Actualisé 22.02.2016 à 04:59

19 morts dans des violences de castes en Inde

Emeutes

Des violences ont éclaté dans le nord de l'Inde, où les autorités tentent de freiner une crise liée au système de castes.

La police a le droit d'ouvrir le feu pour maîtriser les manifestants.

La police a le droit d'ouvrir le feu pour maîtriser les manifestants.

Reuters

Le bilan des émeutes liées au système de castes dans le Nord de l'Inde s'est aggravé à 19 morts et 200 blessés, a déclaré lundi à l'AFP un responsable du gouvernement local. «Dix-neuf personnes sont mortes et plus de 200 personnes sont blessées», a déclaré P. K. Das, haut responsable au ministère de l'Intérieur de l'Etat de Haryana, ajoutant que la situation semblait cependant s'apaiser.

Les émeutes ont donné lieu à des scènes de pillage et de multiples incendies criminels, a annoncé la police dimanche. L'armée a été déployée avec l'ordre de tirer à vue.

La crise, qui couvait depuis plusieurs jours, a dégénéré en violences en fin de semaine et menaçait dimanche l'approvisionnement en eau de New Delhi, voisine de l'Etat de Haryana.

Des milliers de soldats ont été dépêchés samedi dans cet Etat, avec l'ordre de tirer à vue, au lendemain de violences qui ont vu des émeutiers incendier des maisons ou des gares et bloquer des autoroutes.

Dix personnes ont été tuées en trois jours alors que forces de l'ordre ont ouvert le feu pour faire cesser les troubles, a déclaré le chef de la police de l'Etat de Haryana, Yash Pal Singal. Environ 150 autres personnes ont été blessées.

Discrimination positive

Aux avant-postes du mouvement, des membres de la caste influente des Jat. Ils exigent des quotas pour des emplois dans la fonction publique ainsi que des places dans les universités pour leurs enfants.

Dans un effort pour améliorer le quotidien des victimes des plus graves discriminations en cours dans le pays, l'Inde mène une politique de discrimination positive qui prévoit des quotas pour les basses castes.

Mais cette politique déplaît aux autres communautés qui s'estiment lésées. Les Jat affirment en particulier avoir du mal à s'en sortir en dépit de la croissance économique forte que connaît le pays.

Malgré le renforcement des mesures de sécurité, les émeutiers sont à nouveau descendus dans la rue dans la nuit de samedi à dimanche. Ils ont mis le feu à des commerces de Rohtak, localité à l'épicentre des violences, a déclaré un porte-parole de la police locale.

La situation est également difficile dans la ville proche de Jhajjar. «Nous ne contrôlons pas la situation, qui est très tendue, avec des milliers de manifestants qui encerclent le principal quartier administratif», a déclaré Rajiv Kumar, chef de la police.

Eau rationnée

La crise a également des répercussions dans la capitale New Delhi, dont le ravitaillement en eau est perturbé. Des groupes de manifestants ont provoqué la fermeture des vannes d'un canal de Haryana qui alimente les centrales de traitement des eaux de la capitale indienne.

Le chef de l'exécutif de New Delhi, Arvind Kejriwal a annoncé le rationnement de l'eau dans la capitale, ajoutant que les écoles resteraient fermées lundi pour économiser les réserves.

Dimanche soir, des pourparlers ont eu lieu à New Delhi entre le ministre de l'Intérieur Rajnath Singh, le parti au pouvoir (BJP) dans l'Etat de Haryana, et les dirigeants du Jat. «Nous avons décidé que les Jats allaient obtenir des quotas via une loi lors de la prochaine assemblée», a annoncé Anil Jain, le chef du BJP, à la presse.

(AFP)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!