Dimanche 16 juin 2019 | Dernière mise à jour 06:01

Formule 1 Sebastian n’aime plus la F1 d’aujourd’hui

Vettel devient coutumier de boulettes qui coûtent cher. Même si les commissaires de Montréal l’ont jugé sévèrement dimanche, l’intéressé refuse de reconnaître son erreur et préfère évoquer une discipline qui n’est «plus la sienne».

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Cinq secondes qui coûtent cher

48e tour du Grand Prix du Canada. En tête depuis le départ, Sebastian Vettel semble contrôler la course et contenir Lewis Hamilton, juste derrière, qui lui met pourtant la pression. Depuis les changements de pneus, le Britannique est revenu à moins d’une seconde de la Ferrari de tête, lui permettant ainsi d’actionner le fameux «DRS» (le dispositif qui permet de réduire la traînée de l’aileron arrière dans certaines zones spécifiques, et ainsi de gagner 15km/h en ligne droite).

C’est alors que Sebastian Vettel commet l’une de ces gaffes dont il est coutumier: l’Allemand tire tout droit dans l’herbe des virages 3 et 4. Revenu sur la piste, les pneus sales, il prend toute la largeur du bitume et manque taper le mur de béton, coinçant Lewis Hamilton sur l’extérieur et poussant le Britannique dans l’extrême bord, deux roues dans l’herbe.

Ce genre de retour en piste «en vrac» est interdit par l’article 38.1 du règlement sportif. Considérant que Sebastian Vettel est revenu sur la trajectoire sans prendre garde à la sécurité des autres, et contraignant Lewis Hamilton a rouler dans l’herbe, les commissaires sportifs de Montréal lui ont infligé une pénalité de cinq secondes qui a tout changé: dès ce moment, Lewis Hamilton n’eut qu’à se tenir proche de l’Allemand pour voir la victoire lui revenir une fois le drapeau à damier franchi et les fameuses cinq secondes ajoutées au temps de l’Allemand. Malgré toutes ses tentatives, Sebastian Vettel n’est pas parvenu à se creuser une avance de plus de cinq secondes qui lui aurait permis de conserver la victoire.

Après la course, le pilote Ferrari était évidemment furieux: «Mais où est-ce que j’aurais dû aller une fois que je suis sorti? Je suis passé dans l’herbe, et tout le monde sait que l’herbe a moins d’adhérence que la piste. J’avais les roues sales, je ne contrôlais pas ma voiture, et j’ai failli taper le mur. Qu’est-ce que j’aurais dû faire? Je n’ai pas vu où était Lewis, j’étais déjà bien occupé à me tirer de ma situation. J’aurais dû conduire d’une main, enlever une protection de ma visière sale, presser le bouton pour parler à mon ingénieur et regarder en plus où est Lewis? Désolé, je ne peux pas faire tout ça à la fois. On est plutôt multi-tâches pour piloter ces voitures, mais pas à ce point-là…»

Cette erreur lui coûte sans doute sa première victoire de la saison. Ferrari n’a pas pu faire appel de la décision numéro 42 des commissaires de Montréal (dont faisait partie l’Italien Emmanuele Pirro, un ancien pilote), ce genre de pénalité immédiate ne pouvant faire l’objet d’un recours. La seule chance de la Scuderia serait de trouver un argument juridique «créatif», ainsi que le suggérait Mattia Binotto, son patron, dimanche soir. Le Lausannois préférait considérer Sebastian Vettel comme le vainqueur de cette course. «Sebastian a mené une très belle course et il a franchi la ligne d’arrivée le premier. Pour moi, c’est lui qui a gagné.»


Lewis ne défend pas Sebastian

Vainqueur du Grand Prix du Canada «sur le tapis vert», grâce aux cinq secondes ajoutées au temps de Sebastian Vettel, Lewis Hamilton ne comprenait pas vraiment le refus de l’Allemand d’accepter la décision des commissaires. «Quand vous sortez de route et que vous reprenez la piste, vous n’êtes pas censé revenir directement sur la trajectoire, commente-t-il. Vous devez faire attention, j’imagine que les commissaires l’ont pénalisé pour cette raison…» Sur le podium, le Britannique a été hué par la foule, ce que Sebastian Vettel a regretté: «Lewis n’y peut rien. Je ne pense pas que la foule en avait contre lui, elle huait plutôt la décision des commissaires.»

Selon Lewis Hamilton, il n’aurait pas pu doubler la Ferrari s’il avait dû tenter de le faire. «En fin de course ce n’aurait pas été possible, en tout cas. J’étais trop limite avec mes freins, nous l’étions sans doute tous. C’est un circuit extraordinaire, mais tellement difficile pour les freins. Physiquement, je suis détruit d’avoir essayé de coller derrière Seb. Les Ferrari étaient si rapides ce week-end, j’ai de la chance d’avoir pu rester derrière. J’ajoute que j’ai beaucoup de respect pour Seb. Il n’y a aucun autre pilote contre lequel j’aime plus me battre que contre lui.»

Cette nouvelle victoire de Lewis Hamilton permet à Mercedes de continuer son sans-faute, avec sept victoires en sept Grands Prix. «C’est dommage, concluait le Britannique. La foule a été fantastique ici, on a disputé une très belle course, mais tout ça se termine sur un sentiment négatif, c’est dommage.»


Sebastian Vettel n’est plus amoureux de la F1 d’aujourd’hui

Sa pénalité n’a pas arrangé la vision de la F1 de Sebastian Vettel. Après la course, en tout cas, il lâchait toute la mitraille contre la façon dont la discipline a évolué. «Je ne suis pas d’accord du tout avec la décision des commissaires, évidemment. Tout le monde peut le comprendre. C’est très bizarre de ne pas gagner quand on franchit la ligne en premier. Je ne pense pas avoir fait quelque chose de faux, je ne sais même pas où est le problème!» A l’évidence, l’Allemand a effacé de sa mémoire l’erreur de pilotage du 48e tour sans laquelle il remportait la course.

«Je suis un puriste, ajoute-t-il. J’aime la course, j’aime regarder les courses d’antan, les pilotes d’avant. J’aurais préféré courir à leur époque. Et je ne dis pas ça à cause de la décision des commissaires d’aujourd’hui, mais aussi à cause d’autres décisions similaires prises dans le passé. Je n’aime pas quand les pilotes se plaignent à la radio. Il y a un espèce de langage officiel, je pense que c’est tout faux. On se plaint: «X a gagné un avantage», ou «J’ai évité une collision avec Y». Je pense que nous devrions être autorisés à dire ce qu’on pense à la radio, mais je n’aime pas le politiquement correct d’aujourd’hui. La course, ça doit être du bon sens. Quand il y a quelque chose devant vous, vous ralentissez. Vous n’allez pas foncer dans l’autre voiture et vous plaindre qu’elle était au mauvais endroit. Quand j’ai repris la piste, Lewis a dû réagir, c’est comme ça. Je pense que tout le monde est d’accord avec moi. Je n’aime pas la F1 d’aujourd’hui, on est tous devenus des espèces d’avocats. Ce n’est pas la F1 dont je suis tombé amoureux quand j’étais petit.»


Défense de parler anglais à Montréal

Jamais à court d’idées, l’assemblée de la province du Québec (qu’on appelle ici, comme une sorte de contradiction, «assemblée nationale de la Province»!) s’est réunie vendredi pour décider de s’opposer à la formule d’accueil des commerces de Montréal pendant le week-end du Grand Prix. Comme de nombreux visiteurs viennent des Etats-Unis proches pour assister à la course, la plupart des commerçants accueillent les clients par la formule «Bonjour - Hi».

Constatant que le français est en recul à Montréal (l’accueil en français est passé de 84% en 2010 à 75% sept ans plus tard), le parlement a voté une loi proposée par le parti péquiste (le parti Québécois) qui précise que la langue française est «une expression riche de l’identité du Québec et de Montréal, et qu’elle doit être mise en valeur lors d’événements internationaux». Elle a été votée à la majorité. Du coup, les commerçants sont obligés d’accueillir leurs clients uniquement en français.

(nxp)

Créé: 10.06.2019, 08h58

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