Aide au développement11,35 milliards libérés pour la période 2013-2016
La Confédération devrait libérer 11,35 milliards de francs entre 2013 et 2016.
Projet au Niger.
La Confédération devrait libérer 11,35 milliards de francs pour l'aide au développement entre 2013 et 2016. Le Conseil des Etats s'est rallié mardi au National et, par 28 voix contre 15, a approuvé ces crédits-cadre.
La Suisse pourra relever la part du revenu national brut affectée à ce but à 0,5% en 2015. Cet engagement a été pris l'an dernier par le Parlement, a rappelé Felix Gutzwiller (PLR/ZH) au nom de la commission.
Et de mettre en avant les très bonnes notes obtenues au niveau international par l'aide humanitaire helvétique. Cette dernière permet en outre d'atténuer le gouffre entre riches et pauvres, et de réduire le risque de conflits.
Une minorité de droite souhaitait dépenser moins, invoquant la situation financière de la Confédération et les incertitudes économiques. La hausse prévue des moyens dédiés à l'aide au développement est trois fois plus forte que celle des dépenses fédérales, a critiqué Karin Keller-Sutter (PLR/SG).
Il y a d'autres priorités comme l'armée, les transports, la politique énergétique, la réforme de la fiscalité des entreprises ou des familles, qui ne doivent pas faire les frais de l'aide au développement, ont avancé plusieurs orateurs. Ils auraient souhaité raccourcir au total les crédits de 831 millions de francs.
La Suisse peut se le permettre
La Suisse est un des pays au monde qui profite le plus de la globalisation. Elle peut se permettre d'investir 11,35 milliards dans les pays en développement alors qu'elle reçoit 80 milliards en retour, a répliqué Anita Fetz (PS/BS).
Et d'affirmer que la Confédération avait des réserves pour affronter une détérioration de la situation économique. Elle a aussi intérêt à ce que l'Afrique maîtrise son destin et ne devienne pas un satellite de la Chine.
Trois crédits
Les propositions de la droite ont été rejetées. Les sénateurs ont donné leur aval au premier crédit de 8,945 milliards, refusant de le ramener à 8,291 milliards. La Direction pour le développement et la coopération (DDC) devrait ainsi bénéficier de 6,92 milliards, soit 61% de l'enveloppe totale. L'aide humanitaire obtiendrait 2,03 milliards de francs (17,8%).
Le conseil a accepté de verser au Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO) 1,28 milliard (11,3%) pour les mesures de politique économique et commerciale déployées au titre de la coopération au développement. La droite voulait limiter la facture à 1,186 milliard.
Enfin, le crédit-cadre de 1,13 milliard (9,9%) pour la poursuite de la coopération avec les Etats d'Europe de l'Est et de l'ex-Union soviétique, assumée conjointement par la DDC et le SECO, a été validé. La minorité plaidait pour 1,042 milliards.
Un franc par jour
Pour la première fois, l'aide traditionnelle, la coopération économique au développement, l'aide humanitaire et l'aide aux pays de l'Est sont regroupées en un seul projet. Suivant le National, le Conseil des Etats a précisé que la Confédération pouvait coopérer non seulement avec des organisations non gouvernementales (ONG), mais aussi avec des entreprises privées.
Rebondissant sur les dix ans d'appartenance à l'ONU, qu'il célèbre le jour même en présence du secrétaire général Ban Ki-moon, le ministre des affaires étrangères Didier Burkhalter a souligné que le succès helvétique au plan international dépendra de sa capacité de conjuger intérêts et valeurs. Certes le monde va mieux si la Suisse se porte bien, mais l'inverse est tout aussi vrai.
L'engagement suisse représentera un franc par jour et par personne, a-t-il expliqué. Quant à la récente étude affirmant que l'aide au développement ne permet pas de freiner l'immigration mais ouvrirait de nouvelles voies pour les émigrants potentiels, le conseiller fédéral l'a clairement remise en cause. «Je n'y crois pas».