Jura – 100% d’échecs à l’examen de français
Publié

Jura100% d’échecs à l’examen de français

Les 40 candidats inscrits à une épreuve de rattrapage ont tous échoué, à la Haute École pédagogique BEJUNE. Lematin.ch a quant à lui échoué dans sa tentative… d’obtenir l’examen.

par
Vincent Donzé
La HEP-BEJUNE, à la gare de Delémont.

La HEP-BEJUNE, à la gare de Delémont.

Lematin.ch/Vincent Donzé

Un examen de français à la Haute École pédagogique BEJUNE a provoqué 100% d’échecs. Depuis que «Le Quotidien Jurassien» a révélé ce ratage, les politiciens s’interrogent autant que les étudiants. Au Parlement jurassien, le député Alain Schweingruber (PLR) a voulu savoir s’il y avait des problèmes en amont, quand bien même l’enseignement jurassien est bien coté sur le plan suisse, en dépit d’un manque d’engagement des élèves et des enseignants, selon un questionnaire.

Pour dix élèves recalés, l’échec est définitif. Les autres auront une nouvelle chance à la fin de ce mois. «Nous avons été étonnés par ce 100% d’échecs lors d’une épreuve de rattrapage. Mais la compétence de ce type d’examen est celle de la filière académique», a expliqué le ministre de la Formation Martial Courtet. Les échecs définitifs ont un taux acceptable à la HEP: 6,2% en 2019, 3,6% en 2020, 4,2% en 2021.

Oppositions ou recours

Que s’est-il passé qui explique un échec total à l’examen de français? Influence des écrans ou d’une écriture phonétique? Lematin.ch souhaitait recevoir les examens pour s’y frotter. Las! Les voies de droit n’étant pas épuisées, avec de possibles oppositions ou recours, la HEP-BEJUNE n’a pas souhaité rendre public les pièces du dossier dont fait partie l’examen en question.

À ce stade, la responsable de la communication, Claudine Chappuis, peut préciser que cet examen de 1re année «ne consiste pas en un test de connaissances grammaticales ou orthographiques». Il s’agit plutôt d’un examen de didactique du français.

Erreurs de langue

«Le candidat est appelé à retrouver des erreurs de langue, dans des productions d’élèves, et à les commenter, d’un point de vue didactique». Un exemple: corriger «court d’assises» par «Cour d’assises». L’examen testait à la fois des notions de base de français «qu’un candidat doit maîtriser pour pouvoir transmettre une langue» et des compétences didactiques «indispensables à tout futur enseignant».

Précision de Claudine Chappuis: «D’une manière générale, et quant aux raisons des échecs, il est délicat d’établir d’emblée et sans aucun recul un lien de causalité entre la période d’enseignement à distance et le taux d’échec en français des étudiant·e·s en formation primaire de la HEP-BEJUNE lors de leurs récents examens en passation».

Crainte légitime

Un premier constat toutefois: après analyse des résultats par le Conseil d’État neuchâtelois de la session d’examens de printemps 2021 au sein des trois hautes écoles de l’arc jurassien, dont la HEP-BEJUNE, «la crainte légitime d’une péjoration des conditions de formation durant le 1er semestre de l’année académique 2020-2021 n’a pas trouvé confirmation».

«Les inconvénients liés à la période de pandémie ont, en effet, pu être compensés par le dispositif de formation à distance et les aménagements prévus par les hautes écoles durant le premier semestre et lors de la session d’examens», détaille Claudine Chappuis.

Pas complètement

«Les étudiantes et étudiants sont stupéfaits, alors que l’école parle de lacunes», a constaté la RTS. Deux étudiants ont témoigné anonymement dans le «19 h 30». Critique principale: l’examen ne correspondait pas complètement à la matière enseignée.

«Tout le monde a encore plus répété. Au final, on se retrouve avec des taux encore plus bas qu’au premier essai. Les enseignants ont des attentes. J’ai l’impression qu’il y a un manque de communication et de compréhension par rapport à cela», a indiqué un étudiant.

Votre opinion