Mardi 26 mai 2020 | Dernière mise à jour 04:59

Tennis La base du tennis craint pour sa survie

Les seconds couteaux du tennis mondial s’inquiètent pour leur avenir. Un fond de soutien veut les aider.

Avec la suspension de toutes les activités tennistiques jusqu'au 13 juillet, la précarité de certains acteurs va prendre l'ascenseur.

Avec la suspension de toutes les activités tennistiques jusqu'au 13 juillet, la précarité de certains acteurs va prendre l'ascenseur. Image: Keystone

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Depuis le 12 mars 2020, le tennis mondial est à l’arrêt. Une trêve sanitaire, coronavirus oblige, qui durera au moins jusqu’au 13 juillet. D’ici là, pas de tournoi, à tous les niveaux. Si on a entendu l’émoi des grands joueurs, enclins à exprimer leur déception, on oublie plus volontiers le sort des viennent-ensuite.

Ils sont environ 10’000, femmes et hommes confondus, à avoir fait du tennis leur profession. Pour la grande majorité de ceux-là, la suspension de la saison est une catastrophe financière. Indépendants, ou à la tête de petites PME de deux ou trois employés qu’ils font vivre au gré de leurs pérégrinations, ils se retrouvent sans la moindre source de revenu, eux qui vivaient déjà en flux tendu.

Pour pallier la précarité qui menace de s’installer, la société de management Atton and Price tente désormais de réunir 20 millions d’euros dans un fonds de soutien aux joueurs professionnels. L’idée est d’exercer une pression sur les institutions et les sponsors, afin d’aider les professionnel(le)s en situation précaire (entre la 50e et la 500e places mondiales) à passer l’été.

«Depuis l’annonce de l’annulation du tournoi d’Indian Wells, nous avons commencé à réfléchir à la création d’un fonds de solidarité pour permettre aux joueuses et joueurs les plus gravement touchés par cette crise de survivre, explique Philippe Rome, actif dans le projet. Les membres du top 50 disposent a priori de suffisamment de réserves pour que cette situation ne les impacte pas trop. Mais les suivants vont avoir beaucoup de peine.»

Des joueurs livrés à eux-mêmes

En effet, pour un joueur classé entre la 50e et la 150e places mondiales, l’annulation de deux tournois du Grand Chelem le prive de la moitié de ses revenus annuels potentiels. Prenons l’exemple de Henri Laaksonen. Avec sa défaite au deuxième tour de Roland-Garros en 2019 face à Novak Djokovic, le numéro trois suisse (ATP 137) avait empoché 87 000 euros, soit un tiers de ses revenus annuels. Cette année, la case «entrées» de son budget restera désespérément vide jusqu’au milieu de l’été au mieux.

«En conséquence, ces joueurs vont devoir se séparer de leurs coaches et de leurs préparateurs physiques, ce qui fait que le problème se répercute un peu plus loin, craint Philippe Rome, qui conseille notamment l’Elite Tennis Centre de Cannes où est passé un certain Daniil Medvedev. Ce sont des milliers de professionnels du sport de haut niveau qui seront impactés. C’est comme au cinéma, pour que les premiers rôles tiennent la vedette, il faut une quantité incroyables d’acteurs quasi invisibles pour soutenir l’affiche.»

Pour l’instant oubliés par l’ATP et la WTA comme par l’ITF, les seconds couteaux sont livrés à eux-mêmes. Souvent laissés pour compte par les aides gouvernementales, ils attendent la main tendue des grands argentiers du tennis mondial: sponsors, marques de prestige et télévisions. «Nous cherchons à réunir des fonds pour pouvoir verser un revenu minimum garanti, sans distinction de classement, en cette période de crise, reprend Philippe Rome. Nous espérons que les anciens joueurs, ceux qui sont aussi passés par là et qui connaissent la vie d’intermittent du spectacle de la plupart des joueuses et joueurs prendront la parole pour soutenir le mouvement.»

Avec une base aux abois et au bord de la rupture, c’est toute la pyramide du tennis mondial qui risque de s’effondrer. «On parle souvent de la grande famille du tennis, note encore Philippe Rome. Alors quand un petit cousin est dans la panade, il faut l’aider.»

Florian Müller

Créé: 02.04.2020, 13h40

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