Vendredi 23 août 2019 | Dernière mise à jour 10:20

Automobilisme Un nouveau paddock… et de nouveaux problèmes

Avec deux ans de retard, le circuit Gilles Villeneuve de Montréal est enfin doté d’un nouveau bâtiment abritant les écuries. Pour le reste, la pagaille reste la même…

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Les toilettes de Toto Wolff ont survécu

Le nouveau batiment.

Le paddock.

Les toilettes.

Conformément au contrat entre le promoteur canadien et Liberty Media (mais avec deux ans de retard sur le planning), le circuit Gilles Villeneuve a démoli l’ancien bâtiment des stands juste après le Grand Prix 2018 pour construire un immense ensemble accueillant les garages des équipes et les loges pour invités - le tout pour un budget estimé à 50 millions de dollars canadiens, soit 40 millions de francs suisses. «Le bâtiment est magnifique», commente Lewis Hamilton. «Ils ont fait vite. Par contre, le pont qui mène au circuit est en travaux depuis que je viens à Montréal, depuis plus de douze ans!»

Pour ces 50 millions, les installations destinées à l’hospitalité des écuries n’ont pas été changées – c’est là où se tiennent les bureaux, les salles de réunions des ingénieurs et où se restaurent les mécaniciens. Pas de chance pour Toto Wolff, qui s’était plaint l’an dernier des toilettes provisoires installées dans des roulottes: à ce niveau-là, rien n’a changé, l’Autrichien doit toujours faire la queue pour se soulager…


L’impact carbone de la F1 en question

Hier, un quotidien de Montréal faisait ses gros titres en pointant l’empreinte carbone du Grand Prix du Canada. «Le week-end de la F1 pollue autant que 11 000 voitures en un an», citait l’article.

Les écuries produisent environ 10'000 tonnes de CO2 par course, en incluant le transport des 90 membres de chaque équipe, du matériel, et en prenant en compte les tours de circuit des monoplaces. En ajoutant l’impact des spectateurs attendus ce week-end autour du circuit de Montréal, on obtient des émissions de CO2 se montant à 40'000 tonnes pour l’ensemble du Grand Prix du Canada. «L’impact lié à la course elle-même est infinitésimal», reconnaît Patrick Bonin, un représentant de Greenpeace à Montréal. Dimanche, les émissions des 20 monoplaces pendant les 70 tours du Grand Prix du Canada (en supposant qu’aucun pilote n’abandonne) représentent 0.3% seulement de l’impact de la F1.

Cet article oublie par ailleurs de mentionner que la Fédération Internationale de l’Automobile (la FIA) compense la pollution de la Formule 1 en plantant des arbres au Mexique, une décision prise en 1997 par Max Mosley, son président d’alors.

L’empreinte carbone des écuries et de leurs déplacements autour du monde est donc neutralisé, mais pas celui des spectateurs – un problème qui se pose pour tous les événements publics dans le monde.

Il faudrait aussi s’interroger sur l’impact carbone laissé par les pilotes qui empruntent leurs jets privés pour se déplacer. Devenu vegan l’an dernier, par choix, mais aussi par conviction écologique «pour réduire l’impact des bovins sur la planète», Lewis Hamilton n’hésite pas à envoyer son magnifique jet (un Bombardier Challenger 605) faire l’aller-retour Miami-Nice afin d’aller chercher son chien Rosco resté à Monaco!


A chacun ses problèmes

Un peu comme c’est le cas en Australie, le Grand Prix, à Montréal, se pose comme l’événement mondain de l’année. Là où il faut être vu. Pendant tout le week-end, le centre-ville voit défiler tous ceux qui comptent une belle voiture dans leur garage, et qui les sortent l’espace d’une «fin de semaine», comme on dit ici, histoire de tourner et tourner encore sur les rues Sainte-Catherine et Maisonneuve, coude à la portière, vêtu à la mode d’un chandail ouaté blanc (c’est comme ça qu’on appelle un sweat-shirt au Québec).

Pendant le week-end, plusieurs bals sont organisés pour la jet-set locale. Mercredi, premier drame: «Je devais venir en Lamborghini, mais j’ai eu une crevaison, c’est épouvantable», se lamentait François Lambert, le fondateur de plusieurs entreprises au Canada. A chacun ses problèmes.


Une écurie canadienne

Si nous avons toujours notre écurie suisse, avec Alfa Roméo (basée à Hinwil, près de Zurich), les Canadiens affirment que l’équipe Racing Point (dont l’usine se trouve pourtant en Angleterre, à Silverstone, à l’entrée du circuit du même nom) est aussi canadienne par son patron, le milliardaire Lawrence Stroll - qui a fait fortune en distribuant des marques comme Michael Kors et Tommy Hilfiger. «Il y a un effet Stroll ici», confirme François Dumontier, le promoteur du Grand Prix. «Parce que Lance est un pilote de chez nous, mais aussi parce que Racing Point est en grande partie une équipe canadienne. On a ajouté deux gradins «Stroll» autour du circuit cette année. Je ne divulgue pas mes chiffres, mais l’an dernier nous avions une augmentation des ventes de 28%, et cette année s’annonce aussi très bien.»

L’an dernier, on a ainsi dénombré plus de 300'000 spectateurs autour du circuit Gilles Villeneuve. Mais il n’est pas certain que Lance Stroll et ses maigres résultats soient la raison d’un tel engouement.


Lewis Hamilton rend hommage au petit Harry

Samedi dernier, le petit Harry Shaw, cinq ans, est décédé d’une forme rare de cancer des os. Il y a quelques semaines, il avait envoyé un message de bonne chance à Lewis Hamilton, juste avant le Grand Prix d’Espagne. Le Britannique l’avait ensuite remporté, affirmant qu’il avait été inspiré par le message du petit malade. Le pilote avait alors offert au petit malade une Mercedes W10, sa monoplace de F1, pour décorer son jardin.

En apprenant le décès de Harry, Lewis Hamilton a rédigé un tweet, mardi: «Harry, merci d’être une telle lumière pour nous tous. Tu es si courageux, tu vas beaucoup manquer au monde. Merci, mon ami et mon inspiration».

Au circuit, il est revenu sur cette disparition, qui suit celle de Niki Lauda qui l’avait aussi beaucoup affecté. «Bien sûr, je continue de courir avec Niki dans mon cœur, ça ne changera jamais. Sans la présence de Niki, jamais je ne serais venu chez Mercedes. Mais ce qui est arrivé à Harry, c’est tellement dévastateur… la vie est si précieuse, et je ne comprends pas comment des jeunes peuvent perdre leur vie comme ça. Ça me dépasse totalement. Je vais garder un magnifique souvenir de Harry. Mais je dois rester positif. Beaucoup de monde compte sur moi pour que je fasse mon boulot ici, et je vais le faire. La vie continue. C’est même très étrange pour moi de voir comment la vie continue, comment le monde continue de tourner. On ne sait jamais combien de temps notre vie va durer, il faut la vivre à fond, tous les jours.»

Créé: 06.06.2019, 23h17


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