Vendredi 19 juillet 2019 | Dernière mise à jour 07:30

Formule 1 La folle journée de Max Verstappen

Le Hollandais n’a vu sa victoire confirmée qu’après trois heures de discussions avec les commissaires du Grand Prix d’Autriche. Chez Ferrari, on était certain de récupérer la victoire.

Le vainqueur du jour a dû attendre longtemps avant d'être assuré de son succès. (photo: Getty)

Le vainqueur du jour a dû attendre longtemps avant d'être assuré de son succès. (photo: Getty)

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Il manquait 11 kilomètres

Sauf pendant les changements de pneus, Charles Leclerc a mené le Grand Prix d’Autriche de bout en… presque bout. C’est dans le 69e et antépénultième tour que le Monégasque a été doublé par Max Verstappen après avoir repoussé une première attaque de la Red Bull au tour précédant. Il manquait donc environ onze kilomètres à Charles Leclerc pour remporter cette victoire que la Scuderia Ferrari attend depuis le début de la saison!


Mattia Binotto sûr de son droit

Au moment de doubler Charles Leclerc, Max Verstappen s’est faufilé à l’intérieur du virage 3. Le Monégasque ne s’est pas laissé impressionner et les deux monoplaces ont franchi la corde du virage côte à côte, la Red Bull poussant la Ferrari hors de la piste. Un contact bref et sans dégât, mais qui a poussé les commissaires du Grand Prix à enquêter sur la manœuvre, en entendant les deux pilotes à 18 heures, plus d’une heure après l’arrivée.

Chez Ferrari, on semblait certain de récupérer cette victoire tant espérée. «Le cas est très clair», posait Mattia Binotto, le patron de la Scuderia, au moment d’accompagner Charles Leclerc chez les commissaires. «Je pense que nous devrions changer la réglementation en matière de pénalité pour permettre davantage de compétition. Mais en attendant que ce soit le cas, la situation est nette: il y a eu une collision et Max a fait sortir Charles de la piste. C’est clair, et tous les éléments sont là pour rendre une décision simple. Nous attendons maintenant réparation, et nous espérons que le contexte de ce circuit, avec ces dizaines de milliers de fans de Max Verstappen, ne va pas influencer la décision.»

Il fallut plus de 100 minutes aux trois commissaires (dont l’ancien pilote Tom Christensen, vainqueur des 24 Heures du Mans à neuf reprises) pour rendre leur décision. «Les deux voitures 16 et 33 (celles de Charles Leclerc et de Max Verstappen, respectivement, ndlr) se sont présentées de front dans le virage 3 du tour 69, sans avoir suffisamment de place pour passer ensemble. Juste après la corde, il y eut contact entre les deux voitures. Au vu des circonstances, nous ne considérons pas que l’un ou l’autre pilote soit en totalité ou principalement responsable de ce contact. De notre point de vue, il ne s’agit que d’un incident de course. (…) Les écuries ont la possibilité de faire appel de ce jugement.»

Ferrari a décidé de ne pas déposer d’appel contre cette décision, ce qui aurait donc été légalement possible: «Nous ne sommes pas satisfaits de ce jugement. Nous pensons que les commissaires ont tort. Mais nous pensons aussi qu’il est maintenant temps de tourner la page et d’aller de l’avant», expliquait Mattia Binotto. Ouf.


Encore une occasion manquée pour Ferrari

Ferrari les cumule. Si Charles Leclerc n’a pas pu résister à la remontée de Max Verstappen en raison de pneus fortement dégradés, Sebastian Vettel aurait pu prendre le relais et s’imposer. Aurait pu, si… ses qualifications n’avaient pas été compromises par un problème de pression pneumatique lors des qualifications - il se serait alors sans doute qualifié en première ligne.

En course, il aurait peut-être pu rattraper la situation si… un malentendu entre les ingénieurs et les mécaniciens n’aient fait complètement rater son changement de pneus. «La radio de l’écurie avait des coupures, et le stand n’a pas entendu que nous avions demandé à Sebastian de s’arrêter», justifiait Mattia Binotto après la course. Cette année, le niveau de jeu très élevé des Mercedes, et même des Red Bull, ne tolère aucune erreur si l’on veut signer quelques victoires. Depuis le début de l’année, il y eut trois circuits favorables au châssis SF90 des Ferrari: Sakhir (à Bahreïn), Montréal et Spielberg.

A chacune de ces trois opportunités, Ferrari a laissé passer sa chance. Incroyable de la part d’une écurie qui dispose du plus gros budget de la Formule 1, avec près de 400 millions d’Euros par an. Chez Ferrari, il va s’agir de ne pas se louper à Budapest et à Monza, les deux circuits à venir qui devraient se montrer favorables aux monoplaces rouges. Mais chez Ferrari, on est capable de se prendre les pieds dans le tapis quelques fois de plus…


Il pleuvait sur les Haas!

Au terme des qualifications, le sourire était revenu au sein de l’écurie Haas: Kevin Magnussen s’était qualifié cinquième, un chrono magnifique pour cette équipe, et Romain Grosjean était 11e. Pas si mal. Dans la journée, on apprenait pourtant le déclassement de Kevin Magnussen pour changement de boîte de vitesses. Cinq places de perdues sur la grille.

En course, l’épreuve a tourné au cauchemar pour l’écurie américaine, qui termine aux 16e (Grosjean) et 19e (Magnussen) places. «Je n’avais aucune adhérence, expliquait le Genevois. Quand j’ai lâché l’embrayage au départ, il ne s’est rien passé. J’ai perdu beaucoup de places au premier tour. J’ai même demandé à mes ingénieurs, à la radio, s’il pleuvait sur ma voiture pour qu’on ait si peu d’adhérence.»

Kevin Magnussen a souffert de la même manière. Parti avec des pneus tendres, sa voiture ne tenait pas la route. «C’était un après-midi compliqué. Il y a quelque chose que nous devons comprendre sur cette voiture», concluait Romain Grosjean. Le problème de fond reste le même: le châssis VF19 ne parvient pas à faire monter les pneus Pirelli en température, d’où une traction catastrophique et l’impression, pour les pilotes, de rouler sur de la glace.

Créé: 01.07.2019, 08h28

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