Dimanche 23 février 2020 | Dernière mise à jour 15:10

Tennis Roger Federer miraculé!

Poussé dans ses derniers retranchements par John Millman, le Bâlois a sauvé son Open d’Australie en remportant le premier match tie-break de la Rod Laver Arena.

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Roger Federer ira se coucher dans la peau d’un miraculé! Le Bâlois est sorti vainqueur d’une de ces épiques batailles qui ont fait la légende des nuits de Melbourne. Pour faire basculer la soirée dans l’irrespirable, il faut être deux et John Millman (ATP 47) mérite toutes les louanges du monde. En fait, et pour faire un peu trop simple, l’Australien aura été le meilleur joueur sur le court presque de bout en bout. Comment «RF» s’en est-il donc sorti? Difficile à dire, sans doute parce qu’il est Roger Federer. Bousculé, approximatif, parfois irrité, «le Maître» a longtemps semblé à court de solutions face à un adversaire survolté. Mais au final, c’est bien lui qui affrontera Marton Fucsovics (ATP 67) en huitièmes de finale. Et cette victoire miraculeuse pourrait bien lui apporter exactement ce dont il avait besoin en vue de la deuxième semaine (4-6, 7-6, 6-4, 4-6, 7-6).

Federer prisonnier

Il y a chez John Millman quelque chose qui ne convient vraiment pas à Roger Federer. Est-ce cette dimension physique qu’impose le bourlingueur de Brisbane aux débats? Ou peut-être sa façon de verrouiller la diagonale coup droit avec une obstination qui rappelle celle de Nadal de l’autre côté? Toujours est-il que le Bâlois a traversé les deux premières manches comme prisonnier d’une emprise à l’échange. Regard noir, coup droit décentré, il semblait incapable de prendre de vitesse son adversaire, lequel ne ratait pas. Ou si peu. Bien heureux d’arriver indemne jusqu’au tie-break de la deuxième manche, «RF» profitait d’un mini-break rapide (3-1) pour enfin lâcher ses coups et venir conclure au filet (4-6, 7-6).

La soirée de «Milly»

Ce sauvetage le relâcha un peu mais ne freina en rien l’Australien, impeccable sitôt le bras de fer installé. Et le gain du troisième set, arraché grâce à deux petits slices courts au meilleur moment (6-4), n’y changeait rien. John Millman avait bien décidé de profiter de sa grande soirée sur la Rod Laver Arena. Infatigable, «Milly» continuait de pilonner le côté coup droit du «Maître», trop lent pour ne pas subir, pas assez en confiance pour contrer le long de la ligne. Il empocha donc assez logiquement le quatrième set (4-6). Et lorsque l'Australien breaka dès le troisième jeu de la manche décisive, «RF» vacillait avec au moins un pied dans le précipice. La suite? Le Bâlois débreaka, sauva deux nouvelles balles de break à 3-3, se retrouva trois fois à deux points du match avant de se retrouver embarqué dans le premier «match tie-break» de sa carrière.

«Les démons sont toujours là»

Roger Federer l’a-t-il attaqué avec les fantômes de Wimbledon dans la tête? Toujours est-il qu’il se retrouva très vite mené 0-3. Un déficit que «RF» sembla pouvoir combler jusqu’à 4-5, moment choisi par John Millman pour sortir le tennis de sa vie. Grâce à une volée amortie et deux passings énormes, l’Australien se procurait un avantage qui semblait décisif (4-8). C’est à cet instant que Roger Federer décida d’enchaîner cinq points de suite pour obtenir la première balle de match de cette folle soirée. Une dernière anticipation décisive et «le Maître» pouvait lever les bras. Sonné par l’une des victoires les plus miraculeuses de sa carrière.

«Heureusement que c’était un super tie-break, sinon j’aurais perdu, résumait-il, essoufflé, au micro de Jim Courier. John a joué un match incroyable. Il aurait pu gagner. Ça s’est joué à rien, un peu de chance sans doute. Il a si bien débuté le tie-break que j’étais déjà en train de réfléchir à comment m’expliquer devant la presse. Les démons sont toujours là… ils guettent. Mais je me suis battu. J’étais dominé dans les deux diagonales. Alors j’ai essayé de m’accrocher, jusqu’à ce dernier point, où John a juste choisi le mauvais côté.» Le juste mot de la fin pour une soirée inoubliable qui n’aura tenu qu’à un fil.

Mathieu Aeschmann, Melbourne

Créé: 24.01.2020, 15h16

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