13.10.2020 à 09:32

Climat150 millions de victimes de désastres par an d’ici 2030

Selon un rapport de l’ONU publié mardi, le nombre de victimes de catastrophes va augmenter de 50% d’ici 10 ans.

"Etre préparé et capable de réagir au bon moment et sur le bon site peut sauver de nombreuses personnes" et protéger les communautés lors d'un désastre, affirme le secrétaire général de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) Petteri Taalas (archives).

"Etre préparé et capable de réagir au bon moment et sur le bon site peut sauver de nombreuses personnes" et protéger les communautés lors d'un désastre, affirme le secrétaire général de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) Petteri Taalas (archives).

KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI

Les désastres pourraient faire environ 150 millions de victimes par an d’ici 2030, selon l’ONU. Soit une augmentation d’environ 50% par rapport à la situation en 2018, où 108 millions de personnes avaient été affectées, dit un rapport publié mardi à Genève.

D’ici 2030, les coûts de ces désastres devraient atteindre 20 milliards de dollars par an, affirment 16 agences internationales et institutions financières. Le changement climatique a augmenté les situations météorologiques et ces catastrophes, aussi bien en nombre qu’en violence, insistent-elles.

Or, un tiers de la population mondiale ne peut toujours pas être alerté avant un désastre avec un dispositif adapté. Depuis 1970, plus de 11'000 catastrophes ont été observées pour un coût de plus de 3000 milliards de francs, dont environ 150 milliards dans les petits Etats insulaires.

Elles ont été multipliées par cinq, alors même que le nombre de victimes a été divisé par trois. Au total, 79% des désastres sont liés aux situations météorologiques ou au climat. Et 70% ont été observés dans les pays les plus pauvres où près d’1,5 million ont succombé.

Possibilité offerte par le Covid

Le moment est venu de passer d’un système de prévision «de ce que la météo sera» à «ce que la météo fera», selon le rapport. Et «être préparé et capable de réagir au bon moment et sur le bon site peut sauver de nombreuses personnes» et protéger les communautés, affirme le secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) Petteri Taalas.

Selon lui, les vagues de chaleur constituent les situations les plus inquiétantes auxquelles il faudra faire face. Les tempêtes sont en revanche celles qui provoquent le nombre le plus important de conséquences économiques.

En pleine pandémie, Petteri Taalas rappelle que la menace du changement climatique va augmenter pour «les êtres humains, les écosystèmes, les économies et les sociétés». Le Covid offre une possibilité d’investir dans une relance plus durable pour s’adapter au réchauffement, affirme encore Petteri Taalas. «Nous sommes beaucoup plus préoccupés par l’impact du changement climatique», a-t-il dit à la presse.

Besoin de nombreux milliards de dollars par an

Le financement de la lutte contre le réchauffement climatique s’améliore. Il atteint désormais près de 500 milliards de dollars par an. Mais seule une petite partie est injectée dans l’adaptation. Selon les estimations, il faudra au moins 180 milliards de dollars par an jusqu’en 2030 pour toutes les branches affectées.

Aucun pays ne peut à lui seul être prêt sur les alertes face aux désastres, estime un autre responsable de l’OMM. «Tous dépendent de systèmes mondiaux et régionaux», ajoute-t-il. Il est important que ceux-ci «obtiennent des ressources», notamment pour que les pays les plus pauvres puissent également faire face à ces désastres.

Parmi les avancées, Petteri Taalas a remercié le gouvernement chinois pour son souhait d’atteindre une neutralité carbone d’ici 2050. Il a salué ce pays pour cette déclaration récente à l’ONU.

(ATS/NXP)

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