France: 20 ans pour l'assassinat d'un businessman russe
Publié

France20 ans pour l'assassinat d'un businessman russe

Rouslan Bersanov a été condamné aux assises à 20 ans de prison pour l'assassinat en 2011 d'un homme d'affaires russe.

Rouslan Bersanov a été condamné à 20 ans de prison pour l'assassinat d'un homme d'affaires russe, tué en 2011 d'une balle dans la tête. (Photo d'illustration)

Rouslan Bersanov a été condamné à 20 ans de prison pour l'assassinat d'un homme d'affaires russe, tué en 2011 d'une balle dans la tête. (Photo d'illustration)

AFP

Un réfugié tchétchène a été condamné vendredi par la cour d'assises de Paris à 20 ans de réclusion criminelle pour l'assassinat d'un homme d'affaires russe, tué en 2011 d'une balle dans la tête, tandis que son co-accusé a été acquitté. Rouslan Bersanov, 30 ans, est resté stoïque à l'énoncé de la sentence de 20 ans de prison, qui correspond exactement aux réquisitions. Il dispose de dix jours pour faire appel.

En détention provisoire depuis sept ans, son co-accusé, Yazid Arsaliev, 28 ans, devait lui être immédiatement libéré. Ses avocats Peggy Salomé et Matthieu Hy se sont pressés contre le box pour lui parler. Le jeune homme discret, teint pâle et barbe noire, qui a toujours clamé son innocence, n'a pas dissimulé sa joie.

«Vous pouvez solliciter une indemnisation», lui a expliqué le président de la cour, à l'issue de plus de sept heures de délibéré. L'accusation avait réclamé sept ans à son encontre, pour complicité d'assassinat, tout en estimant qu'il «ne savait rien» de la préparation du crime.

Les deux hommes, en détention depuis plus de sept ans, niaient leur participation à ce crime commis le 4 mars 2011. Ce jour-là, le riche homme d'affaires Mikhail Lanin arrive à Paris avec sa compagne. Le couple est pris en charge par les deux hommes à l'aéroport de Roissy, près de Paris : lui sera retrouvé mort, une balle dans la tête, dans une impasse de Villepinte (région parisienne). Sa compagne, touchée aussi, a miraculeusement survécu.

Yazid Arsaliev affirme n'avoir fait que conduire la voiture - la BMW de sa mère - moyennant 200 euros. Rouslan Bersanov, alias Anatoli, dont l'ADN a été retrouvé sur une douille percutée, répète qu'il a laissé le couple en vie dans l'impasse et qu'il a été «piégé».

L'avocat général Julien Eyraud a estimé que Rouslan Bersanov avait «tiré pour tuer» et faisait «partie d'une entreprise criminelle». Un troisième accusé a été condamné à six mois d'emprisonnement avec sursis pour le recel d'un téléphone et d'un carré Hermès ayant appartenu à la victime, que M. Bersanov lui avait confiés.

Meurtre en «deux actes»

A la barre, la compagne de l'homme d'affaires, Elena Pravoslavnova, a rappelé son inquiétude avant le voyage destiné à acheter une villa à Nice, sur la Côte d'Azur, et sa crainte d'un règlement de comptes. Elle s'est dit persuadée qu'un certain Akhmad Khamidov, qui devait 1,2 million d'euros à Mikhaïl Lanin, avait «tué l'homme de (sa) vie» pour effacer sa créance.

L'enquête menée en Russie a appuyé cette hypothèse. Akhmad Khamidov se serait allié à d'autres escrocs - dont Valid Lourakhmaev - connus pour avoir soutiré des millions à des députés de la Douma, la chambre basse du Parlement russe, en leur faisant miroiter de prétendus juteux contrats liés au transit du pétrole russe par l'Ukraine. Au bout de la chaîne se trouveraient les deux accusés du crime.

C'est ce scénario qu'a validé l'accusation. Pour l'avocat général, il y a eu «deux actes» dans ce drame : la pièce aurait dû se jouer à Nice, mi-février, mais le couple avait annulé le voyage à la dernière minute. Les tueurs ont une deuxième chance à Paris le 4 mars, quand le couple arrive à Roissy.

La défense de Rouslan Bersanov a tenté de relever les «énormes trous» de ce scénario, soulevant des divergences entre déclarations des témoins et relevés téléphoniques, et essayé en vain d'installer un doute quant à la présence des accusés sur les lieux à l'heure estimée du crime.

(AFP)

Votre opinion