28.09.2020 à 12:22

Espace1ère publication scientifique grâce aux données de Cheops

Une étude parue dans le journal «Astronomy & Astrophysics» décrit, grâce aux données du télescope suisse, l’une des exoplanètes les plus extrêmes connues.

Les observations du télescope CHEOPS, en orbite depuis le 18 décembre 2019, ont permis de publier une première étude scientifique.

Les observations du télescope CHEOPS, en orbite depuis le 18 décembre 2019, ont permis de publier une première étude scientifique.

Université de Berne

La première publication scientifique utilisant des données fournies par le télescope Cheops vient de paraître dans le journal «Astronomy & Astrophysics». L’étude décrit l’exoplanète WASP-189b, l’une des planètes les plus extrêmes connues.

WASP-189b tourne en orbite autour de l’étoile HD 133112, hors de notre système solaire, a indiqué lundi dans un communiqué l’Université de Berne, qui dirige le projet Cheops en collaboration avec l’Université de Genève. L’exoplanète se situe à 322 années-lumière de la Terre et mesure une fois et demie la taille de Jupiter, la plus grosse planète de notre système solaire.

Température extrême mesurée

«WASP-189b est vingt fois plus proche de son étoile que la Terre du Soleil», décrit Monika Lendl, astrophysicienne à l’Université de Genève, citée dans le communiqué. Cette proximité conduit à une «température extrême» de l’exoplanète. Les observations de Cheops ont permis d’évaluer cette température à 3200 degrés Celsius.

WASP-189b a un côté jour permanent et un côté nuit permanent, lit-on dans le communiqué. Grâce à Cheops, les chercheurs ont pu constater que l’exoplanète ne reflète pas beaucoup la lumière de son étoile. Ceci est dû à l’absence de nuages qui ne peuvent pas se former à des températures très élevées. Par conséquent, la planète chauffe fortement et «chauffe littéralement à rouge».

Les mesures de Cheops ont également permis de conclure que la surface de l’étoile HD 133112 a des zones plus sombres que d’autres, d’après Willy Benz, professeur d’astrophysique à l’Université de Berne et principal responsable du consortium de la mission Cheops. Ces zones plus sombres indiquent qu’elles sont plus éloignées du centre de l’étoile: celle-ci tourne si vite sur elle-même que sa forme sphérique s’allonge.

Point de référence

Ce système constituera une référence pour d’autres études à l’avenir, selon Willy Benz: «Nous ne connaissons aujourd’hui qu’une poignée d’exoplanètes autour d’étoiles aussi chaudes et ce système est de loin le plus lumineux, et donc l’un des plus précieux.»

Le télescope spatial Cheops est en orbite depuis le 18 décembre 2019. C’est un projet commun de l’Agence spatiale européenne (ESA) et de la Suisse, qui regroupe un consortium de plus de cent scientifiques et ingénieurs de onze pays européens. La mission cherche à explorer des exoplanètes déjà découvertes.

Les exoplanètes sont des planètes tournant autour d’autres étoiles que le Soleil. La première découverte d’une telle planète en 1995 a été récompensée par le Prix Nobel de physique 2019 aux Suisses Michel Mayor et Didier Queloz.

(ATS/NXP)

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