Lundi 21 octobre 2019 | Dernière mise à jour 22:05

Football Commentaire: au PSG, c'est le Carnaval de travers

Incompréhensible, la déroute du PSG? Au contraire: si on cause karma, elle s'explique facilement.

Image: Keystone

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Pauvre Neymar… Il avait fait le sacrifice, lui. Il s’était héroïquement arraché du Carnaval de Rio après avoir déjà quitté celui de Salvador de Bahia, la mort dans l’âme et des confettis plein les poches. Il avait mis de côté son ego, sa rééducation à base de bains de caïpirinha et son string à plumes pour se cailler les miches au Parc des Princes, un soir pluvieux de début mars. Respect. L’humble Brésilien avait mis toute sa vie entre parenthèses pour être là; aider ses coéquipiers du PSG à retrouver enfin les quarts de finale de la Ligue des champions; pour distiller les bonnes ondes, quoi.

Les ondes, parlons-en, puisqu’il n’y a aucune explication rationnelle à la faillite sportive du Paris Saint-Germain, ridiculisé mercredi soir par l’ombre de Manchester United (1-3) après s’être baladé à l’aller en Angleterre (victoire 2-0). «Ils ont mis trois buts sans attaquer, ni se créer aucune occasion, c’est dur d’analyser les choses», a soupiré l’entraîneur Thomas Tuchel, avant d’expliquer qu’il avait «besoin de repos» - si jamais, Neymar a de bonnes adresses. «Je ne comprends pas», ressassait pendant ce temps-là son président Nasser Al-Khelaïfi, blême. Entre mille autres interrogations, le monsieur ne comprend surtout pas pourquoi un arbitre a sifflé un penalty décisif contre les siens à l’entrée des arrêts de jeu, alors que lui vient d’intégrer le Comité exécutif de l’UEFA.

C'est le karma, les gars!

C’est ça: incompréhensible. Comment une équipe qui maîtrise à ce point le ballon (72% de possession) peut-elle s’autodétruire ainsi? Comment une escouade de millionnaires affûtés parvient-elle à se noyer dans un verre d’eau de boudin? Pourquoi la malédiction ne semble-t-elle jamais prendre de vacances quand il s’agit de mettre des bâtons dans les roues parisiennes? Parce qu’on ne récolte jamais que ce que l’on sème et, comme l’a dit le Brésilien Marquinhos en guise d’indice à la résolution de l’énigme, «maintenant, il faut manger la merde».

C’est le karma, les gars! Quand on n’en aligne pas une de droite, quand on balance des millions par la fenêtre (Buffon, Diarra, Choupo-Moting, etc…), quand on fête même le Carnaval de travers, à un moment, on part dans le décor. Sous ses airs autoproclamés de grand club, Paris fonctionne à la petite saison. Zéro ligne, zéro harmonie, zéro cohérence. De l’eau dans le gaz entre le coach et le directeur sportif Antonio Henrique, de la friture sur la ligne entre l’institution et ses brebis (Ben Arfa l’an passé, Rabiot cette saison…), du fiel à tous les étages, de la mélasse dans les rouages, des coups foireux sur le mercato en veux-tu, en voilà…

Le pied de «Ney», d’accord, c’était une tuile. Mais pour se mettre ainsi sur le toit, pour défier avec une telle régularité les lois de la scoumoune auto-sollicitée, il en faut plus. Il faut – n’ayons pas peur des mots – une forme de génie. Un génie qui, lui, ne s'achète pas. Le génie qui donne par exemple l'idée d'engager un Gianluigi Buffon déclinant pour mieux flinguer une étoile montante, Alphonse Areola. Et qui permet au PSG d'inventer des trucs impossibles.

Créé: 07.03.2019, 17h03

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