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Tennis Etes-vous inquiet pour Roger Federer?

Roger Federer n’avait jamais perdu contre Andreas Seppi. Il a suffi d’un «mauvais pressentiment» et d’une «sale journée», quelque chose de banal, comme en vit un joueur normal.

DEUX GROSSES ERREURS

Au deuxième set, Seppi obtient deux balles de break à 4-4 15-40. En bout de course, il rabat péniblement un passing à mi-hauteur, que Federer s’apprête à volleyer facilement. Surprise: le Bâlois laisse passer. La balle est bonne. Break Seppi.

Au quatrième, Seppi tire un passing lifté. Federer est sur la trajectoire. Surprise bis: il laisse passer. La balle est bonne. Jeu, set et match Seppi.

DEUX GROSSES ERREURS Au deuxième set, Seppi obtient deux balles de break à 4-4 15-40. En bout de course, il rabat péniblement un passing à mi-hauteur, que Federer s’apprête à volleyer facilement. Surprise: le Bâlois laisse passer. La balle est bonne. Break Seppi. Au quatrième, Seppi tire un passing lifté. Federer est sur la trajectoire. Surprise bis: il laisse passer. La balle est bonne. Jeu, set et match Seppi. Image: Reuters

«Je reste convaincu de bien jouer»

Vous n’aviez pas l’air en forme. Quelque chose ne va pas ou était-ce simplement un mauvais jour?

Juste un mauvais jour, oui. J’aurais pu mieux jouer, je suis d’accord mais, clairement, c’était dur de perdre le premier set. Pareil le deuxième: je ne sais toujours pas comment j’ai pu le laisser filer. Pareil le quatrième, finalement…

Que vous a-t-il manqué?

Un peu de tout. Les conditions de jeu étaient rapides, la visibilité était moyenne, avec les zones d’ombre et de soleil. Il arrive que, dans ce genre de situation, tu passes un peu à côté. Et Seppi a très bien joué, notamment les points importants. Il a pris les initiatives, il est entré dans le terrain, il a dominé du fond. J’ai tenté de lui reprendre la main, mais je n’y suis jamais parvenu.

Vous disiez que vous aviez eu un mauvais pressentiment.

La veille, déjà. Et j’ai de nouveau senti ce matin que ça n’irait pas tout seul. Je manquais de tonus. Cela dit, il m’arrive d’éprouver ce genre de sensations et de produire un tennis de rêve. Mais pas cette fois, manifestement.

Comment réagir à une telle défaite?

Je vais oublier assez rapidement. J’utiliserai la semaine à venir pour travailler sur mon jeu et redéfinir mes priorités. D’accord, j’ai perdu, mais je reste convaincu au fond de moi que je suis sur la bonne voie. Je joue très bien depuis le début de cette année. Mon style vers l’avant me plaît beaucoup. Aujourd’hui… Just a bad day (ndlr: juste une mauvaise journée).

Regrettez-vous d’avoir disputé des exhibitions en décembre?

Honnêtement, je ne pense pas avoir fait quelque chose de faux. Je voulais jouer en Inde. Je voulais passer les fêtes de Noël en Suisse. J’ai pu suivre une préparation foncière aussi intense que possible. C’est vrai, l’année 2014 a été longue. Mais elle n’a finalement duré qu’une semaine de plus que les autres. Et, je vous le répète, je reste convaincu de bien jouer. Je reviendrai encore plus fort.

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La saison 2015-2016 de Roger Federer

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Un jour, on apprendra peut-être que les jumeaux avaient des coliques, que son dos le chicanait, que le poulet de la veille était douteux. Toutes ces péripéties sont arrivées, et n’ont été connues, sur le moment, que d’un cénacle d’initiés.

A ce stade, il n’y a aucune raison. Le code d’honneur du sport blanc veut que le vaincu s’en tienne à l’apologie du vainqueur, et s’abstienne d’entacher ses mérites de quelque facilité que ce soit. Donc Roger Federer a dit, très simplement: «Mon niveau n’était pas assez élevé pour «le» mettre en difficulté. «Il» a mieux joué, sans aucun doute.»

C’est vrai, d’ailleurs, qu’Andrea Seppi a mieux joué. Il a pris les devants, et n’a même reculé devant aucune imprudence. Il a dominé au fond du court, tout le temps. A sa main. Une telle superbe n’allait pas de soi, a priori, pour un joueur irrémédiablement appliqué et pragmatique, accablé d’un lourd passif dans ses confrontations avec le maître (10-0, un seul set remporté).

Reste que Roger Federer n’a pas pu commettre autant de fautes, de doubles fautes, d’erreurs de jugement (lire encadré), par la seule grâce d’un vieil outsider sur le retour, dont les talents de métronome auraient accédé, à 30 ans passés, à la modernité suprême. Roger Federer, le seul, l’unique, n’a pas pu monter à la volée de manière aussi frénétique, sans savoir qu’il courait au suicide.

Il l’avait sentie venir

Non. Subsiste cet indéfinissable doute, qu’aucune extrapolation ne vient lever, à constater chez le Bâlois un léger temps de retard, un petit pas de pas assez, un coup droit atone (31 fautes directes), des raideurs suspectes, aussi, au niveau du service. L’adversaire a bon dos, parfois, quand le sien est amoché. Mais comment le savoir avec certitude sans enfreindre les codes de bonne conduite?

Federer n’en a rien dit donc, sinon ce «just a bad day at the office», à traduire littéralement par «juste une sale journée au bureau». Il l’avait sentie venir dès le matin, au saut du lit. «Je savais que cette journée n’irait pas toute seule. J’ai eu le même pressentiment à l’échauffement. J’étais mou, fatigué. J’ai déjà gagné de nombreux matches dans ce contexte, mais pas celui-ci, voilà.»

Toutes les hypothèses sont vigoureusement disqualifiées: les vacances plus courtes que d’habitude, une brûlure au bout d’un doigt, une plaie asséchée au creux de la main, la Coupe Davis, la chaleur, le djihadisme, le franc fort. C’est désormais le funeste destin du supporter de base que de renoncer, après treize années d’immunité technique, à la primauté des données rationnelles, quand une défaite ne pouvait provenir que d’«un adversaire extraordinaire», ou de «points mal négociés». Pas «d’une sale journée au bureau».

Roger Federer n’avait jamais perdu contre Andreas Seppi, et jamais avant les huitièmes de finale à l’Open d’Australie depuis 2001, quand il n’était encore qu’un surdoué cabochard. A 33 ans, son génie ne le protège plus de la malfaisance ordinaire, et l’astreint, pour la peine, à de grandes exigences. Les occasions deviendront plus rares. Elles seront plus difficiles à saisir. Lui qui, guilleret, avait rejoint Melbourne «en confiance», «avec un tennis peut-être meilleur que jamais», en repart tout aussi convaincu, mais vaincu. «Une mauvaise journée. Ça peut arriver.» A ce stade, il n’y a aucune raison.

Créé: 24.01.2015, 09h26

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