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Brésil2 ans après la tragédie minière, rien n'a changé

Les déplacés attendent toujours, deux ans après la rupture de barrage minier qui avait fait 19 morts et plus de 600 déplacés.

Deux ans après la pire tragédie environnementale de l'Histoire du Brésil, pas une brique n'a encore été posée sur les terrains où doivent être reconstruits les villages dévastés par la gigantesque coulée de boue qui avait fait 19 morts et plus de 600 habitants sans domicile. De Bento Rodrigues, la première localité frappée par les 40 millions de mètres cubes de déchets miniers provenant du barrage qui venait de se rompre, «il ne reste que le souvenir», résume Antonio Quintao, propriétaire de deux maisons totalement détruites. Le barrage était opéré par la compagnie Samarco, propriété du groupe brésilien Vale et de l'australien BHP Billiton.

Des centaines de kilomètres carrés avaient été submergés par le tsunami de boue, qui avait traversé deux Etats brésiliens et s'était répandu sur 650 kilomètres jusqu'à l'océan Atlantique à travers le lit du fleuve Rio Doce, l'un des plus importants du Brésil, avec des conséquences désastreuses pour la vie quotidienne de milliers d'habitants, l'environnement et l'économie locale, selon l'Institut brésilien pour l'environnement (Ibama).

Les habitants résignés

En août, un juge brésilien a suspendu pour vice de procédure les poursuites contre 22 personnes inculpées pour homicide dans cette affaire datant de novembre 2015. Pendant ce temps, l'entreprise a commencé à verser des indemnisations et à réparer les dégâts à travers la fondation Renova, créée par un accord entre Samarco, Vale et BHP avec le gouvernement brésilien et celui de l'Etat de Minas Gerais, où a eu lieu l'accident.

Aujourd'hui, Antonio continue de travailler pour l'entreprise Vale et vit avec sa famille dans une habitation payée par Samarco. Il se dit résigné. «On avait nos maisons. Elles pouvaient être simples, mais elles étaient à nous. Là, on vit de la charité de l'entreprise, dans une maison qui n'est pas la nôtre», raconte cet homme de 49 ans à l'AFP.

Les quelques ruines marrons visibles de Bento Rodrigues, transformé en village fantôme, sont envahies par la végétation. La reconstruction de Bento Rodrigues, Paracatu de Baixo et Gesteira fait partie des objectifs prioritaires de la fondation.

Interrogé par l'AFP sur les délais, le porte-parole de Renova, Marcus Vinicius Ferreira, assure que «le planning est respecté»: il prévoit la remise des maisons des trois localités à ses habitants au premier semestre 2019. Renova assure avoir déjà dépensé 2,5 milliards de réals (656 millions d'euros) pour la réparation des dommages, sur un total de 11 milliards de réals (2,8 milliards d'euros) prévus jusqu'en 2030.

(AFP)

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