Jeudi 27 février 2020 | Dernière mise à jour 20:53

Ski alpin Urs Lehmann: «On veut rendre possible l'impossible!»

Le président de Swiss Ski nage en plein bonheur: son équipe est largement en tête du classement par nations de ski alpin. Lui et son homologue autrichien s'allument bien.

Urs Lehmann: «Nous savions que la direction que nous avions prise était la bonne, que nos décisions tactiques et stratégiques allaient porter leurs fruits.»

Urs Lehmann: «Nous savions que la direction que nous avions prise était la bonne, que nos décisions tactiques et stratégiques allaient porter leurs fruits.» Image: Keystone

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Depuis 1990, l'Autriche règne sur le monde du ski alpin. Trente années durant, l'armada autrichienne a imposé sa supériorité à toutes les autres nations, à commencer par la Suisse, son «ennemie» héréditaire.

Mais les choses prennent une tournure différente cette année. Ainsi, en ce vendredi, après que 53 des 81 épreuves se sont disputées, la Suisse mène largement le bal au classement des nations: avec 6929 points, elle devance l'Autriche (6286) de 643 points. Président de Swiss-Ski, Urs Lehmann est un homme radieux.

Urs Lehmann, si on vous avait dit en octobre dernier que la Suisse aurait plus de 600 points d'avance sur l'Autriche aux deux tiers de la saison, est-ce que vous l'auriez cru?

On n'est jamais sûr de rien en début de saison. Tout peut dépendre de tellement de choses. Mais on avait quelques certitudes: en fonction des entraînements, on savait que nos athlètes s'étaient très bien préparés.

Et à quoi se rend-on compte de cela?

Je vous donne un simple exemple: si on voit qu'à l'entraînement, nos descendeurs sont régulièrement à la hauteur de Beat Feuz - ce qui était le cas -, on peut raisonnablement penser qu'ils seront dans le haut du classement pendant la saison, puisque Feuz est un des meilleurs descendeurs du monde. Nous avions pas mal d'indications comme celle-là qui nous permettaient d'être optimistes. Et puis, nous savions que la direction que nous avions prise était la bonne, que nos décisions tactiques et stratégiques allaient porter leurs fruits.

«Quand on n'a plus qu'une nation devant soi, ça donne des idées»

Au point de compter plus de 600 points d'avance sur l'Autriche à mi-février?

Non, je vous l'avoue, ça n'était pas forcément budgété. L'Autriche a été la plus forte nation de ski pendant trente ans, rien à dire là-dessus. Par contre, on a vu ces deux ou trois dernières saisons qu'on se rapprochait gentiment d'elle. Donc forcément, quand on n'a plus qu'une nation devant soi, ça donne des idées. Je suis surtout content pour les athlètes, qui sont à la hauteur depuis le début de la saison. Pour eux, c'est une belle récompense.

Vous évoquez les athlètes: ont-ils vraiment la tête à ce classement des nations?

Par définition, un skieur ou une skieuse court pour lui, le ski étant un sport individuel. Mais je sens depuis quelques semaines que quelque chose est en train de se passer. Nos athlètes se rendent compte qu'ils permettent à leur pays de devancer l'Autriche, et ça les titille. Beat Feuz m'a dit récemment: «C'est cool qu'on soit en tête. Il faut qu'on y reste, et comme ça, on pourra faire une grande fête tous ensemble à la fin de la saison.» C'est une preuve que l'esprit d'équipe existe. Et puis, ces bons résultats leur donnent à toutes et à tous une grande confiance en eux. Cette confiance les libère et leur permet de faire de bons résultats. Tout s'enchaîne, en quelque sorte.

Le président de Swiss Ski Urs Lehmann (à dr.) et son homologue autrichien Peter Schröcksnadel (à g.) sont de bons amis. Image: Keystone.

Il se murmure que, l'année passée à Åre, le président autrichien Peter Schröcksnadel, en poste depuis 1990, vous aurait dit qu'il démissionnerait si «votre» Suisse passait devant «son» Autriche au classement des nations. Info ou intox?

(Il éclate de rire) C'est vrai, il me l'a dit! Avant toute chose, il faut savoir que Peter et moi sommes de très bons amis. Nous sommes en contact régulier durant la saison et on se téléphone en tout cas une fois par semaine. Maintenant, il faut prendre les choses au deuxième degré. L'an passé, Peter m'a lancé, pour me taquiner: «Vous faites des progrès, mais nous sommes encore devant vous. De toute manière, si vous nous passez devant, j'arrête tout!» Et moi, je lui ai répondu, aussi sur le ton de la boutade: «Alors je ne te donne pas plus de trois ans!»

Et moins d'un an après, la Suisse caracole en tête...

Oui, c'est fou! Peter Schröcksnadel m'a glissé il y a quelques semaines: «C'est bien, vous avez 50 points d'avance»...

... et ces 50 points se sont transformés en plus de 600!

Oui, c'est formidable. On va se battre pour rester en tête, parce que, pour nos structures et notre financement, c'est toujours un plus de pouvoir se présenter comme étant la nation No 1. Mais attention, le chemin est encore long. Reste qu'avec des journées comme celle de dimanche dernier, où on prend quatre des six places sur le podium (ndlr: doublé en géant parallèle masculin, première et troisième places en super-G féminin), ce qui n'était qu'un rêve s'est transformé en vision un peu plus concrète. On va donc tout faire pour rendre possible l'impossible.

Propos recueillis par Renaud Tschoumy

Créé: 14.02.2020, 15h33

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