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auto,PREV24 Heures du Mans: des pilotes en quête de repos, plutôt que de sommeil... (ENCADRE)

Par Frédéric HAPPE Le Mans, 12 juin 2015 (AFP) - Course longue, mais course trépidante, les 24 Heures du Mans n'offrent que peu de fenêtres de détente aux pilotes qui doivent apprendre à bien gérer le temps entre deux relais, pour récupérer malgré un sommeil difficile à trouver.

Le maître-mot serait presque: "prends ton sommeil où tu peux". "Pour un Français au Mans, la semaine est tellement stressante que le meilleur moment c'est le départ, quand on peut enfin aller se reposer", a ainsi plaisanté vendredi Romain Dumas. Il va partager la Porsche N.18, qui partira samedi en pole position, avec le Suisse Neel Jani et l'Allemand Marc Lieb. Et quand le drapeau s'abaissera devant les 55 voitures, il ira faire la sieste. L'importance du sommeil dans la conduite de l'automobiliste lambda est déjà capitale, souvent évoquée par les campagnes de la prévention routière sur la somnolence au volant. Elle est d'autant plus cruciale pour des pilotes qui doivent conduire de nuit, parfois sous la pluie, des bolides à plus de 300 km/h dans les Hunaudières. Pour ces forçats de la course automobile, quelle que soit l'heure, pas question de sauter dans son lit une fois le volant passé à un coéquipier. A la fin d'un relais, "il faut d'abord débriefer, s'alimenter et se faire masser", souligne le Suisse Mathias Beche, qui partage une Rebellion avec Nicolas Prost et Nick Heidfeld. Bien souvent, l'adrénaline est de toute façon beaucoup trop élevée pour trouver rapidement un soupçon de sommeil. S'endormir trop profondément serait également un risque, malgré les stratégies de course établies à l'avance. Il faut parfois reprendre le volant dans un laps de temps assez court, à cause d'un incident imprévu. Et c'est pareil pour un motard. "Si j'arrive à dormir à peu près 45 minutes entre chaque relais, c'est déjà très bien. Un de mes coéquipiers l'année dernière a dormi en tout et pour tout 36 minutes !", explique Aurélien Grelier, pilote d'une Kawasaki aux 24 Heures moto et soumis aux mêmes contraintes que ses collègues sur quatre roues. Le mot clé est donc repos plutôt que sommeil, afin de retrouver rapidement un équilibre nerveux et un état de détente réparateur. Pour ce faire, rien ne doit être négligé et surtout pas l'alimentation, pour laquelle l'équipe médicale est souvent sur ses gardes. "J'utilise quelques produits énergétiques comme ceux utilisés dans les marathons. J'essaie de bien m'alimenter. Je mange des barres de céréales, des fruits, des pâtes, du blanc de dinde. En somme, tout ce qui est facile à digérer, ajoute Grelier. Enfin, pour supporter cette privation de sommeil, il est important d'avoir fait des réserves avant. Il n'est pas rare de voir les pilotes faire des nuits de 12 ou 13 heures dans les jours qui précèdent la compétition. Pour ne pas partir en piste avec un réservoir vide. hap/dlo/abl

(AFP)

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