Dimanche 21 juillet 2019 | Dernière mise à jour 19:24

Tennis Le rêve brisé de Roger Federer

Malgré deux balles de match, le Bâlois s’est incliné au bout du premier tie-break décisif de l’histoire de Wimbledon face à Novak Djokovic (6-7, 6-1, 6-7, 6-4, 12-13).

Image: Keystone

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Roger Federer n’est pas allé au bout de son rêve. Il lui a manqué un minuscule point pour remporter son neuvième Wimbledon au bout d’une finale crispante puis historique, puisque remportée par Novak Djokovic au «tie-break à 12-12» de la cinquième manche. Une première dans l’histoire de Wimbledon et des tournois du Grand Chelem. Malgré deux balles de match (à 8-7 au cinquième set), Roger Federer a donc fini par trouver son maître après une superbe quinzaine. Comme en 2014 et 2015, il s’appelle Novak Djokovic. Il est No 1 mondial, vient d’égaler Björn Borg (5 Wimbledon) et culmine désormais à 16 titres du Grand Chelem.

Roger Federer va certainement se demander longtemps comment cette finale lui a filé entre les doigts. Et on ne parle pas ici que de ses deux balles de match. Car même si personne ne maîtrise mieux le faux rythme que Novak Djokovic – avant de soudain serrer le jeu dans les moments chauds – le Bâlois a traversé les quatre premières manches de cette finale en donnant l’impression d’avoir toutes les solutions dans sa raquette. Trois chiffres pour confirmer le propos: «RF» menait 5-3 dans le tie-break du premier, il a obtenu une balle de set dans le troisième et n’a pas eu à écarter une seule balle de break durant les 167 premières minutes du match.

«Si on regarde le niveau de jeu et les opportunités créées, Federer pourrait déjà avoir remporté cette finale en trois sets. Il n’a pas joué une balle de break et il est mené deux manches à une», s’exclamait Boris Becker au micro de la BBC avant le début de la quatrième manche.

Pour expliquer cette anomalie, il faut d’abord rendre hommage aux nerfs de Novak Djokovic. Le No 1 mondial ne donne rien quand les points comptent double. Mais cette qualité a malheureusement été mise en valeur par Roger Federer, lequel passa totalement à côté des deux tie-breaks. Dans celui du premier set, le Bâlois donna trois coups droits croisés – un coup dont il chercha le timing tout l’après-midi. Le premier à 1-1 ne coûta pas trop cher. Mais ceux qui s’envolèrent avec son mini-break d’avance à 5-3 et 5-4 décidèrent de l’issue de cette première manche capitale (6-7).

Dans celui du troisième set, Roger Federer fut cette fois abandonné par son revers (quatre fautes directes). Était-ce le contrecoup de cette balle de set non-exploitée quelques minutes tôt (bonne première balle de «Nole»? Peut-être. Car une fois encore, le Bâlois passait étrangement du joueur le plus conquérant à son jumeau paralysé au cœur d’un jeu décisif (6-7).

Malgré ces deux énormes absences, Roger Federer était donc le meilleur joueur sur le court. Le plus entreprenant et le plus stable. Il le prouva lors d’un deuxième set complètement «soldé» par Novak Djokovic (6-1, trois breaks). Puis dans une quatrième manche où «RF» sembla par séquences réussir à s’extraire du faux rythme imposé par les sauts de concentration du No 1 mondial (6-4). À 17h06, cette finale bizarre partait pour un cinquième set décisif.

C’est à cet instant que Novak Djokovic devint pour la première fois dominant. Métronomique en retour, le Serbe poussait Federer dans ses retranchements sur chacun de ses jeux de service. Si bien que lorsqu’un passing de revers lui offrit le break au sixième jeu (2-4), cette finale semblait avoir choisi son camp. Mais le bras de Novak Djokovic trembla. Double faute, coups droits boisés, le Serbe offrait le rebreak sur un plateau et la foule du Centre Court pouvait commencer à scander le prénom de son favori («Roger, Roger, Roger»).

La suite allait être une épreuve pour les nerfs. Plus les deux hommes avançaient dans cette cinquième manche, plus le niveau de jeu montait. Et lorsque Roger Federer arracha le break d’un passing de coup droit court croisé (8-7) puis sorti deux aces de son chapeau pour s’offrir deux balles de match, le public sortit son portable pour immortaliser l’instant décisif. Un coup droit dévissé et un passing de Djokovic plus loin, le Serbe était relancé (8-8). À 11-11, le Bâlois se procura deux dernières balles de break que «Nole» sauva avant de défier la foule. Le premier tie-break à 12-12 de l’histoire des tournois du Grand Chelem pouvait commencer. En finale de Wimbledon.

Il fut la presque exacte copie des deux précédents, prouvant définitivement la supériorité de Novak Djokovic dans cet exercice. Après presque cinq heures d’un combat devenu sublime, Roger Federer boisait un dernier coup droit qui s’envolait vers ces tribunes qui l’avaient tant soutenu. Il était 19h07 à Londres. Le rêve de Roger Federer venait de se briser.

Créé: 14.07.2019, 20h11

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