Vendredi 6 décembre 2019 | Dernière mise à jour 06:39

Tennis Les héros sont indécis

Officiellement, Roger Federer et Stan Wawrinka réfléchissent toujours à leur avenir en Coupe Davis. A moins que ce ne soit tout réfléchi.

Image: AFP

LE TIRAGE DES SUISSES

ROGER FEDERER
Premier tour contre le Taïwanais Lu (ATP 46), très à l’aise sur ce type de revêtement. Quart de finale possible contre Murray, avant une hypothétique demi contre Nadal, en recherche de vitesse et de repères. Mais d’abord, il faudra peut-être survivre à Karlovic, plus de 9000 aces en carrière.


STAN WAWRINKA
Premier tour contre le Turc Ilhan (ATP 99) qui, à part bonjour, ne lui dit absolument rien. Le tenant du titre ne devrait pas avoir à le défendre trop âprement, en théorie, avant les huitièmes de finale, où il pourrait retrouver successivement ses «amis» Fognini, Nishikori, puis Djokovic.

BELINDA BENCIC
Premier tour contre l’intello allemande Julia Goerges (WTA 71). «BB» est la seule à tête de série à n’avoir pas vingt ans, et reste l’une des benjamines du circuit, sans doute aussi sa plus belle curiosité. Ce qui n’exclut pas un nouveau huitième de finale en Grand Chelem, a priori contre Ivanovic.

TIMEA BACSINSZKY
Premier tour contre Jelena Jankovic (WTA 15). Il y avait plus efficace, pour vaincre son trac, que d’affronter une ex-numéro une mondiale. Mais Jankovic semble à nouveau souffrir de problèmes ligamentaires et, après elle, l’horizon semble nettement plus dégagé.

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Avant, car il y a un avant et un après Lille, Stan Wawrinka n’y pensait même pas. Jamais l’idée d’un forfait ne l’a effleuré. Mais cette année, il y pense. Plus exactement: il y réfléchit. Sa participation au premier tour de la Coupe Davis, le 6 mars prochain à Liège, est toujours en question, «c’est même une très bonne question», convient-il sobrement, comme pour absoudre ceux qui auraient le toupet de la poser.

Conflits d’intérêts

Dans les faits, le numéro quatre mondial gère des conflits d’intérêts que sa conscience, fut-elle professionnelle, peine à arbitrer. «Je n’ai pas encore de réponse à cette question, avoue-t-il. D’habitude, je prends toujours ma décision en décembre mais, cette fois, je n’ai pas réussi. Je dois avoir un débat avec moi-même, évaluer ce qui pourrait m’inciter à continuer. Ou pas.»

Stan Wawrinka sait que, sauf surprise, il devrait de nouveau porter l’équipe à bout de bras, contrairement à l’an dernier où, avant même l’Open d’Australie, dans un accès de camaraderie, Roger Federer avait fait le serment de le soulager. A ce stade, le Bâlois n’a pris aucun engagement moral, ni formel. Et ses premiers propos à ce sujet samedi à Melbourne n'incitent pas à l'optimisme.

«Clairement, après avoir gagné la Coupe Davis, il est dur de repartir au combat. Cette compétition fut un but pendant quinze ans, pour moi, pour mes copains, pour le tennis suisse. Maintenant, je ne sais pas. Je viens d’en parler avec le capitaine, et je dois encore sonder les intentions de chacun. Ensuite, j’aurai besoin d’un petit temps de réflexion. Probablement que je communiquerai après l’Australie.»

Ces déclarations laissent penser que son âge respectable (33 ans), sa course à la première place mondiale, et surtout sa vie de famille, résolument plus sédentaire depuis la naissance des jumeaux, le dissuaderont de repartir en campagne.

Swiss Tennis le sait bien qui, par la voix de son président, a devancé toute éventuelle réponse négative, en s’ingéniant à la rendre plus délicate, sinon impopulaire: René Stambach promet à la «Fedrinka» un stade de 32 000 places et une prime de deux millions de francs si elle atteint (et dispute) le deuxième tour en Suisse, face au Canada ou au Japon, sans oublier de pressentir des bénéfices inestimables pour la relève, pour la communauté, pour la nation.

Un certain embarras

Le projet est irrésistible. Inconvénient: il ne tient pas compte de l’avis des deux seules personnes qu’il implique, ni n’a jugé utile de s’en soucier. Informés par les journaux, Roger Federer et Stan Wawrinka taisent un certain embarras. Les voilà otages des jugements, appelés très poliment à répondre de leur loyauté devant l’ensemble de l’opinion publique, ce qu’ils ne sont pas loin de percevoir, sinon comme une entourloupe, du moins comme une maladresse stupide.

Certes, il reste sept semaines avant le premier tour en Belgique; bien assez pour réfléchir et refaire la paix autour d’une soupe de Kappel. «Je ne peux pas parler à la place des joueurs, la décision leur appartient», élude sagement le capitaine Severin Lüthi.

En attendant, la vente des billets a commencé (fort) en Belgique, où l’on mijote «une terre battue bien grasse», selon une source liégeoise, et l’on annonce fièrement la venue des champions du monde. Des champions qui, possiblement, pourraient prendre l’identité de Michael Lammer et Marco Chiudinelli, non admis aux qualifications de l’Open d’Australie.

Créé: 17.01.2015, 12h03

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