Actualisé 02.01.2018 à 07:30

Hockey sur glace2018, année critique pour Jan Alston

Le Québécois va jouer, durant les douze mois à venir, une bonne partie de son crédit. Ses choix sont censés faire du Lausanne HC un grand club de Suisse.

von
Frédéric Lovis
Une année pleine de défis s'ouvre pour Jan Alston

Une année pleine de défis s'ouvre pour Jan Alston

Keystone

Depuis le départ de Hugh Quennec à la tête de l’actionnariat du LHC et l’arrivée de Ken Stickney en février 2016, beaucoup de choses ont changé à Prilly. Surtout au niveau de l’argent, nerf de la guerre dans ce championnat de Suisse où le triomphe est devenu l’apanage des nantis (six titres pour Davos, cinq pour les Zurich Lions et Berne, deux pour Lugano au XXIe siècle).

Le milliardaire américain a amené dans son sillage des moyens financiers importants. Le club vaudois a fait son entrée dans le cercle restreint des organisations capables de verser d’importants salaires à ses leaders. Le directeur sportif Jan Alston a commencé à rivaliser avec les émoluments accordés par ses confrères du «big-4» de National League.

Jan Alston chahuté par le public

Cela ne s’est pas passé sans quelques grincements de dents entendus outre-Sarine, où l’on observe ce «nouveau riche» avec un regard mi-apeuré et mi-scandalisé. En témoigne cette récente discussion avec ce directeur sportif, qui nous a confié sa stupéfaction de voir Etienne Froidevaux se faire dorer le compte en banque avec une prolongation de contrat de trois ans à un demi-million de francs la saison.

Il s’agit assurément d’un montant astronomique pour un attaquant qui peine à le justifier depuis la mi-septembre. Les exemples de ce type de hockeyeurs sont légion du côté de Malley 2.0. N’importe quel fidèle de la patinoire provisoire est capable de citer cinq noms sans devoir se creuser la tête.

Ce constat, alors que les deux tiers de la saison régulière sont déjà franchis, ne parle pas en faveur de Jan Alston. Il a d’ailleurs été chahuté par le public lausannois avant la Trêve des confiseurs. Ce n’est jamais bon signe dans ce club où les émotions bouillonnent en permanence.

Il a un contrat de longue durée

Dans ce contexte explosif et au vu des nouvelles acquisitions onéreuses du Québécois (la rumeur fait état des arrivées pour 2018-19 de Grossmann, Kenins, Leone et Boltshauser), il vaudrait mieux que le LHC prenne enfin l’envergure sportive que son budget lui permet de revendiquer. Cela passe au minimum par une participation aux play-off, qui doit se terminer par autre chose qu’une exécution en règle, comme celle observée le printemps passé face à Davos (0-4 dans la série).

Le LHC n’en prend pour l’heure pas le chemin. Et si 2017-2018 venait à virer à l’aigre, son directeur sportif aurait intérêt à ce que le début du prochain exercice réponde aux attentes. Sans quoi seule la durée du contrat qui le lie au LHC (il avait resigné, en décembre 2015, pour cinq ans supplémentaires avec une année en plus en option) parlera en sa faveur.

Deux gros chantiers bouclés

Pour que 2018 se déroule et se termine mieux que 2017, il y a deux importantes inconnues auxquelles Jan Alston a déjà trouvé réponses: la succession de Cristobal Huet et l’arrivée d’un nouveau coach chargé d’aérer un vestiaire où les buts fixés peinent à être atteints. Ainsi, le duo Zurkirchen-Boltshauser devra faire oublier «Cristowall». Quant au néophyte Ville Peltonen, qui n’a jamais été en charge d’une équipe professionnelle, il aura deux missions délicates à accomplir: satisfaire en termes de spectacle l’exigeant public de Malley 2.0 tout en enregistrant rapidement des victoires.

Ce biotope ne favorisera guère la réalisation d’un point sur lequel le dirigeant québécois est critiqué depuis sa prise de fonction: le développement de juniors formés au Lausanne 4 Club. À ce niveau-là, le bilan est famélique et il n’est pas certain du tout que la combinaison argent/objectifs élevés à atteindre favorise, dans un avenir proche, l’émergence de jeunes du cru.

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