Jeudi 23 mai 2019 | Dernière mise à jour 08:30

Ski alpin Le planter du bâton: épisode 2

Tout au long de l’hiver, notre envoyé spécial vous emmène dans les coulisses du Cirque blanc.

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Puisque l’hiver s’est gentiment installé, alors qu’on pensait qu’il n’allait jamais commencer à finir par débarquer, il paraît même que les premiers flocons se sont décidés à tomber, sonne donc l’heure de votre deuxième épisode du «Planter du bâton».

Reminder: ici, pas question d’analyser une de ces fameuses «fautes sur le ski intérieur», encore moins de débattre sur l’agressivité prétendue de ces pauvres flocons de neige qui se sont contentés de faire leur boulot en tombant du ciel – il s’agira plutôt de flâner au gré des turpitudes existentielles, entre les réveils aux aurores et les après-ski au Jägermeister, pour vous livrer quelques-uns de ces petites échos qui dansent en chœur comme des cerfs-volants dans le vent pour faire frémir d'un ravissement sincère la grande caisse de résonance du Cirque blanc.

Amis poètes, après cette très longue phrase au rythme malgré tout parfaitement maîtrisé, attachez vos ceintures, on embarque direction l’Amérique du Nord.


1. Le ski en Amérique du Nord

Vous croyiez que le ski sous nos latitudes était un sport de riches? Ravalez vos préjugés. Il y a un endroit, au moins un dans ce vaste monde, où vous faire rougir le pif (juste le pif, pas le front) pendant vos week-ends hivernaux vous coûtera encore plus cher qu’en Suisse. J’ai bien nommé l’Amérique du Nord. A Beaver Creek par exemple, le forfait journalier tutoie les 160 dollars, soit à peu près le double de hauts le cœur de ce que les prix les plus exorbitants peuvent offrir de par chez nous. Mais à ce prix-là tout est nickel chrome – encore heureux me direz-vous. Les télésièges viendront vous chercher directement devant votre hôtel en vous tendant un gros cookie doublé d’un chocolat chaud coiffé de chantilly pour vous réchauffer en embarquant vers les sommets. Plus besoin de perdre un temps précieux (environ 30 dollars par heure de ski si vous êtes du genre lève-tôt) au petit-déjeuner.


2. Les stations en Amérique du Nord

A Beaver Creek toujours, vu qu’on n’a pas eu les moyens de foutre les pieds à Aspen, c’est une ambiance Disneyland qui accueille le téméraire qui ne demande qu’à alléger son larfeuille. Tout est très joli, hein, mais rien n’est vraiment authentique. Un seul exemple: les ruelles du village des Rocky Montains, coincé entre des chalets pharaoniques en rondins de bois et des palaces à faire pâlir de démesure le strip de Las Vegas, sont chauffées. Oui, le sol est chauffé dans toute la station pour que surtout personne ne se blesse en glissant sur une plaque de verglas: bonjour le bilan carbone, décidément loin d’être «ski alpin friendly». D’autant plus quand on sait qu’une autoroute à six voies, à près de 3000 mètres d’altitude, passe juste à côté. Inspirez profondément: l’air pur de la montagne, ça vous gagne.

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3. Un hôtel digne de Shining

Cette semaine, les skieuses se sont installées dans des lits encore tout chauds du côté de Lake Louise au Canada pour leur première épreuve de vitesse. C’est que les garçons, qui y ont passé une bonne partie de la semaine dernière, viennent de les libérer pour s’envoler direction le Colorado. Pour une fois, le bilan carbone ne s’en plaindra pas: nul besoin de chauffer deux fois les chambres du Fairmont Château Lake Louise.

Cet hôtel, à peu près le seul du coin, est d’ailleurs mythique sur le Cirque blanc. De l’extérieur, il ressemble, de par son isolement aussi bien qu’esthétiquement, à l’Overlook Hotel du terrible film de Stanley Kubrick basé sur le roman éponyme de Stephen King. Ne manque que le labyrinthe devant le manoir. Je sais pas vous, mais moi, je n’aimerais pas tomber sur la chambre 237.

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4. A chacun son coup de pouce

Aksel Lund Svindal et Felix Neureuther se sont cassés le pouce à peu près en même temps. Les deux hommes ont dû se faire opérer dans la foulée.

Mais les skieurs ne sont pas tous égaux devant l’Eternel. Si le premier a pu retrouver la compétition le week-end passé à Lake Louise, le second sera contraint de faire l’impasse sur le slalom géant de Beaver Creek. Pourquoi? Tout simplement parce que les contraintes exercées sur les mains des techniciens ne sont pas les mêmes que celles que subissent les spécialistes de vitesse. Ainsi, Neureuther boxe les piquets, alors que Svindal les contourne. Pas folle la guêpe: un peu de scotch sur le gant (gauche) et le tour est joué.


5. Lara Gut-Behrami va-t-elle faire honneur à son nouveau nom?

On ne va pas se mentir, le début de saison de Lara Gut est plutôt décevant. Il n’y a certes pas encore eu d’épreuves de vitesse, ses disciplines de prédilection, mais on l’attendait mieux placée en slalom géant (14e à Sölden, 19e à Killington), elle qui sortait d’une préparation sans encombre.

Peut-être histoire de marquer définitivement le renouveau qui est censé l’habiter, qu’il s’établisse aussi sur les skis et pas uniquement dans sa sphère privée, la Tessinoise a décidé de changer de nom de scène. Désormais, ce sera Lara Gut-Behrami: c’est officiel, sur le site de la FIS comme dans les communiqués de Swiss-Ski. Elle nous avait pourtant affirmé le contraire il y a à peine quelques semaines de cela.

Reste qu'elle a le droit de changer d'avis. D'ailleurs, les déclics ne tiennent souvent qu'à très peu de choses: un symbole suffit parfois. Ce n'est que lorsqu'elle a renoncé à s'appeler Kildow (7 victoire en Coupe du monde) que Lindsey Vonn (75 succès) a vraiment commencé à dominer son sujet.

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Pas certain que la comparaison tienne la route. On va dire qu'on se rassure comme on peut.

(nxp)

Créé: 29.11.2018, 11h18

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