17.12.2016 à 01:56

Haïti2'000 manifestants contre le résultat de la présidentielle

Ils dénoncent la victoire annoncée de Jovenel Moïse dès le premier tour.

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Axes routiers bloqués, rues désertes, activité commerciale au point mort... La capitale d'Haïti, Port-au-Prince, était paralysée lundi au lendemain de violences entre policiers mécontents et militaires. (Lundi 24 février 2020)

Axes routiers bloqués, rues désertes, activité commerciale au point mort... La capitale d'Haïti, Port-au-Prince, était paralysée lundi au lendemain de violences entre policiers mécontents et militaires. (Lundi 24 février 2020)

AFP
Des policiers en colère ont attaqué le QG de l'armée haïtienne à Port-au-Prince dimanche. Ces violences ont fait des morts et des blessés. (23 février 2020)

Des policiers en colère ont attaqué le QG de l'armée haïtienne à Port-au-Prince dimanche. Ces violences ont fait des morts et des blessés. (23 février 2020)

AFP
Le mandat de la totalité des députés haïtiens est arrivé à terme lundi, ce qui confère au président la possibilité de gouverner par décret. (13 janvier 2019)

Le mandat de la totalité des députés haïtiens est arrivé à terme lundi, ce qui confère au président la possibilité de gouverner par décret. (13 janvier 2019)

AFP

Plus de 2'000 personnes ont manifesté vendredi à Port-au-Prince pour dénoncer le résultat préliminaire de l'élection présidentielle donnant la victoire à Jovenel Moïse dès le premier tour du 20 novembre, ce que ses opposants ont qualifié de «coup d'état électoral».

«On est dans les rues pour dénoncer le coup d'état électoral que la bourgeoisie rétrograde haïtienne et une branche de la communauté internationale veulent imposer au peuple», a accusé Printemps Bélizaire, un participant au cortège sillonnant un bidonville de la capitale. «Nous sommes un peuple résistant et on va arriver à renverser cette mascarade électorale».

Les habitants des quartiers les plus pauvres de Port-au-Prince manifestent depuis l'annonce le 28 novembre du résultat préliminaire du scrutin présidentiel qui s'est tenu sans incident.

Bataille juridico-politique

Le Conseil électoral provisoire (CEP) a attribué la victoire dès le premier tour à Jovenel Moïse, candidat du PHTK (Parti haïtien Tet Kale) du président sortant Michel Martelly, avec 55,67% des suffrages.

Mais les trois candidats arrivés juste derrière --Jude Célestin (19,52%), Moïse Jean-Charles (11,04%) et Maryse Narcisse (8,99%)-- ont contesté ce résultat devant le tribunal électoral.

Seul candidat ouvertement de gauche, M. Jean-Charles a défilé vendredi. «L'élite économique croit que le pays est pour elle mais elle ne peut pas nous imposer un président», a estimé le chef du parti Pitit Dessalines.

«On mène une bataille juridico-politique: on conteste devant le tribunal électoral mais aussi sur le terrain», a-t-il déclaré à l'AFP.

Mme Narcisse a également participé à cette manifestation car le 16 décembre est hautement symbolique pour son parti Fanmi Lavalas: c'est à cette date qu'en 1990 Jean-Bertrand Aristide a été, pour la première fois, élu président d'Haïti.

Résultat le 29 décembre

«Vingt-six ans après la première élection libre et démocratique dans le pays, le peuple haïtien dénonce l'abus: le coup d'état électoral ne passera pas», a-t-elle commenté.

Scandant des slogans très violents à l'égard de la bourgeoisie, les manifestants ont défilé jusque dans les rues de Pétionville, commune la plus aisée de l'aire métropolitaine et fief du parti PHTK.

Contrairement à de précédentes manifestations qui s'étaient achevées par des affrontements, le cortège n'a été marqué par aucun incident. Il était accompagné d'une importante présence policière.

Le résultat définitif du premier tour est prévu le 29 décembre, mais son annonce pourrait être décalée car le tribunal électoral n'a pas encore commencé les audiences pour examiner les plaintes de l'opposition.

(AFP)

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