30.08.2017 à 15:54

Asie18'500 Rohingyas ont fui la Birmanie

Au moins 18'500 membres de la minorité musulmane rohingya se sont déplacés au Bangladesh, fuyant les persécutions.

Les arrivées de Rohingyas ne sont guère vues d'un bon oeil par le Bangladesh, pays à majorité musulmane. (Lundi 28 août 2017)

Les arrivées de Rohingyas ne sont guère vues d'un bon oeil par le Bangladesh, pays à majorité musulmane. (Lundi 28 août 2017)

Keystone

Environ 18'500 musulmans rohingya ont pénétré au Bangladesh ces derniers jours. Ils fuient les violences les plus meurtrières en cinq ans entre les forces de sécurité birmanes et leur minorité, a déclaré mercredi l'Organisation internationale pour les migrations (OIM)

Des «centaines et des centaines» d'autres dont le nombre précis est difficile à évaluer, selon l'agence onusienne, sont bloqués dans un no man's land à la frontière, où des abris temporaires s'étendent sur une étroite de bande de terre de plusieurs centaines de mètres.

Une partie des réfugiés, principalement des femmes et des enfants, se sont aussi vu refuser l'accès au Bangladesh ces derniers jours.

Beaucoup de réfugiés sont en outre malades. Au moins six ont perdu la vie après avoir franchi la frontière, déclare un travailleur humanitaire, qui ajoute que nombre d'entre eux refusent d'être aidés car ils redoutent d'être renvoyés en Birmanie.

Plus de 100 morts

Malgré des décennies de restrictions et de persécutions dans ce pays, où leur communauté est marginalisée et considérée comme étrangère, les Rohingyas n'avaient jusqu'à présent presque jamais recouru à la lutte armée.

Mais la donne a drastiquement changé en octobre dernier, lorsqu'un groupe de rebelles rohingyas jusqu'ici inconnu et sommairement équipé de couteaux a lancé des attaques-surprise contre des postes-frontières. Le nouveau cycle de violence a fait jusqu'à présent 110 morts dans l'Etat birman d'Arakan.

L'armée birmane a violemment réagi et engagé une campagne de répression qui, selon l'ONU, pourrait s'assimiler à une épuration ethnique. Des accusations rejetées par l'armée birmane.

Hameaux incendiés

Abdullah, un villageois toujours présent en Birmanie, déclare que quatre des six hameaux de son village ont été incendiés par l'armée. «C'est terrible, les maisons brûlent, tous les habitants fuient leurs maisons, les parents et leurs enfants sont séparés, certains sont perdus, d'autres sont morts», raconte-t-il au téléphone.

Avec sa femme et sa fille de cinq ans, il se prépare à parcourir les vingt kilomètres de chemin montagneux qui les séparent de la frontière.

Défi pour Suu Kyi

Le sort réservé aux quelque 1,1 million de Rohingya dans une Birmanie à prédominance bouddhiste est devenu l'un des plus gros défis lancés à Aung San Suu Kyi, qui exerce de facto les fonctions de chef du gouvernement birman depuis près d'un an et demi.

Les Rohingya établis dans l'Etat d'Arakan ne peuvent obtenir la nationalité birmane et leurs déplacements sont soumis à de sévères restrictions. Nombre de bouddhistes birmans les considèrent comme des immigrants illégaux venus du Bangladesh.

Ils fuient la Birmanie depuis le début des années 1990 et sont désormais dans les 400'000 au Bangladesh, dont les autorités refusent désormais d'accepter d'autres réfugiés.

Le Conseil de sécurité des Nations unies devait se réunir mercredi à huis clos, à la demande de la Grande-Bretagne, pour examiner la situation.

(ats)

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