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Torture30 ans requis contre les parents de Marina

L'avocat général Hervé Drevard a requis lundi au moins 30 ans de réclusion à l'encontre des parents de Marina, qui comparaissent depuis le 11 juin devant la cour d'assises de la Sarthe pour avoir torturé à mort leur fille de huit ans en 2009.

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Reproduction faite le 10 septembre 2009 au Mans de l'avis de recherche diffusé par la gendarmerie suite à la disparition de Marina Sabatier.

Reproduction faite le 10 septembre 2009 au Mans de l'avis de recherche diffusé par la gendarmerie suite à la disparition de Marina Sabatier.

AFP
Photo prise le 11 juin 2012 du container dans lequel Eric et Virginie Sabatier avaient ensevelis dans le béton le corps de leur fille Marina.

Photo prise le 11 juin 2012 du container dans lequel Eric et Virginie Sabatier avaient ensevelis dans le béton le corps de leur fille Marina.

AFP
Photo prise le 11 septembre 2009 au Mans, du local où a été retrouvé le corps de Marina Sabatier, 8 ans, décédée depuis plus d'un mois. Le père avait prétendu que la fillette avait disparu de la voiture, sur un parking, le temps d'aller chercher des repas à emporter avec son fils de 10 ans dans un fast food.

Photo prise le 11 septembre 2009 au Mans, du local où a été retrouvé le corps de Marina Sabatier, 8 ans, décédée depuis plus d'un mois. Le père avait prétendu que la fillette avait disparu de la voiture, sur un parking, le temps d'aller chercher des repas à emporter avec son fils de 10 ans dans un fast food.

AFP

L'avocat général a laissé le choix aux jurés entre 30 ans de prison et la perpétuité. Il s'est dit plus favorable à une peine de 30 ans de réclusion criminelle avec une période de sûreté de 15 ans, mais a donné aussi la possibilité de la réclusion criminelle à perpétuité avec une période de sûreté de 18 ans à l'encontre des parents, qui sont jugés pour des actes de torture et barbarie ayant entraîné la mort de Marina à l'été 2009.

Il a aussi requis 5 à 10 ans de suivi socio-judiciaire.«Les faits sont horribles, d'une horreur tout à fait exceptionnelle», a-t-il souligné dans son réquisitoire. Il a rappelé les «mensonges, manipulations des parents», la longue liste des tortures et humiliations infligées à la fillette dès son plus jeune âge. Les deux parents méritent la même peine, car «l'un sans l'autre il n'y a pas cette succession de sévices», a-t-il souligné.

L'avocat général a estimé que «malgré cet acharnement, Marina n'aurait jamais dû mourir». Certains, comme les enseignantes qui sont à l'origine de la première alerte, ont su voir la détresse et les souffrances de la fillette. Mais l'enfant «n'a pas eu la protection qui lui était due», a-t-il ajouté, en soulignant «le manque de clairvoyance, de pugnacité des services chargés de la protection des mineurs, dans lesquels j'inclus bien évidemment le parquet». «C'est un échec éminemment douloureux pour nous», a-t-il dit.

Les associations de défense des enfants, parties civiles au procès, ont affirmé que Marina aurait pu être sauvée de ses parents bourreaux si les administrations et institutions chargées de la protection de l'enfance avaient mieux joué leur rôle.

L'association La Voix de l'Enfant va «déposer plainte contre X» à l'issue du procès, a d'ailleurs indiqué lundi lors de sa plaidoirie l'avocat de l'association, Me Francis Szpiner. «Un peu de compétence, un peu d'humanité, un peu de curiosité auraient peut-être changé la face des choses», a dit Me Szpiner.

«Comme si le sort s'acharnait, le système n'a rien fait» pour protéger Marina, avait pour sa part relevé Me Clémence Witt au nom de l'association Innocence en danger. Son confrère Me Pierre-Olivier Sur, plaidant pour la même association, avait pour sa part tiré à boulets rouges sur les «fautes de service de la gendarmerie» et les «fautes de service du parquet».

(AFP)

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