Nicaragua: 3 nouvelles victimes, 137 morts depuis avril
Publié

Nicaragua3 nouvelles victimes, 137 morts depuis avril

Les affrontements au Nicaragua ont fait 3 nouveaux morts samedi. Depuis avril, au moins 137 personnes ont perdu la vie.

1 / 89
L'opposition nicaraguayenne a annoncé mardi la formation d'une large «Coalition nationale» pour affronter le parti du président Daniel Ortega aux élections de 2021. (Mercredi 26 février 2020)

L'opposition nicaraguayenne a annoncé mardi la formation d'une large «Coalition nationale» pour affronter le parti du président Daniel Ortega aux élections de 2021. (Mercredi 26 février 2020)

Keystone
La Suisse demande au Nicaragua d'arrêter d'intimider et d'attaquer les défenseurs des droits humains, après l'assassinat récent de trois ex-manifestants. (Mardi 10 septembre 2019)

La Suisse demande au Nicaragua d'arrêter d'intimider et d'attaquer les défenseurs des droits humains, après l'assassinat récent de trois ex-manifestants. (Mardi 10 septembre 2019)

Après un premier groupe lundi d'une cinquantaine de prisonniers amnistiés, 56 opposants ont été remis mardi au CICR. (11 juin 2019)

Après un premier groupe lundi d'une cinquantaine de prisonniers amnistiés, 56 opposants ont été remis mardi au CICR. (11 juin 2019)

AFP

Au moins trois personnes sont mortes dans de nouveaux affrontements au Nicaragua, ont annoncé samedi deux ONG. Depuis le début des manifestations contre le président Daniel Ortega, au moins 137 personnes ont perdu la vie.

Le Centre nicaraguayen des droits de l'homme (Cenidh) a déclaré à l'AFP que deux nouvelles personnes ont été tuées dans la nuit de vendredi à samedi, une à Jinotega (nord) et une autre dans la capitale Managua. Un jeune homme est mort lors d'une offensive contre des manifestants qui gardaient une barricade sur une route à Jinotega, ont annoncé des responsables étudiants. A Managua, un jeune motocycliste a été tué d'une balle dans le cou après que deux hommes armés à bord de motos l'ont poursuivi et lui ont tiré dessus, selon la presse locale.

Prenant en compte ces deux nouvelles victimes, le Cenidh a porté samedi à 137 le nombre des personnes ayant péri dans les troubles qui embrasent le pays depuis le 18 avril. Quelques heures après la publication de ce bilan, une deuxième ONG faisait état d'une autre victime, cette fois à Masaya, épicentre des violences et théâtre d'intenses combats samedi.

Tirs croisés

Selon Alvaro Leiva, président de l'Association nicaraguayenne de protection des droits de l'homme (ANPDH), un homme âgé de 60 ans est mort d'une balle dans le coeur à Masaya. La situation devient de plus en plus grave «car nous parlons désormais de tirs croisés, pas de gaz lacrymogène ou de balles en caoutchouc», a fait valoir M. Leiva.

«La situation actuelle au Nicaragua est une crise», a-t-il dit. «Nous demandons au monde entier de prêter attention à Masaya.» Les manifestants continuent à bloquer les routes à travers le Nicaragua, exigeant l'éviction de Daniel Ortega, un ancien guérillero au pouvoir depuis 11 ans. Jeudi, la Conférence épiscopale du Nicaragua, médiateur du conflit, avait tenté une sortie de crise en présentant une proposition au président Ortega, qui a demandé aux évêques «une période de réflexion» pour donner une réponse.

Mais pour les jeunes qui combattent à Masaya, une seule option pour sortir du conflit est désormais acceptable : le départ de Daniel Ortega. «Nous sommes en guerre avec le gouvernement», déclarait samedi un manifestant à Masaya, un T-shirt noir voilant son visage, ses yeux à peine visibles sous une casquette noire. «Nous serons libres. Ce gouvernement va partir.»

(ats)

Votre opinion