Vendredi 14 décembre 2018 | Dernière mise à jour 18:58

Ski alpin Gilles Roulin, la tête et les jambes à la perfection

Révélation de la descente de Val Gardena, le Zurichois Gilles Roulin mène de front compétition de haut niveau et études de droit. Un perfectionniste qui sera très attendu à Bormio jeudi.

Gilles Roulin mène de front compétition de haut niveau et études de droit.

Gilles Roulin mène de front compétition de haut niveau et études de droit. Image: Keystone

Gilles Roulin

Naissance

Le 14 mai 1994, à Grüningen (ZH)

Taille/poids

1,83 m/85 kg

Principaux résultats

20162017: vainqueur du général de la Coupe d’Europe, ainsi que des classements de la descente et du super-G

2017-2018: 4e de la descente de Val Gardena (ITA)

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Malgré son nom, Gilles Roulin (23 ans) n’est pas francophone. C’est son grand-père, fribourgeois, qui a émigré à Zurich et Gilles Roulin a appris la langue de Molière à l’école dans son village de Grüningen.

Inconnu du grand public avant le début de la saison, Roulin a sidéré tout le monde en décrochant, début décembre, avec son dossard 32, la quatrième place de la descente de Val Gardena, l’une des plus difficiles de la Coupe du monde. Une performance, synonyme d’accession aux JO, qui ne doit rien au hasard.

Tous ceux qui connaissent Gilles Roulin le décrivent comme un perfectionniste absolu, très intelligent, qui parvient à mener de front ses études de droit. Un cas très rare dans le ski de ce niveau. On le compare déjà à un certain Bernhard Russi pour l’élégance de son style, sa science de la course.

Rendez-vous jeudi à Bormio, sur une autre piste très technique, qui devrait lui convenir.


Petit, il n'aimait pas le ski

Les parents de Gilles Roulin possèdent un chalet à Valbella, dans les Grisons. Petit, le futur champion préférait le snowboard au ski qu’il trouvait ennuyeux. Mais le hasard a tout changé. Gilles avait 9 ans et ses parents s’étaient inscrits avec lui à une journée de ski guidée par Bruno Kernen, le champion du monde de descente de 1997.

Il faisait si mauvais ce jour-là que tous les membres du groupe avaient préféré rester au restaurant, sauf Gilles qui s’était retrouvé seul avec Bruno. Le lendemain, sur les conseils de la star, Gilles s’inscrivait au skiclub Valbella.

Quatorze ans plus tard, Kernen lui sert toujours de conseiller. Autre tournant dans la carrière de Gilles Roulin, révélateur de son caractère indépendant: à 15 ans, il avait choisi luimême de poursuivre ses études au gymnase pour skieurs de Stans, en Autriche, plutôt qu’à ceux d’Engelberg ou de Davos, comme les jeunes espoirs de sa région.

«Je voulais découvrir un autre pays, une autre mentalité, j’étais curieux», racontait-il récemment.


Une ascension bien gérée

La saison dernière, Gilles Roulin s’est adjugé le classement général de la Coupe d’Europe. Spécialiste de la vitesse, il a remporté sept victoires, une en combiné, deux en super-G et surtout quatre en descente. La première, c’était à Kitzbühel, une semaine avant la grande classique de Coupe du monde. «Il n’y avait pas des dizaines des milliers de spectateurs, mais c’était la Streif, quelque chose de très spécial.»

Avant son récent coup d’éclat de Val Gardena, il avait signé ses débuts en Coupe du monde en fin de saison dernière, avec une douzième place au super-G de Kvitfjell, en Norvège. L’équipe A, il l’a intégrée cet été, lors de la préparation de la nouvelle saison.

«Les Feuz, les Küng, je les ai longtemps regardés à la télé et soudain j’étais avec eux. Je n’aurais pas imaginé que ça arrive un jour. Mais j’ai été très bien accepté», glissait-il récemment au Zürcher Oberländer. A

Aujourd’hui, Gilles Roulin veut poursuivre son ascension avec la détermination qui l’anime. «Mon prochain pas, c’est de m’établir dans les 30 meilleurs en descente. Dans la vie, je me fixe toujours de nouveaux objectifs et mes attentes sont très élevées.»


Perfectionniste absolu

Entraîneur de Gilles Roulin en Coupe d’Europe la saison dernière, le Valaisan Bertrand Dubuis a été impressionné par son perfectionnisme. «Chez lui, tout est calculé, jusqu’au moindre détail.»

S’il est souvent très en retrait lors des entraînements de descente, ce n’est pas un hasard. «Gilles se sert des entraînements pour étudier longuement chaque bosse, chaque virage. Il a de telles capacités intellectuelles qu’il peut se servir de ces données en course.»

«La course, c’est autre chose», confirme Gilles Roulin. Et son ex-entraîneur de poursuivre: «Très assidu, il travaille plus que les autres. Parfois, il m’est arrivé de lui dire. «Mais calme-toi, Gilles, récupère!» Il fait aussi très attention à ce qu’il mange.»

Jugeant souvent médiocre la qualité de la viande, Gilles Roulin est devenu végétarien. «Cet été, raconte Dubuis, je suis allé deux fois chez lui pour vérifier sa condition physique. Le programme avait été respecté à la lettre. J’ai connu des coureurs plus talentueux, mais pas d’aussi perfectionnistes.»


Les études même sur le circuit

Soudainement débarqué sous les projecteurs à Val Gardena, Gilles Roulin a décidé, pendant quelque temps, de ne plus accepter de sollicitations pour privilégier ses études: en janvier, en plus des courses, il devra passer deux examens de droit. Il en est à son sixième semestre. Il est l’un des seuls skieurs de ce niveau à poursuivre parallèlement des études universitaires. Ce qui l’oblige à gérer son temps de manière optimale.

Sur le circuit, il profite de chaque moment de libre pour bûcher: après le repas de midi quand les autres font la sieste, en fin d’après-midi après les entraînements.

«Généralement, à 21 h, il part au lit et éteint tout. Son programme est planifié à la minute», relève Bertrand Dubuis. Même parvenu au top aujourd’hui, Gilles Roulin exclut de mettre ses études entre parenthèses.

«Je considère comme un privilège de pouvoir mener de front ces deux activités. En ski, tout peut s’arrêter du jour au lendemain à cause d’une blessure. Mes études m’apportent de la sécurité et de l’équilibre.»

(Le Matin)

Créé: 27.12.2017, 15h42

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