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Formule 1 Grosjean: «Fernando Alonso est mon ami»

Romain Grosjean était, hier, à Genève. Très prudent pour ne pas attiser la polémique, le Genevois a avoué que le monde «sans pitié de la F1» était plus compliqué qu’il n’imaginait.

Romain Grosjean dit avoir une bonne relation avec Alonso depuis 2009, année où il a couru à ses côtés.

Romain Grosjean dit avoir une bonne relation avec Alonso depuis 2009, année où il a couru à ses côtés. Image: Sébastien Anex

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Pas de répit pour Romain Grosjean. A peine sorti de l’effervescence des paddocks du Grand Prix du Brésil, le dernier de la saison 2012 qui s’est couru dimanche, le pilote franco-suisse s’est retrouvé mercredi à Genève, la ville où il a grandi, dans le tourbillon de l’inauguration de la boutique Tag Heuer. L’occasion pour «Le Matin» de rencontrer le pilote de l’écurie Lotus qui, par ses résultats et ses ennuis sur la piste, a focalisé l’attention durant la saison 2012

Vous terminez 8e de votre première saison complète en formule 1. Quel bilan tirez-vous?

Il est encore un peu tôt pour un vrai bilan. Néanmoins, cela a été une première très bonne année d’apprentissage, avec des hauts et des bas. Avec des très bons résultats qui sont arrivés plus tôt que je ne pensais. Et des incidents qui ont été dus à l’engouement et au fait de se retrouver souvent dans les premières lignes. Maintenant, j’ai tiré les leçons de tout ça. On a beaucoup travaillé là-dessus. La fin de saison a été plus compliquée en termes de résultats, mais positive au niveau de la maîtrise et de l’apprentissage.

Vos podiums de début de saison ont-ils entraîné un surcroît de pression?

On sait qu’en F1 on ne peut en aucun cas échapper à la pression. Maintenant, il en existe de différents types. Les pressions saines et les autres… Il faut les distinguer pour trouver un équilibre.

Vous avez beaucoup appris?

Enormément. Plus que ce que je pensais. Déjà, le monde de la F1 est plus compliqué que ce que j’imaginais. Quand on y rentre, il y a une montagne à gravir. Et une fois qu’on l’a attaquée, on se dit qu’elle est vraiment haute.

De l’extérieur, on a l’impression que la F1 est un monde sans pitié. Est-ce le cas?

Oui. Mais comme toujours dans le haut niveau. C’est aussi le cas dans la banque privée ou l’horlogerie. Avec les enjeux, il n’y a pas de place pour la pitié. Les places sont rares en F1, il n’y a donc pas de cadeau.

Dans ce cadre, peut-on être ami avec d’autres pilotes?

Oui, je crois que l’on peut être ami. En plus du respect que l’on a les uns pour les autres, il y a des affinités qui se créent. Pour ma part, avec Fernando Alonso, cela se passe très bien. C’est quelqu’un que j’aime beaucoup et avec qui j’ai beaucoup discuté sur les grands prix. C’est vrai que l’on partira jamais en vacances ensemble, parce qu’on ne va pas jusque-là. Cette proximité vient de la période en 2009, où j’ai couru à ses côtés. On est restés en très bon contact.

Avez-vous toujours eu du plaisir au volant?

Bien sûr. On fait un métier passion qui demande beaucoup d’énergie et de sacrifices. Si l’on a plus de plaisir, cela ne vaut pas la peine de continuer.

Après les incidents du GP de Belgique, vous aviez affirmé que la clé de vos problèmes était en vous. L’avez-vous trouvée?

Je pense que l’on a trouvé un début de réponse aux problèmes. Maintenant, je ne vous dirais pas de quoi il s’agit, c’est privé.

Vous entrez dans une période plus tranquille. L’occasion de vous remettre aux fourneaux. Est-il vrai que vous avez appris à cuisiner pour maigrir?

Exact. A la base, c’était la motivation. On m’avait demandé de perdre un peu de poids. C’était l’époque où j’emménageais seul et je devais faire moi-même la cuisine. J’en ai eu marre du «poulet-haricots verts», alors j’ai commencé à chercher des recettes gustativement bonnes et diététiquement intéressantes. Après, c’est devenu une passion. En 2009, quand j’ai quitté la F1, j’ai même envisagé de suivre des écoles de cuisine pour me ressourcer, voire me reconvertir.

Vous êtes allé jusqu’à intégrer la cuisine d’un restaurant parisien…

Absolument. J’ai cuisiné pour les clients du Père Claude. C’est un restaurant qui propose une cuisine traditionnelle française. J’ai eu la chance de passer beaucoup de temps derrière les fourneaux et d’y rencontrer les plus grands chefs.

Votre grand-père a été vice-champion du monde de ski. Et vous?

J’étais assez doué, mais je n’ai pas fait de compétition. Il y a eu des histoires de dopage. Du coup, mon père n’a pas voulu que je continue dans cette voie.

Vous avez travaillé dans la gestion de fortune. Aujourd’hui, vous prêtez votre image à une marque horlogère, Tag Heuer. Y a-t-il plus suisse que vous?

Le débat sur ma nationalité a toujours été grand. Je suis Européen, aussi fier d’être Suisse que Français. Maintenant dans ma carrière, l’aide est toujours venu de la France, que ce soit avec Renault ou Total. Du coup, il est naturel que je cours avec une licence française. Mais pour rejoindre les Etats-Unis et le Brésil récemment, j’ai voyagé avec mon passeport suisse. Je n’ai pas de honte à le sortir à la douane.

Qu’espérez-vous pour 2013?

Déjà, le volant. Puis, tirer le maximum d’enseignements de ce que j’ai pu faire de bien ou de moins bien. Enfin, réaliser la saison que je me sais capable de faire.

Créé: 29.11.2012, 15h21

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