Dimanche 24 mars 2019 | Dernière mise à jour 11:52

Tennis «Je veux toujours être No 1 mondiale»

Juste avant d’entamer sa série de douze succès d’affilée, Belinda Bencic nous avait confié son ambition intacte. Elle défie Kerber cette nuit (5h).

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Invaincue depuis douze matches, Belinda Bencic avait entamé son irrésistible série il y a cinq semaines à Bienne par une victoire en Fed Cup face à Sara Errani. L’avant-veille, au milieu d’un entretien de 45 minutes et au détour d’une question sur ses objectifs, la Saint-Galloise nous avait glissé sans esbroufe: «mon but n’a pas changé, je veux toujours devenir No 1 mondiale».

À l’époque, l’affirmation s’était un peu perdue dans le flux des confidences. Ou peut-être avions-nous commis l’erreur d’en juger le timing maladroit, une semaine après une défaite décevante à Saint-Pétersbourg (Kudermetova, WTA 108). Quel dommage! Car douze victoires, six «Top 10» et un titre à Dubaï plus tard, l’aplomb de Belinda Bencic sonne aujourd'hui comme un magnifique présage.

Alors bien sûr, «Beli» ne pouvait sans doute pas s’imaginer en nouvelle terreur de la WTA. Mais l’évidence avec laquelle elle nous avait rappelé son «plan de carrière» portait le sceau des sportifs qui ont acquis des certitudes. Même si elle ne gagnait encore que par intermittence, la Saint-Galloise se sentait forte. Elle avait l’impression d’avoir repris le fil de sa carrière. Notamment grâce au retour à ses côtés de son père Ivan.

Papa Ivan a réveillé l'essence de son jeu

«Personne ne maîtrise mieux mon tennis que lui. Je n’ai pas bien joué à l’automne dernier. Nous sommes donc revenus aux bases, des trucs que l’on faisait gamin. Et j’ai senti tout de suite que mon père est le meilleur pour entretenir l’essence de mon jeu. II n’est certainement pas le meilleur «coach» au sens tactique du terme, il n’a jamais joué et ne pourrait sans doute pas aider des autres joueuses. Mais il connaît mon style et mon fonctionnement par cœur. Il sait quoi faire pour que je me sente bien, il sent aussi quand je vais sortir de mes gonds. Mes autres coaches avaient plus de mal. Au final, peu importe à quel point on fait connaissance avec quelqu’un, les parents comprennent tout, parfois même sans un mot.»

La seconde explosion de Belinda Bencic – elle était 7e mondiale en 2016 – serait donc le fruit d’un retour aux sources? Sans doute. Mais un retour aux sources nourri des expériences passées. C’est une évidence, «Beli» sert par exemple beaucoup mieux; une évolution entamée avec Vlado Platenik mais qu’elle a su faire fructifier par elle-même. «Je suis contente d’avoir trouvé une solution par moi-même, nous expliquait-elle à Bienne. Je crois que le service est quelque chose de très personnel. Le rythme d’un joueur ne peut pas être transmis à dix autres. En ce sens c’était bien d’avoir trouvé mon identité.»

Un trio qui vit en harmonie

Autre évolution déterminante, Belinda Bencic est aujourd’hui une jeune femme épanouie et mature. Elle voyage en compagnie des deux hommes de sa vie: Ivan, le papa-coach et Martin Hromkovic, son petit ami de préparateur physique. Un trio au sein duquel tout le monde semble avoir trouvé sa place en bonne intelligence; sans doute habité par l’envie de profiter de ces bons moments qui semblaient si loin lorsque «Beli» se faisait opérer du poignet au printemps 2017.

«Après une opération, tu ne sais jamais comment tu vas revenir. À 20 ans après avoir touché au plus haut niveau, tu te demandes si tu pourras y retourner. C’est compliqué pour un sportif. Tu n’as aucune garantie, aucune sécurité. Tu te poses des questions… forcément. Il y a d’abord la peur que ça ne tienne pas, tu penses à Delpo qui a tant galéré avec le poignet… J’étais donc tellement libérée, soulagée de pouvoir rejouer sans douleur.»

Libération, retour aux sources, plaisir de jouer, voilà un peu tout ce qui porte Belinda Bencic. Jeudi soir encore après sa victoire contre Karolina Pliskova, la Saint-Galloise insistait: «Moins je pense sur le court, mieux je joue. Quand la confiance est là, tu peux juste faire confiance à ton instinct. Jouer comme tu le sens, tout simplement. Et comme ça marche plutôt, je ne pense pas changer d’approche.» Elle aurait tort: la voilà à deux succès d’un formidable doublé Dubai - Indian Wells! (nxp)

Créé: 15.03.2019, 18h10

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