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Ski alpin Le planter du bâton: épisode 1

Tout au long de l’hiver, notre envoyé spécial vous emmène dans les coulisses du Cirque blanc.

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Puisque l’hiver ne devrait plus tarder à se faire attendre, il parait même qu’il devrait commencer par finir par débarquer, sonne donc l’heure de votre premier épisode du «Planter du bâton».

Ici, pas question d’analyser une de ces fameuses «faute sur le ski intérieur», encore moins de débattre sur l’agressivité prétendue de ces pauvres flocons de neige qui se sont contentés de faire leur boulot en tombant du ciel – il s’agira plutôt de flâner au gré des turpitudes existentielles, entre les réveils aux aurores et les après-ski au Jägermeister, pour vous livrer quelques-uns de ces petites échos qui dansent en chœur comme des cerfs-volants dans le vent pour faire frémir d'un ravissement sincère la grande caisse de résonance du Cirque blanc.

Amis poètes, après cette très longue phrase au rythme malgré tout parfaitement maîtrisé, accrochez vos ceintures, on prend la route direction Sölden.

1. La route de Sölden

C’est le premier roadtrip de l’année direction le trou du fion des Alpes, et assurément pas le dernier. Car le Coupe du monde de ski alpin c’est sans doute l’événement sportif qui a le plus mauvais bilan carbone de la planète. Des milliers d’athlètes, de coaches, de suiveurs, d’officiels, qui démarrent simultanément leur 4x4 Audi pour faire environ, et par tête de pipe, 30 000 km durant l’hiver à travers les neiges immaculées des Alpes: mais puisque les passionnés de ski sont avant tout des grands amoureux de la nature, on va dire que ça passe. Allez, on n’en parle plus, promis.

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2. La route de Sölden (bis)

Généralement, quand vient l’heure de reprendre la route de la Coupe du monde, on est tous hyper content. Ah, enfin, on va revoir les copains du ski, ils nous ont manqué les bougres. Les kilomètres et les paysages défilent plus vite que de raison au rythme de la mélodie du bonheur.

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A ce moment-là, le chemin du retour ne semble encore qu’un lointain présage, une funeste perspective qu’on s’efforce de refouler. Car une fois que le dernier skieur aura franchi la ligne d’arrivée, le joyeux barnum du Cirque blanc se métamorphosera en foire d’empoigne. Cet instant précis où tout le monde, oui TOUT LE MONDE, voudra rentrer en même temps alors qu’il aura commencé à neiger – c’est bien le scénario qui est prévu ce week-end et qui va transformer la descente du glacier du Rettenbach en course poursuite digne de James Bond. Pas vraiment étonnant d’ailleurs que le réalisateur du dernier opus ait décidé d’y tourner une de ses meilleures scènes d’action.

3. Sölden

C’est un village charmant au cœur de l’Ötztal dans le Tyrol autrichien, qui se transforme le temps d’un week-end en capitale de la débauche. Entre les pinces-fesses et les tournées de Jägerbomb, la gent masculine s’y livre le cœur libre à ses plus viles inclinaisons. Une fois, on a vu trois hommes, collées-serrés, se partager une cabine téléphonique en guise de dortoir – une histoire à dormir debout. On y reviendra cette saison, mais le Cirque blanc a un sérieux problème avec l’alcool. De là à penser que le spectacle proposé incite à l’ébriété – «peu importe si on voit un, deux, ou quatre skieurs descendre à la fois, puisque de toute façon on s’en fout, vu qu’on est venu ici en priorité pour picoler» – il y a un pas qu’on ne franchira pas. Pas encore.

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4. Le public du ski alpin

D’habitude, les courses de ski n’attirent pas les foules. Mises à part les étapes autrichiennes et helvétiques, à quelques exceptions près, les épreuves se déroulent généralement dans un anonymat poli. C’est vrai qu’il faut être sacrément motivé. Se lever hyper tôt où sacrifier une blinde dans un hôtel miteux qui a quadruplé ses prix. Se peler le jonc au point de se demander si un jour on retrouvera la sensation rassurante de ses orteils qui bougent au bout de la chaussure.

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Et tout ça pour finalement regarder la course sur un écran géant au bas des pistes, alors qu’on serait mille fois mieux bien calé sous un pled sur le canapé dominical. Alors comment expliquer le succès rencontré par ce sport qu’aucun argument rationnel ne vient à sous-tendre? «Mais ces gens-là sont des passionnés, voyons!» C’est cela, oui: je vous ai déjà parlé des problèmes d’alcool des amateurs de ski alpin? Promis, nous y reviendrons.

5. Les filles et les garçons

Sölden, c’est un rendez-vous tout particulier. Pour une des seules fois de la saison, finales et grands championnats mis à part, les filles et les garçons – on parle des athlètes – se retrouvent réunis dans la même station. Même les skieuses et skieurs qui ne s’alignent pas en slalom géant se déplacent pour l’événement. Forcément, tout ce petit monde crée une jolie effervescence de bonne humeur surjouée façon Mikaela Shiffrin.

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A vrai dire, c’est surtout une grande foire médiatique, où les marques rivalisent d’ingéniosité – et de soirées arrosées, une histoire de public cible paraît-il – pour figurer en bonne place dans les revues spécialisées. Oui, fin octobre, il est grand temps de montrer les skis à la télévision pour que les bons con(sommateur)s que nous sommes n’oublient surtout pas de se procurer la dernière paire de lattes à la mode avant Noël.

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6. Bonus nostalgie

Je vous glisse ici encore – attention exceptionnelle, pour le lecteur qui a pris la peine d’aller au bout de ce premier épisode – cet article réalisé le 19 décembre 2004 par mon confrère et néanmoins ami Christian Maillard. A l’époque, il avait rencontré Fernand Bonnevie du côté de Val d’Isère, le fameux professeur de ski qui martyrisait Michel Blanc dans «Les Bronzé font du ski». On y apprend notamment, plaisir d'offrir, que lui qui ne jurait que par le vin chaud dans le film de la troupe du «Splendid» ne buvait en réalité par la moindre goutte d’alcool. Difficile de croire, dès lors, qu'il ait fait carrière dans le ski.

Créé: 27.12.2018, 10h18

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