SCHRÖTTER-LÜTHI, LE COUPLE IDÉAL?

Battre son équipier, telle est la première mission d’un pilote, qu’il s’exprime sur deux ou quatre roues (voire trois). Au Qatar et aux Etats-Unis, Tom a battu Marcel Schrötter; en Argentine, l’Allemand était seul à l’arrivée. Comment se passe réellement cette cohabitation au plus haut niveau, le team Dynavolt Intact GP de Jürgen Lingg ayant confirmé, en trois courses, qu’il était désormais la valeur référence de la catégorie? «Depuis le début du week-end, je savais que j’avais un bon rythme. Mais Marcel était plus rapide que moi. C’est une réelle pression, qui m’oblige à travailler toujours plus: après le warm-up de ce matin, nous avons encore modifié de petites choses et dès le tour d’entrée en piste, j’ai su que je pourrais me battre pour la victoire, même si je pensais que Marcel s’échapperait dans les premiers tours.» L’Allemand, lui était mitigé, conscient qu’il avait été le plus rapide pendant tout le week-end. Mais il a été battu: «Tom est incroyablement fort en course. Je le savais et je le constate désormais en étant aux premières loges. Chaque jour, on apprend quelque chose de l’autre et c’est certainement ce qui explique le niveau sur lequel nous évoluons.» Au championnat, les deux hommes se retrouvent à, respectivement 3 (Schrötter) et 5 (Tom) points du leader Baldassari. Il reste 16 GP au programme!


«NEUF TOURS DEVANT, C’EST LONG...»

Tom Lüthi a pris le commandement juste avant la mi-course: «Avec Alex Marquez, ce fut très rock and roll, on s’est touchés à plusieurs reprises, parce qu’il défendait son bien. Il savait qu’au moment où je passerais, je m’échapperais. C’est ce qui s’est passé. Mais neuf tours devant, c’est long. J’ai pu commencer à m’amuser un peu plus, parce que j’étais seul, mais il y a aussi eu quelques frayeurs, parce que ce circuit est ainsi. Quand on pilote une moto à la limite, eh bien, on est à la limite! C’est peut-être banal, mais c’est ainsi.»


AEGERTER, UN 200E POUR L’HISTOIRE

La petite cérémonie programmée samedi soir, pour célébrer le 200e départ en GP de Dominique Aegerter, avait été renvoyé: «Parce que je n’ai aucune envie de me prêter au jeu du sourire de circonstance», expliquait alors Domi. Et pour cause: un problème technique insoluble l’avait tellement handicapé lors de la première phase des qualifications, qu’il allait se retrouver sur la dernière ligne de la grille de départ: «Ce n’est pas de la faute de Mauro Noccioli, mon chef technicien, qui ne peut pas tout faire lui-même», grognait alors le No 77. Rendez-vous a été pris dans la matinée, sous le soleil revenu. 29e sur la grille, 14e à l’arrivée, Aegerter a écrit un moment d’histoire: pour la première fois depuis le 29 août 1976 – le légendaire Giacomo Agostini, vainqueur du GP d’Allemagne 500 sur le vieux circuit du Nürburgring -, le nom de MV-Agusta figure à nouveau au palmarès des GP. Deux premiers points pour un défi qui n’a rien de simple.


JESKO RAFFIN, CHÔMEUR...

«En cet instant, je suis à nouveau chômeur»: le Zurichois Jesko Raffin, qui a remplacé lors des trois premiers GP de la saison 2019 le Sud-Africain Steven Odendaal au guidon de la NTS, n’a pas, cette fois, marqué de points: «Quand on est deux fois 17e lors des séances d’essais libres, dans le top 15 au warm-up, on peut logiquement espérer concrétiser en course. Malheureusement, je manquais cruellement de vitesse en ligne droite. Normalement, Steven sera de retour à Jerez», ajoute Jesko. Qui espère néanmoins que d’autres opportunités se présentent ces prochaines semaines...


COUP DE CHAPEAU À RINS ET À SUZUKI

Seul Marc Marquez pouvant battre Marc Marquez, le champion du monde a commis la gaffe alors qu’il évoluait déjà sur sa planète COTA, là où il était invaincu depuis six ans. Course MotoGP totalement relancée: «Quand j’ai vu Marquez par terre, je me suis dit, c’est peut-être pour moi. J’attends cela depuis si longtemps, mais Alex Rins était beaucoup trop fort aujourd’hui», dira Valentino Rossi. Dont le vainqueur – premier succès en MotoGP – rêve les yeux grand ouverts: «Vous vous rendez compte, j’ai battu Valentino, celui qui a toujours été mon héros. C’est incroyable.» Incroyable, mais vrai. Attention à lui, à sa Suzuki et à son pilotage d’une grande finesse pour la suite du championnat.

Créé: 15.04.2019, 09h23

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