Éditorial: 2021: une année qui s’annonce dans le brouillard
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Éditorial2021: une année qui s’annonce dans le brouillard

Comme on pouvait s’y attendre, ce mois de janvier s’annonce bien pesant pour les Suissesses et les Suisses, qui n’ont guère de lisibilité pour la suite…

par
Eric Felley
Le 18 décembre dernier, Alain Berset annonçait les mesures fédérales pour passer les Fêtes de fin d’année. Mercredi, le Conseil fédéral se prononcera à nouveau.

Le 18 décembre dernier, Alain Berset annonçait les mesures fédérales pour passer les Fêtes de fin d’année. Mercredi, le Conseil fédéral se prononcera à nouveau.

AFP/Fabrice Coffrini

En ce début 2021, la lassitude est sans doute encore montée d’un cran dans la population helvétique. Après des Fêtes en mode confidentiel, la lisibilité de ce qui va se passer ces prochains mois est quasi nulle. Pour tous ceux qui ont à cœur d’entreprendre, de lancer des projets, de se remettre en selle, c’est une situation très pénible à subir encore et encore.

Durant ces Fêtes, on a parlé Covid, on a mangé Covid, on a rêvé Covid et on s’est disputé Covid. On a tous connu des gens qui ont fait le test ou soi-même. On a tous entendu parler de cas d’infection dans une famille et de mises en quarantaine. Comble de poisse, on a voulu chasser le virus par la porte et il est revenu par la fenêtre sous une autre forme plus intrusive. Cette situation engendre un débat permanent et usant. Nous passons d’une polémique à l’autre sur les remontées mécaniques, la fermeture des lieux publics, la fuite des touristes anglais, les débuts de la vaccination ou le calcul du taux de reproduction (R).

Une Suisse trop lente?

À cause du taux qui a dépassé la barre de 1, les cantons de Vaud, Neuchâtel et Valais ont pris la décision dimanche de ne plus profiter de leur exception. Hormis Fribourg, l’exception romande a donc vécu. Mais cette base date de la mi-décembre et on peine à comprendre cette lenteur de réaction. Pendant ce temps, le virus a donc pu se reproduire sous le sapin… Alors que c’était exactement ce que les autorités fédérales ne voulaient pas.

Les Fêtes ont été l’occasion des premiers vaccins chez des personnes âgées. Ici, le vice-président du PLR Philippe Nantermod estime que la politique est beaucoup trop lente et qu’elle va causer des victimes qu’on pourrait éviter. D’autres estiment qu’il faut vacciner d’abord les enseignants, d’autres ont lancé une pétition pour que les assurances assument la totalité des coûts vaccins avec leurs 6 milliards de réserves supplémentaires, ce qu’elles n’ont évidemment pas envie de faire. Et, d’une manière générale, les espoirs mis dans la vaccination sont sans cesse contredits par des spécialistes ou des médecins. Elle donne peu de garanties aussi pour qu’elle soit accompagnée d’un assouplissement des mesures ou de l’abandon des masques par exemple.

On s’en sortira tous ensemble

L’UDC s’en prend, elle, à la «politique chaotique» d’Alain Berset et exige que le Conseil fédéral lève immédiatement les mesures fédérales et qu’on laisse faire les cantons. Ce mercredi, on verra de quelle façon le Conseil fédéral analyse la situation après ces Fêtes, s’il veut reprendre davantage la main, ou s’il veut continuer sous cette forme de fédéralisme sous tutelle.

Cependant, ce qui se passe depuis le début novembre montre que, dans le contexte d’une pandémie, les politiques cantonales créent une couche de chaos supplémentaire. L’épidémie se déplace et un canton peut passer rapidement de bon élève à moins bon, voire mauvais. Une chose est sûre, on s’en sortira tous ensemble, mais certainement pas un canton après l’autre. Et le raisonnement vaut aussi à l’échelle du continent, voire de la planète.

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