Dimanche 21 janvier 2018 | Dernière mise à jour 23:21

Ski alpin Pourquoi l'expérience a plus d'importance à Wengen

Pour s’attirer les faveurs du Lauberhorn, l’expérience est décisive. Aujourd’hui encore (dès 12 h 30), les habitués seront au premier rang des courtisans.

103 ANS

Comme l’âge cumulé des lauréats du dernier podium en descente à Wengen. Aksel Lund Svindal (33 ans), Hannes Reichelt (35 ans) et Klaus Kröll (35 ans), dans l’ordre, s’étaient partagés le gâteau en 2016. Expérience, quand tu nous tiens.

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L’ homme incarne un paradigme: Hannes Reichelt. L’Autrichien reste sur cinq podiums consécutifs (!) lors de la descente du Lauberhorn et pourrait aujourd’hui devenir le plus vieux vainqueur de l’histoire de la Coupe du monde à 37 ans et 192 jours – reléguant aux oubliettes le record établi par Didier Cuche à Garmisch-Partenkirchen en 2012 (37 ans et 165 jours).

Oui, Wengen sourit à l’expérience. Au cours de la décennie écoulée, il n’y a guère que Carlo Janka qui soit parvenu à distiller sa science infuse sur le Lauberhorn. Mais le Grison, champion précoce s’il en est – il avait à peu près tout gagné à 23 ans – reste une exception. À croire qu’il était tombé dans la marmite du Hundschopf (huit podiums malgré ses blessures récurrentes).

«Un équilibre très subtil»

Le Lauberhorn est ainsi fait qu’il ne s’offre pas au premier venu. «L’apprentissage, particulièrement ici, à Wengen, où la piste est extrêmement longue, consiste à savoir doser ses efforts, explique Beat Feuz, favori No 1 aujourd’hui. Entre les parties techniques et les longues courbes, il s’agit de foncer aux bons moments, puis de laisser filer à d’autres. Ça ne s’apprend pas du jour au lendemain.»

L’avertissement a d’autant plus de valeur qu’il provient sans doute du descendeur le plus naturellement doué. De celui qui a le moins besoin d’entraînements pour être performant.

«Personnellement, j’ai pas mal galéré lors de mes débuts sur le Lauberhorn, confie Aksel Lund Svindal. C’est une piste où il faut vraiment gérer les temps forts et les temps faibles. Sur deux minutes trente de course, il faut apprendre à affiner ses velléités sans jamais baisser la garde. C’est un équilibre très subtil, car en vouloir trop n’a jamais rien apporté ici.» Ce n’est qu’en 2016, à 33 ans et lors de sa dixième tentative, que le champion norvégien a apprivoisé sa promise.

Patience et de persévérance

L’image n’est pas anodine. Séduire le Lauberhorn relève de l’amour courtois. Tout est question de patience et de persévérance. Ne pas brusquer la piste, rester à l’affût de ses désirs, inébranlable de fidélité, pour espérer un jour obtenir sa main. Didier Cuche – pour ne citer que lui – n’a jamais trouvé les mots juste en treize participations. Trois deuxièmes places comme autant de désillusions cruelles, d’amours frustrées.

«Ici, aucun virage ne ressemble à un autre, décrit Hannes Reichelt avec un brin de mysticisme dans la voix. Oui, je pense qu’il faut du temps pour saisir l’esprit de cette piste. Moi, je l’ai toujours adorée, et elle aussi. Je suis ravi que notre amour soit réciproque, mais je ne saurais pas trop dire pourquoi.»

Aveugle, comme la justice. Le Lauberhorn choisit les élus de son cœur pour ne plus les lâcher. N’allez pas chercher midi à quatorze heures, l’amour a ses raisons que la raison ne connaît pas. (Le Matin)

Créé: 13.01.2018, 10h09


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