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Ski alpin Le planter du bâton: épisode 4

Tout au long de l’hiver, notre envoyé spécial vous emmène dans les coulisses du Cirque blanc.

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Puisque l’hiver s’est définitivement installé, y a qu'à jeter un œil au stratus double épaisseur qui plombe nos courtes journées, à faire pâlir de légèreté la crème tout aussi double de la Gruyère, sonne donc l’heure de votre quatrième épisode du «Planter du bâton».

Reminder: ici, pas question d’analyser une de ces fameuses «fautes sur le ski intérieur», encore moins de débattre sur l’agressivité prétendue de ces pauvres flocons de neige qui se sont contentés de faire leur boulot en tombant du ciel – il s’agira plutôt de flâner au gré des turpitudes existentielles, entre les réveils aux aurores et les après-ski au Jägermeister, pour vous livrer quelques-uns de ces petites échos qui dansent en chœur comme des cerfs-volants dans le vent pour faire frémir d'un ravissement sincère la grande caisse de résonance du Cirque blanc.

Amis poètes, après cette très longue phrase au rythme malgré tout parfaitement maîtrisé, attachez vos chaussures, on enfile nos lattes. Entre Noël et Nouvel-An, entre la dinde et le Champomy, y a pas que les footballeurs anglais qui bossent; les skieurs aussi ont dû «faire attention».


1. Une classique glacée

«La Stelvio de Bormio est au ski alpin ce que la Scala de Milan est à l’opéra.» Gian-Franco Kasper, président de la FIS, a l’art de trouver les formules qui font mouche. Oui, au même titre que le palais lombard est emblématique de l’art lyrique, la descente de la Haute-Valteline est un monument du ski alpin.

Depuis la saison passée, la classique de Bormio a retrouvé sa place au calendrier. Un conflit larvé entre les organisateurs de la course et les remontées mécaniques de la station, qui se plaignaient de voir la manne des Fêtes leur filer entre les doigts, avait contraint l'épreuve à se voir délocaliser du côté de Santa Caterina. De l’histoire ancienne: la construction d’un tunnel sous la piste, permettant à une partie du domaine de rester ouvert au public pendant les courses, a classé l’affaire.

On parle donc d'une course mythique, incroyablement difficile, qui lance la saison des incontournables: suivront encore Wengen, Kitzbühel et Garmisch en janvier. «C’est sans doute la piste la plus compliquée de la saison, explique William Besse, deuxième en 1996 à Bormio. C’est bien simple, la Stelvio ne te laisse aucun répit. À Kitzbühel, les trente premières et les trente dernières secondes de course sont impressionnantes; entre deux, tu peux souffler. Alors qu’à Bormio, tu ne peux jamais te relâcher.» D'autant plus que bien calé dans l'ombre, le revêtement prend des allures de patinoire. Et ça ne va pas aller en s’améliorant d'ici vendredi puisque des nuits claires, et donc glaciales, sont annoncées.

D’ailleurs le jeune Marco Odermatt, quintuple champion du monde junior l'année passée et qui découvrait la Stelvio pour la première fois mercredi, en a visiblement bien chié.


2. Misez sur les gros

La Stelvio, encore: pas une piste pour les âmes sensibles, ni pour les gringalets. Là, il faut du cœur et du muscle. «Il faut surtout en avoir deux grosses», comme dirait Didier Défago. D'ailleurs le Morginois s'était imposé en 2011 à Bormio et parlerait donc en connaissance de cause. Il suffit de jeter un œil au palmarès pour remarquer que la Stelvio n'a jamais réussi aux fins techniciens. Besse décrypte: «Déjà, c’est une piste avec peu de parties de glisse. Donc une piste où la qualité du matériel n’est pas prépondérante. C’est vraiment le skieur qui doit faire la différence. Ensuite, en termes d’intensité, je ne connais pas plus violent. Personne n’en sort indemne: les 20 dernières secondes de course, c’est de la souffrance pure.» Donc, misez sur les gros (90 kg minimum) qui en ont des grosses - pour peu qu'ils arrivent en bas.

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3. Attention les vélos

Le nom de Stelvio redirige certainement vos pensées vers des températures plus clémentes. Elles ne s'y trompent pas: c'est aussi le nom du col mythique du Giro, à près de 3000 mètres d'altitude. La route et la piste de ski ont ceci en commun qu'elles arpentent le même massif montagneux. Autre point commun, c'est long et c'est dur. «La plus grande difficulté de cette piste est physique, analyse William Besse. Pour tenir le coup avant l’arrivée alors que tous tes muscles, jusqu’au bout des orteils, sont en feu, il faut accepter de souffrir.» Différence de taille entre le vélo et le ski: dans le cas du second, on se contente de descendre - les skieurs ont encore de la graine à prendre niveau souffrance.

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4. Oslo mon amour

C'est un point de vue tout à fait personnel: Oslo est la ville la plus cool du monde. Tout est beau, tout est sympa, tout est bonnard. Sauf les prix, diront les rabat-joies. Ok, mais en même temps, comme disait ma grand-mère, «le bon marché est toujours trop cher». La qualité a un prix, oui madame.

Pour ceux qui ambitionnent de passer le réveillon de la Saint-Sylvestre dans la capitale norvégienne, donc: ce sera cher mais ce sera bien. D'autant plus qu'un slalom parallèle - mieux connu sous le nom ronflant de «City Event» - aura lieu là-bas le Jour de l'an. Pas hyper bandant de prime abord, j'entends, sauf que l'épreuve aura lieu sur la mythique colline du Holmenkollen. Oui, c'est au pied du célèbre tremplin de saut à skis que ferrailleront les meilleurs techniciens du monde. Difficile de rêver mieux comme cadre. Sauf si, comme l'année passée, le brouillard vient pourrir la partie. Là, c'est moins drôle.


Bonus: Nabilla se met au ski

Vous avez reçu un bon cadeau pour Noël et vous ne savez pas qu'en faire? Ce n'est pas tombé dans l'oreille d'une sourde: Carole Montillet vous propose de personnaliser vos skis. La championne olympique de descente en 2002 à Salt Lake City a lancé son business et a même dégoté une ambassadrice de poids en la personne de Nabilla.

Pour l'occasion, c'étaient des skis «playboy». Logique. Si la mère Montillet avait bricolé des skis «accordéon», Annie Cordy en aurait assuré la promotion. Tout aussi logique. Et pour des skis «qui ne taillent aucune courbe correcte en slalom géant»? Une célèbre championne tessinoise ferait une parfaite ambassadrice.

Créé: 27.12.2018, 13h59


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