Famille: 20% des enfants punis sévèrement en Suisse

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Famille20% des enfants punis sévèrement en Suisse

Un enfant sur cinq subit des violences corporelles fortes, selon une étude zurichoise. En particulier dans les familles en situation de précarité et chez les émigrés.

par
Christine Talos
Keystone

De nombreux grands-parents se souviennent avoir reçu leur lot de gifles et de fessées durant leur enfance. Des temps révolus puisque, aujourd'hui, les châtiments corporels contre les enfants sont proscrits. Pourtant, ils demeurent - étonnamment - encore bien présents, selon l'Aargauer Zeitung.

Le journal se fait en effet l'écho d'une étude de la Haute Ecole zurichoise des sciences appliquées que s'est procurée la Nordwestschweizen exclusivité. Cette étude menée sur 10'000 jeunes de moins de 17 ans révèle que 20% des enfants subissent des punitions corporelles sévères à la maison. Concrètement, leurs parents les battent avec des objets et/ou à coups de poings et de pieds. Pour deux enfants sur cinq, ces punitions sont un peu moins fortes. Ils se font gifler, tirer les oreilles ou bousculer, parfois brutalement.

L'étude remarque toutefois que tous les jeunes ne sont pas logés à la même enseigne. La situation financière de leur famille joue un rôle prépondérant dans les violences domestiques qu'ils subissent. En effet, on trouve deux fois plus de parents violents chez les personnes à l'aide sociale et au chômage.

Surtout chez les migrants

L'origine des parents joue également une grande importance. Ainsi 40% des enfants issus de familles balkaniques sont battus de manière forte. Les petits Portugais sont à peine mieux lotis avec 37% de gosses maltraités. Espagne, Italie et Turquie suivent avec plus de 20% de violence chez les jeunes de moins de 17 ans. Les plus chanceux sont les Suisses, chez qui on ne dénombre que 9% de punitions sévères.

En revanche, quand il s'agit de punitions plus légères, ces chiffres sont beaucoup plus élevés, même en Suisse, avec des taux souvent supérieurs à 40%.

La violence envers les enfants est donc beaucoup plus répandue chez les familles d'émigrés. Un phénomène qui pourrait être dû à leurs valeurs patriarcales, selon Peter Rieker, chercheur en sciences de l'éducation de l'Université de Zurich. Des valeurs qui privilégient le père en tant que chef de famille, une position qu'il tient d'une main de fer car elle le valorise, explique-t-il. Alors quand un père ne trouve pas d'emploi dans sa nouvelle patrie, contrairement à son épouse mieux intégrée ou à ses enfants qui jouissent d'une meilleure éducation que lui, sa confiance en lui diminue et il se sent fragilisé dans sa position de chef de famille.

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